Bon hé bin voici, Grandes Piles, tout un évènement!
Du monde, du monde le chalet était plein. Et qui plus est, presque tout ce beau monde y était dès vendredi soir.
C’est vraiment le fun ces rencontres car ça nous donne une occasion de se revoir durant la saison froide. On y rencontre aussi les nouveaux qui se joignent à la gang qui s’agrandit sans cesse.
Comme c’était vraiment froid samedi matin, il y en a plusieurs qui ont papoté tranquillement au chalet en continuant les conversations commencées la veille. Seuls quelques braves se sont rendus aux Piles assez tôt pour préparer le terrain en damant la neige et ainsi faciliter les manœuvres.
Mais cette année c’est le vent et le froid qui nous ralentit dans nos ardeurs de femmes et d’hommes volants. Un mercure indiquant –20 degrés et des vents en bourrasques atteignant 30 Km/heure par moment, vraiment pas très jojo pour le vol.
Mais ce sont plutôt les mâche-patates qui ont été à l’honneur ce week-end. On voyait les pilotes et les néophytes discuter, tout ce beau monde amalgamé autour des kiosques des fournisseurs qui nous présentaient leurs dernières nouveautés. Franchement on peut dire qu’il se passe de choses intéressantes dans le fabuleux monde du paramoteur au Québec.
Parlant de nouveautés, à plusieurs reprises j’ai eu des conversations intéressantes avec des gens qui étaient de la première rencontre générale de la Fédération des paramotoristes du Canada. Des choses se brassent de ce côté là aussi, il sera intéressant de voir comment tout ça évoluera dans les prochains mois. On raconte même qu’une rencontre se prépare et à Montréal cette fois.
Mais revenons au plaisir, le temps nous a quand même réservé une surprise en fin de journée en permettant aux moins frileux un petit vol mais alors là très petit vol. Le froid étant encore cinglant mais pour le reste, c’était volable. On en a profité jusqu’au coucher du soleil.
Les activités se sont poursuivies à Hérouxville de retour au chalet. Nos hôtes nous réservaient quelques surprises de leur cru, comme des feux d’artifices, des jeux et de la musique. Ah oui la musique, moi je n’avais pas apporté ma guitare cette fois mais Ricky lui, avait apporté sa demie batterie. Encore une fois on n'était pas en accord dans notre timing nous deux mais qu’à cela ne tienne, ne reculant devant aucun effort, Sylvie s’est mise à l’œuvre pour nous dénicher pas une, mais bien deux guitares.
C’est grâce à ça que j’ai fait la connaissance d’Alain qui manie très bien l’instrument et c’est avec lui que j’ai enfin découvert le talent confirmé de Rick aux tambours. Il nous a offert une performance enlevante applaudit par tous.
On a été rejoint par d’autres amis dont tout particulièrement Jean Roy, qui nous a prêté sa voix rauque et chaude pour l’interprétation de quelques airs de rock franchement bien sentis. Les filles aussi n’étaient pas en reste, l’épouse d’Alain, dont malheureusement j’ignore le prénom et tu m’en excuseras, Bianca,Lyne et plusieurs autres ont elles aussi fait leur petit tour de chant.
L’arrivé de la pizza a mis fin à notre performance improvisée. Elle était bonne et évidemment la bienvenue après une journée de plein air bien remplie. De plus, elle était comprise dans le prix alors…
Comme de raison, Lyne ne pouvait laisser passer sous silence l’anniversaire de naissance de La Puce. Le gâteau et le petit cadeau y étaient, on s’est tous sucré le bec pour la suite des choses. La suite c’était l’entrée en scène de nos G.O. nationales Francine et Pierre Lemire. Ils nous avaient préparé des jeux réservés aux couples. Bien sûr cette connotation assure aux spectateurs une rigolade garantie, ce dont personne ne s’est privé croyez-moi.
Les plus vigoureux ont jasé jusqu’à 3 heures du matin alors que les casseux de party étaient déjà au lit dès 1 :30h. Les vigoureux? Ah, quatre ou cinq filles et un seul gars, un certain Alain Rocheleau, alors vous comprenez bien que ça aurait pu durer encore bien plus tard…
Le lendemain matin au déjeuner tout se passe tranquillement, comme au ralenti. On se remet doucement des frivolités de la veille autour de l’arôme du café salvateur. Très doucement on reprend vie. Quelques-uns d’entre nous se retrouveront pourtant sur les glaces du St-Maurice avant 10 heures. D’ailleurs. il n’y a qu’eux qui réussiront à faire quelques vols avant la levée du vent du nord.
Moi j’y suis arrivé vers midi. Aussitôt je remarque un rassemblement tout féminin au milieu des glaces. Nos vétérantes Danièle et Chantal y sont. On y reconnaît aussi Urika, et notre petite nouvelle et très sympathique Émilie qui entourent toutes Suzanne Francoeur. Bin oui, Suzanne a décidé, elle aussi, de se mettre au paramoteur. Bien sûr une telle décision demande réflexion. Elle possède déjà une certaine expérience sous voile comme parapentiste mais de là à se foutre un moteur de 40 lbs sur le dos et décoller avec une technique un peu différente qui ne lui est pas encore familière, il faut y songer à deux fois.
Je m’approche pour écornifler un peu. C’est quand même impressionnant d’entendre ces filles s’encourager mutuellement à pratiquer un sport comme le nôtre. C’est quand même pas évident pour elles de relever le défi que ça représente de supporter tout cet attirail et de se mettre à courir souvent dans des conditions pas vraiment évidentes.
Mais en y regardant bien on ne peut qu’être impressionné par la qualité de leur technique qui compense largement leur déficit physique. Notre sport en compte de plus en plus de ces femmes voilées. Grâce à des équipements de plus en plus légers et de la formation des plus pointue, parions qu’elles n’ont pas fini de nous surprendre ces oiselles.
Comme toute bonne chose a une fin, ces paramotoristes d’un peu partout au Québec se sont dit au revoir en cette fin d’après midi d’un dimanche de janvier glacial. Ils se promettaient bien de se retrouver le printemps venu ou mieux encore, certains se sont redonné rendez-vous dans les prochaines semaines à St-Placide en banlieue nord-ouest de Montréal. Encore un festival de cerf-volant sur glaces mais cette fois, peut-être sera-ce nous qui volerons la vedette, si dame nature le permet bien sûr.
De la part de vous tous j’en suis sûr, je remercie encore et encore nos organisateurs en or Sylvie et Daniel, on vous adore.
Ha et en passant, si vous avez des photos de l’événement, on aimerait bien que vous les partagiez avec nous. Simplement à les faire parvenir à Danny.
03 déc 2008
Y vente, Y fait pas beau, Y fait frette !
Y vente, Y fait pas beau, Y fait frette, mais Y a quand même des choses à faire.Plusieurs activités ont eu cours ces dernières semaines, en voici un bref aperçu.
Y a tout d’abord eu les cours pour l’obtention de la licence de radio téléphoniste compétence aviation.C’est dans une atmosphère détendue mais studieuse que quatorze pilotes s’y sont donnés rendez-vous pour profiter de l’expertise de notre coach invité. Marc Patenaude nous a instruits des multiples avantages qu’offre l’utilisation des fréquences réservées au trafic aérien lors de nos vols.
On a revu avec lui les procédures à suivre lors de communications bi-latérales avec les différents organismes de contrôle de la circulation aérienne. Il nous a fait plusieurs démonstrations du vocable à utiliser pour les comptes rendus de position entre pilotes. Il nous a guidé en nous instruisant des consignes à respecter en cas d’appels d’urgence d’autres aéronefs tout en nous invitant à participer à une éventuelle intervention de sauvetage si un jour notre participation à un tel événement devait s’avérer utile.
Les pilotes sont tous retournés chez eux licence en poche, avec la conviction de posséder une nouvelle compétence leur ouvrant de nouveaux horizons. Comme exemple de nouvel horizon mentionnons celui occasionné par le changement de type de contrôle aérien à l’aéroport de Mirabel depuis le 20 novembre dernier.La zone est dorénavant de classe E. La fréquence est toujours le 119,1 Mz. et c’est une M.F.Ce qui, en langage clair, signifie que nous pouvons désormais aller faire un petit touch-and-go sur cet aéroport international pourvu d’une piste de 10,000 pieds de long et 150 pieds de large. Juste pour le KICK.
Pour ce faire nous n’avons plus à avoir à bord un transpondeur, mais seulement une radio aviation. Syntoniser la fréquence 119,1 est obligatoire car on doit établir une communication radio avec la FSS qui est en fonction 24 heures par jour. Un peu technique me direz-vous mais parions que nos quatorze pilotes participants eux, comprennent très bien c'que j’raconte.
Puis Y a eu le souper pour célébrer le quarantième anniversaire de naissance de notre bien aimé président, Danny « W » Carrière. Là encore c’est à la dizaine que nos amis se sont rencontrés dans un resto fort sympathique au cœur du Vieux-Montréal.Les parents de Danny et de Josée étaient bien sûr de la partie.L’édifice du Marché Bonsecours abrite le Cabaret du Roy, restaurant sympathique qui propose un menu inspiré de l’époque de la Nouvelle France. De joyeux lurons fringués des atours de l’époque s’occupent du service tandis que leurs compères circulent de tablées en tablées pour faire rire et nous faire découvrir les subtilités de la vie et des mœurs d’un autre temps.
Et puis, Y a eu de la magie dans l’air. Samedi dernier c’est Germain Veilleux qui nous proposait un atelier nous initiant à son art. Encore là, plusieurs d’entre nous s’y sont bien amusés. Grégoire Bergeron nous offrait même l’hospitalité pour cette activité en nous recevant dans sa classe, là où il enseigne à des élèves de sixième année à l’école Louis-Joseph-Papineau de Montréal.
Germain nous a fait connaître les rudiments de cette science millénaire qu’est l’illusionnisme. Il nous a confié certains de ses secrets jusqu’ici bien gardés nous faisant bien promettre de garder jalousement le mystère. Il nous à appris à faire disparaître des objets, à défier la Loi de la gravité sans oublier les incontournables tours de cartes.
Malgré toutes ces activités les vols nous manquent. On regarde les prévisions, les bulletins de la météo et on espère. Enfin, finalement, un trou dans les nuages, une accalmie d’Éole, un mercure conciliant. En ce dimanche matin, voici-tu-pas que tout l’monde se pointe au terrain de Laval Centre. Une voile toute d’orange et de bleu colorée, puis une autre tandem, encore une, rouge et blanche cette fois puis une autre encore toute d’orange et de rouge parée. Les pilotes se la font enfin cette sortie si longtemps espérée.
Ça Y est, ça vole aujourd’hui et franchement, il était temps.
Gilbert
12 novembre 2008
La radio aviation
Comme on vole régulièrement à Laval, qui d’entre nous à certains moments, n’a pas eu les fesses serrées en regardant approcher un avion à la même altitude que nous et sur une trajectoire convergente. Dans ces moments là on se dit candidement que le gars nous a probablement vu et qu’il va passer à côté. Mais on se dit aussi que l’idéal ne serait-il pas de pouvoir lui demander.
Pour cette raison, je suis à faire une réflexion sur le fait qu’il serait peut-être souhaitable pour moi de passer de la radio FM que j’utilise présentement à la radio aviation. Si ça vous intéresse, j’aimerais partager cette réflexion avec vous.
Comme on l’a vu lors du cours d’interprétation des cartes aéronautiques que nous offrait Alain il y a quelques temps, il existe un livre appelé « le supplément de vol VFR ». Ce manuel est un registre de tous les aéroports canadiens possédant un permis d’exploitation. On y retrouve une foule d’informations intéressantes à leur sujet, que ce soit les services qui y sont offerts en passant par les procédures à suivre quand on s’y rend mais surtout, les fréquences en vigueur à leurs abords. Il est disponible à l’aéroclub de Mascouche ou d’ailleurs mais pour nous c’est encore plus facile et gratuit de surcroît.
Comme une nouvelle version du SVVFR est publiée tous les 3 mois environ, les pilotes privés et commerciaux sont tenus d’avoir à leur bord, la dernière version disponible. Alain qui est bien branché chez Air Transat, récupère les livres passés dû, vous n’avez qu’à demander. Bien sûr vous me direz que ça n’est pas la toute dernière version, mais il faut comprendre que les modifications qui y sont apportées sont souvent minimes. Elles concernentplus souvent qu’autrement les procédures d’arrivées et de départs à certains aéroports souvent à l’autre bout du pays ou autres considérations qui ne nous sont pas vraiment utiles.
En consultant ce fameux SVVFR, j’ai appris des choses intéressantes pour notre terrain de jeu favori à Laval.Je sais maintenant qu’une fréquence, soit le 123.2, est spécialement réservé à tous les aéronefs évoluant à proximité de Montréal, s’il ne sont pas en direction des aéroports environnants comportant des fréquences obligatoires. C’est le trafic en route comme on dit dans le jargon. C’est aussi la fréquence utilisée par les pilotes qui se rendent à la Marina Venise ou encore l’aéroport chez Comtant.
On y apprend aussi que d’autres fréquences comme le 123.4ou encore 123.45 sont réservées à la conversation entre pilotes sans autres formalités que d’être polis en s’appelant même par notre petit nom si on veut.
Le 122.9 est lui aussi régulièrement utilisé par les pilotes de brousse comme fréquence entre aéronefs (fréquences dites air-air) pour le jasage à propos de tout et de rien.
Et finalement on sait que le 126.7 est utilisé comme fréquence partout au Québec et ailleurs au Canada comme fréquence en route tout comme le 123.2 mentionné plus haut. C’est la source d’information idéale sur le trafic aérien qui nous entoure et qui pourrait être en conflit avec nous lors de nos vols hors de la zone aérienne montréalaise.
Ha et j’oubliais, une autre commodité non négligeable de ce mode de communication est la fréquence 121.5 Mz. Elle est en fait la fameuse fréquence d’urgence utilisée internationalement pour envoyer le fameux MAY-DAY. Cette phraséologie doit être utilisée en cas de problème mettant en danger la vie humaine ou toute autre situation d’urgence grave. Tous les avions de ligne sont en tout temps à l’écoute de cette fréquence. Si elle est bien utilisée, elle peut éventuellement rendre des services inestimables à toute personne en détresse où qu’elle soit sur le territoire.
Et ça ce sont les fréquences à « usages prédéterminés ». Une radio aviation peut syntoniser 720 fréquences différentes.Bien entendu beaucoup de ses possibilités sont déjà dédiées aux aéroports environnants à leurs différents services météorologiques et autres mais reste qu’il serait facile de trouver des fréquences non utilisées dans les environs, pour combler nos besoins particuliers si nécessaire.
Mais revenons aux fréquences en route soit le 123.2 pour la région proche de Montréal et le 126.7 partout ailleurs. Ces fréquences servent aux pilotes qui désirent faire connaître leur position et leurs intentions aux autres volants qui pourraient se retrouver sur leur route. Le rapport de position n’est pas obligatoire mais très pratique surtout quand on sait que la majorité des pilotes qui volent dans les parages des grands centres font volontiers appel à cette procédure.
En réponse à un éventuel appel d’un pilote, notre vitesse étant tellement faible, la communication de notre identification, et notre position suivie de l’altitude suffisent amplement. Quand on entend un pilote s’annoncer en informant qui veut l’entendre qu’il est dans les parages ou en notre direction, nos interventions ont deux avantages majeurs.
Premièrement tous les pilotes présents dansvoisinage seront informés de notre présence et du même coup de notre vulnérabilité à leurs turbulences de sillage si on prend la peine de les en informer. N’oublions pas que toujours dû à notre faible vitesse, il nous serait pratiquement impossible d’éviter un abordage. Il revient donc au pilote de l’appareil le plus rapide de réagir à notre présence et pour ce faire, il doit nécessairement en être informé.
Un chose que l’on peut être porté à croire c’est que le pilote d’avion qui se dirige vers nous, nous verra très certainement et longtemps d’avance. Cette croyance est renforcée par notre expérience de paramotoriste qui nous fait bénéficier d’une vue imprenable tout autour.
Pour avoir une certaine expérience sur monomoteur, je peux vous assurer que sur ce type d’engin, rien n’est plus faux. Premièrementla visibilité à bord de ces appareils est on ne peut plus mauvaise. Le capot est très haut et à peu près tout ce qui se trouve en bas de la ligne d’horizon peut facilement nous échapper. Au moment de descendre vers les aéroports, surtout sur un avion à ailes basses c’est encore pire. Notre route est pratiquement à l’aveuglette et on ne s’attend surtout pas à y trouver un objet presque immobile, d’aussi petite taille que l’est un paramoteur.
De plus, j’ai souvent remarqué que quand un pilote de petit avion vole à proximité du sol, ce qui pour eux signifie en deçà de 1000 pieds AGL, ils le font souvent pour observer quelque chose au sol ou pour la prise de photos. À ce moment là ils ne portent pas nécessairement toute leur attention à ce qui se passe à l’avant de l’appareil. Songeons qu’à 200 km heure les obstacles viennent vite, très vite.
Depuis que je vole sur paramoteur il m’est arrivé à trois reprises de me sentir vulnérable en étant presque directement sur la trajectoire d’un avion, même qu’une fois c’était un hélicoptère. Va pas trop mal pour les éviter si on les voit venir d’assez loin mais là encore. Surtout dans le cas d’un hélico, reste à faire gaffe à sa turbulence de sillage, j’voudrais surtout pas me retrouver dans une telle machine à laver avec ma guenille…
Alors à titre d’exemple, voici la conversation typique qui pourrait avoir lieu entre un pilote de passage dans la région et vous, qui seriez à l’écoute de la fréquence 123,200 Mz.
Pilote de passage :
« Trafic de Montréal, ici Cessna 185 sur flotteurs, Alpha Bravo Charlie, à la verticale de Varenne à 1,500 pieds en direction de la marina Venise. Trafic en conflit contactez Alpha Bravo Charlie. »
Vous :
« Alpha Bravo Charlie ici Paramoteur Hôtel Golf Victor, vous me recevez? »
Pilote de passage :
« je vous reçois 5 sur 5 paramoteur»
Vous :
« Hôtel Golf Victor je survole présentement l’est de Montréal à 1,600 pieds en direction de Varenne, est ce que vous me voyez? »
Pilote de passage :
« Négatif paramoteur je ne vous vois pas mais on vérifie. »
« Paramoteur, ici Alpha Bravo Charlie, je vous ai en visuel, je suis à votre une heure à la même altitude, je reste à l’écart »
Vous :
« Ici Hôtel Golf Victor, bien reçu, demeurez franchement à l’écart svp, je suis très vulnérable à vos turbulences de sillages. »
Pilote de passage :
« Alpha Bravo Charlie, Roger, et bon vol »
Vous :
« Roger et bon vol »
Bien sûr vous auriez pu tout simplement omettre de répondre et perdre de l’altitude pour éviter tout conflit. Mais au moins vous auriez été mis au courant de la présence d’un avion difficile à repérer vu son altitude inférieure à la vôtre et qui sait, encore plus difficile à distinguer dû à un soleil levant particulièrement éblouissant.
Alors changer de radio, oui ou non? C’est quoi les performances de ce type de com?Combiença coûte?
Pour ma part des tests menés dernièrement avec Lyne et avec d’autres pilotes en vol me convainquent de plus en plus de la pertinence de ce changement. Ces tests visaient à connaître les performances de ces radios tant au niveau de leur portée, de la qualité des communications qu’ils procurent en passant par la durée de charge de leur pile.
Bien sûr, il s’agit d’une technologie qui existe depuis les grandes guerres et là je ne parlepas des radios eux même, qui sont maintenant full programmables et hyper légers, je parle plutôt de la bande AM qui est utilisée pour les « coms » en aviation. Comme pour une chaîne stéréo, le son provenant du AM est de moins bonne qualité que ce qu’on peut apprécier sur la bande FM. La différence est cependant moins évidente sur les radios de com que pour la musique, même si à la première écoute ça peut sembler moins attrayant.
En fait il n’y a pas plus de bruits ou de friture, non, c’est juste que le son est un peu plus « caverneux », il semble provenir de plus loin. Mais ce seul désagrément est de beaucoup compensé par le reste des performances qui se comparent aux radios FM .
Autre inconvénient de cette technologie c’est qu’à moins de vouloir utiliser l’appareil pour de courtes portées air-sol, soit 3 ou 4 Km., la radio aviation doit être connectée à une antenne dite ¼ d’onde. On peut soi-même fabriquer cette antenne à partir d’un petit fil d’à peine la grosseur d’une grosse suspente et la fixer de façon semi-permanente à une« B » de notre voile.Elle coûte quelques dollars et augmente l’efficacité de la radio tant en émission qu’en réception et ce dans une proportion de 500% au moins.
Qui dit communication bilatérale avec tous ceux qui syntonisent la même fréquence que nous, veut nécessairement dire beaucoup de trafic sur les ondes, Heureusement une fonctionavantageuse que l’on retrouve sur une radio aviation, c’est que le squelch. Il est ajustable manuellement contrairement à notre radio FM. Ce qui revient à dire que c’est nous-même qui déterminons la sensibilité de réception de notre appareil. Cette fonction nous donne la capacité de filtrer les émissions non désirées tout en permettant de recevoir des coms à de très grandes distances si tel est notre souhait.
Quand je parle de radios aviation programmables, les modèles récents le sont et pas à peu près. Ils comportent des fonctions intéressantes qui nous permettent de « monitorer » plusieurs fréquences en même temps par scanning de nos favorites. Il y a aussi une fonction qui nous permet de définir une fréquence prioritaire qui sera activée automatiquement pour un certain laps de temps à partir du moment où la radio perçoit une communication entrant sur cette fréquence. Il y a plusieurs autres possibilités toutes plus utiles les unes que les autres, à vous de voir ce qui vous convient.
Les coûts maintenant… On peut obtenir une bonne radio aviation portative pour aussi peu que 185 $ plus 10 dollars de transport plus taxes. Pour environ 270$ tout inclus, soit le même prix que notre FM on peut aussi acquérir une excellente radio de marque Vertex (VXA 300). Elle est vendue avec une batterie NiMhde 1,400 milliampères soit la même capacité que sur nos FM. Cette radio est aussi capable de recevoir les fréquences météos que personnellement je trouve si pratique sur nos FM.
Il y a pourtant quelques pièges à éviter. Mon premier achat fut celui d’une radio de marque Icom modèle A-6 tandis qu’Alain Rocheleau se procurait le modèle A-24 soit l’équivalent mais supportant aussi les fonctions de VOR pour la navigation.Les problèmes d’adaptation à nos casques ont été sans fin. On a travaillé pendant plus de 6 mois pour finalement arriver à un résultat décevant. Ça nous a forcé à contacter le manufacturier qui, heureusement, a reconnu qu’un problème existait avec l’adaptation à certains casques. Ils ont accepté de me rembourser en totalité tandis qu’Alain a opté pour la solution idéale en se faisant échanger sa A-24 pour un modèle A-5 de l’année précédente.
Ce modèle avait déjà largement fait ses preuves chez nos confrères paramotoristes de Rimouski. Malheureusement ce modèle est discontinué, j’ai donc dû me rabattre sur la marque Vertex. Mais finalement je suis très satisfait de mon VXA 710 à pile au lithium et du modèle VXA 300 que Lyne utilise au sol.
Pour ce qui est des temps d’utilisation, ils sont comparables au FM sur une recharge de batterie. Le 710, avec sa pile LiPo, peut être rechargé sans porter la moindre attention à la mémorisation de nos mauvaises habitudes que d’autres batteries ne nous pardonneraient pas.
Ensomme la radio aviation est possiblement une façon de communiquer entre nous sans complications tout en nous permettant de voler dans des zones à forte circulation ou encore dans les zones contrôlées d’aéroports en toute confiance, en toute sécurité et en toute légalité.
Bon… Bien sûr je mentionne la Loi. Dans les faits, pour utiliser les fréquences aviation sol-air ou encore air-air, il nous faut posséder une licence de « certificat restreint d’opérateur radio (compétence aéronautique)».À vrai dire, rien de bien compliqué ni de bien coûteux. La licence s’obtient en un rien de temps et coûte quelques dizaines de dollars.
Il suffit de lire l’information disponible sur le Net à l’adresse : http://www.ic.gc.ca/epic/site/smt-gst.nsf/fr/sf01397f.htmlCe document explique en détail les procédures à suivre lors de communications typiques avec l’ATC ou encore, le vocable emprunté par les pilotes qui se font des rapports de position entre eux. Nous devons aussi apprendre l’alphabet international et quelques autres petites choses en fin de compte pas si compliquées. La licence ainsi obtenue est à vous pour la vie et ne comporte aucun frais de renouvellement.
Il est même facile d’appointer un instructeur qui vient sur place pour donner une formation de groupe à coût encore moindre que des leçons individuelles.Le gars est avec nous pendant un après midi. Puis il y a l’examen en fin de journée pour lequel la note de passage est de 70%. Ceux qui ne passent pas à la première tentative se voient en retenue pour encore une heure de révision et on reprend l’examen avant que le prof ne quitte. Tous les participants devraient donc avoir leur licence temporaire à la fin de la journée. Marc, le prof, s’occupera de faire les papiers nécessaires pour l’obtention de la licence permanente, sans autre obligation de votre part.
Un de ces cours aura d’ailleurs lieu cette fin de semaine mais le nombre de participants maximum est déjà atteint soit ½ douzaine. Par contre, un autre se prépare pour dimanche de l’autre semaine en avant midi. Pour ceux que ça intéresse, il reste quelques places. Et s’il en manque, on peut en organiser tant qu’on veut des cours. Les coûts sont d’environ 50$ par personne et incluent la formation et les frais d’enregistrement de la licence auprès de Industrie Canada.
Bon et bien voilà pour ma réflexion que je conclurai de la façon suivante. La radio FM c’est super cool pour une utilisation de loisir sans se soucier de ce qui se passe autour de nous. Le son est souvent excellent malgré des petits ratés de temps à autre mais bon! On peut s’en servir pour se raconter tout ce qu’on veut sans jamais entendre d’étrangers dire des choses qui ne nous concernent pas.
Mais ce faisant, ces radios ne nous rendent pas tous les services dont on peut avoir besoin quand on évolue dans un environnement comme celui qui est le nôtre lors de nos vols, surtout à Laval. Pensons-y, quelle est la nature de nos conversations quand on est là-haut? On se donne de l’information sur les conditions de vol, on se donne de l’information sur notre position respective, on s’informe de notre plan de vol et de temps en temps on se dit quelques banalités et puis finalement on se la ferme et on fait notre petit vol tranquille. On se retrouve en famille entre nous et on se limite à ça.
Mais personnellement je pense que la famille est plus grande que ça. Et ne vous méprenez pas, contrairement à ce que pensent certains, les pilotes d’autres types de machines nous aiment bien. On est pour eux une nouvelle sorte de bibitte qui les intrigue.
Quand je m’avitaille en avgaz à Mascouche et que je portefièrement ma casquette de paramotoriste, ce sont des gens curieux et intéressés que je rencontre. Ils nous connaissent bien mais de loin. Ils sont très sympathiques à notre sport et posent les mêmes éternelles questions que nous avons tous entendues cent fois.
Pour eux, un paramoteur ça vole, c’est donc un aéronef avec tout le respect qu’il lui est dû. Les gens qui volent aiment ce qui vole, c’est pourquoi ils volent.
Alors bienvenue dans la famille.
24 septembre 2008
St-Valentin
Ça faisait déjà deux ans que Chantal, Germain, Guy et moi partions de Marieville pour une balade aérienne du côté de St-Paul-de-l’Île-aux-Noix. Un village pittoresque avoisinant la rivière Richelieu tout juste avant d’arriver à sa source le lac Champlain aux frontières de nos voisins du sud.
Vu des airs, le village nous avait séduit par son caractère particulier. Presque toutes ses berges son composées de jetées faites de main d’homme abritant une multitude d’embarcations de tous types. C’est vraiment magique de voir d’en haut, ces esquifs sillonner la rivière parfois escortés de navires commerciaux pêchant la perchaude serpentant parmi des îlots verdoyants.
Il fut un temps où cette rivière représentait une porte d’entrée idéale vers le nord, vers le bas Canada pour les conquérants américains. Ayant désormais une vocation récréative, l’Île-aux-Noix abrite encore un vestige de cette époque, le fort Lennox. Il servait de poste de surveillance avancé pour les troupes françaises. On peut encore le visiter grâce à un traversier saisonner qui vous y amène moyennant quelques billets. Pour avoir fait l’excursion il y a quelques années je puis vous assurer que le déplacement en vaut la peine. Le fort très bien conservé, est entouré d’un superbe parc gazonné, idéal pour le pique-nique en famille ou la balade en amoureux.
C’est encore plus beau du haut de notre perchoir favori. De là, on peut admirer l’architecture typique de ces constructions militaires en forme d’étoile, souvent entourée d’un canal inondé.
Quand Monique et Maurice Boissy nous ont invités à les rejoindre dans un champ de St-Valentin à quelques km de là, c’est avec empressement que la caravane des Z’ailés s’est mise en branle. Arrivés dès vendredi après midi Lyne et moi avons eu l’occasion de faire plus ample connaissance avec les Boissy et deux de leurs charmantes filles Stéphanie et Émilie.
Pour l’occasion, les Boissy nous ont déniché un champ immense, propriété de Mme et M. Hébert. Ces derniers y récoltent le foin pour leurs chevaux mais destinent une bonne partie de leur terrain à la culture de petits fruits proposés aux autos-cueilleurs de fin de semaine. Ils produisent aussi des vins de fraises et framboises, qu’ils nous ont aimablement invités à goûter.
Mais d’abord, dès le vendredi soir, on a volé par vents encore forts profitant d’une fenêtre d’une quarantaine de minutes avant le coucher du soleil. Pas question d’aller bien loin Éole s’acharnant à nous garder à la verticale de la zone de décollage.Sauf bien sûr pour Germain qui a pu mettre à profit les performances de sa Plasma et ainsi se rendre jusqu’à la rivière ou presque.
Des conditions marginales certes mais tout de même assez sécuritaires pour permettre quelques vols, certains à raz-motte, mettant au défi toute notre habileté. Martin et Guilaine eux, sont arrivés trop tard pour en profiter. Par contre le duo Pierre et Suzanne s’est abstenu volontairement et quant àmoi ce fut une sage décision, pas vraiment des conditions pour les tandems. Même qu'à un certain moment ces conditions se sont dégradées encore un peu plus forçant certains pilotes à sagement écourter leur vol, sécurité oblige…
En soirée, après l’habituel feu de camp, on est allé au pieu assez tôt espérant une accalmie le lendemain matin malgré des prévisions pessimistes. Bien vite on a dû se rendre à l’évidence, il n’en sera rien. Le vent a soufflé fort, même extrêmement fort et par bourrasques toute la nuit, les perspectives de vol ne s’améliorant pas le moins du monde l’aube venue.
Après un bon petit déjeuner suivi d'une conversation fort animée proposant de refaire le monde, nous sommes partis à l’assaut des plants de bleuets qui se trouvent sur le chemin traversant notre terrain de jeux du week-end. La balade nous a menée chez nos hôtes. Là on a pu se procurer des tartes fraîchement sorties du four et quelques bouteilles de ce vin divin qu’ils appellent une mistelle. Ce nectar fait à base de petits fruits et d’amour de la terre nous a rendus joyeux.
Ces avec intérêt qu’on a écouté la dame nous raconter l’histoire de leur jeune commerce.
Elle nous confiait nourrir l’ambition de se rendre prochainement en France pour la présentation de leurs produits. En passant, si ça vous le dit de goûter leurs spécialités, ils seront aussi à Louiseville cet automne pour le fameux festival de la galette de sarrasin.
Tout de suite après dîner, Lyne et moi devons déjà quitter ayant d’autres engagements pour le soir. Mais c’est avec regrets croyez moi sachant trop bien qu’une épluchette de blé d’Inde se prépare pour le souper. Pour ce qui est des vols, à ce qu’il paraît, seul Germain fera une tentative ce soir là et à un certain moment à reculons svp. Alors finalement on a peut-être manqué le blé d’Inde certes, mais au moins on n’a rien manqué d’autre.
Bon alors pour le reste de l’histoire y faudra demander à quelqu’un d’autre. Pour notre part, on était de retour à notre base habituelle de Laval Centre dimanche toute la journée. Plusieurs pilotes y sont passé faire leur petit vol.De mon côté, j’en ai profité pour faire des tests en vol d’une antenne que m’a prêté Maurice. Il s’agit d’une antenne dite ¼ d’onde. Ce type d’antenne est fabriqué à partir d’un fil spécial, coupé à une longueur déterminée par un calcul savant qui tient compte de la fréquence sur laquelle on veut l’utiliser. Elle peut être fixée à une suspente et doit améliorer sensiblement la puissance d’émission-réception de nos radios. Celle à l’essai ce soir là était ajustée à 123.45 Mz., une fréquence régulièrement utilisée sur la radio aviation. Malheureusement je n’ai pas pu profiter de toutes les possibilités du nouvel instrument, un problème de microphone affligeant mon casque. Mais à première vue les résultats semblent intéressants. Malgré l’avarie à mon équipement j’ai quand même pu capter les émissions de Maurice et de son élève Alain qui se trouvaient à une distance d’au moins 60 km à vol d’oiseau. Les tests se poursuivront bientôt, on verra bien.
Je suis très content d’avoir pu me rendre à ce nouveau fly-in, malgré le fait de n’avoir pu profiter du panorama féérique qu’est celui d’un survol de l’Île-aux-Noix. J’espère que l’an prochain on pourra remettre ça. On le pourra si bien sûr Monique et Maurice veulent bien renouveler leur invitation. Si c’est le cas, je vous invite ardemment à vous joindre à nous dans cette magnifique région à découvrir et à redécouvrir.
Merci à tous les participants et surtout merci grandement à nos hôtes qui se sont vraiment donné la peine en nous recevant dans ce charmant petit village des amoureux, St-Valentin.
17 septembre 2008
Cours de carte VTA
Dimanche dernier on s’est retrouvé à Terrebonne plusieurs membres du Club, pour un atelier de lecture de cartes aéronautiques animé par notre professionnel de l’aviation Alain Rocheleau.Faut-il encore le présenter? Alain est pilote sur Airbus 310 chez Air Transat et ce depuis plusieurs années. Il bénéficie évidemment d’une vaste expérience en ce qui regarde les choses de l’aviation civile. Il est aussi pilote passionné de paramoteur depuis 2004. Il a à cœur la conservation de notre privilège qu’est celui de pratiquer ce sport à proximité de Montréal comme nous le faisons. De ce fait et pour que nous comprenions bien les limitations qui sont les nôtres face aux différentes zones de contrôle qui entourent notre terrain de jeu préféré, il a bien voulu partager cette expérience ainsi que ses vastes connaissances avec nous.
Alain a débuté sa présentation en révisant les connaissances de base nécessaires à la compréhension des différents outils mis à notre disposition par Nav Canada en matière de contrôle de la circulation aérienne. Qu’il s’agisse du supplément du vol VFR répertoriant tous les aéroports canadiens et les services qui y sont offerts en passant par la carte VTA et VFR de la région de Montréal tout y est passé.Il a mis l’accent sur les différentes régions de contrôle aérien telles que publiées sur ces cartes ainsi que sur la façon d’interpréter le langage souvent pointu utilisé sur ces documents. Il nous a fait réaliser combien ces publications renferment une foule d’informations toutes plus pertinentes les unes que les autres, informations auxquelles on peut accéder facilement, ne suffit qu’à s’en donner la peine.
Alain nous a enseigné la signification de toutes ces abréviations, pictogrammes et numérotations qui figurent sur ces documents. Il a passé en revue la légende complète y figurant en nous donnant de nombreux exemples. Il nous a aussi expliqué les différentes zones de contrôle qui nous entourent ou qui nous surplombent.
C’est avec beaucoup d’intérêt que la douzaine de pilotes présents l’ont écouté décrire les procédures qu’ils utilisent lui et ses confrères pilotes de ligne lors de l’arrivée et du départ de ces grands oiseaux chargés de passagers en provenance et à destination de partout dans le monde.
Alain nous a aussi énuméré les équipements embarqués obligatoires pour pouvoir espérer être pris en charge par l’un ou l’autre des services de contrôle de la circulation, parlant ici de la radio aviation bi-directionnelle en passant par le transpondeur mode « C » maintenant devenu obligatoire pour les aéronefs évoluant dans tous les espaces aériens entourant Montréal. On a aussi parlé sommairement des procédures à suivre à proximité des aéroports de petite taille non contrôlés comme Mascouche, Belœil et quelques autres.
Puis nous sommes passés à l’étape suivante soit l’utilisation concrète d’une carte pour la planification d’un vol proposé par Danny. Avec lui, on était en partance du terrain de Laval-Centre vers le bassin de Chambly en passant par le mont St-Hilaire. Les participants ont pu se rendre compte que chemin faisant, on rencontrait pas moins de six zones ou régions de contrôle différentes, chacune d’elle comportant des exigences déférentes quant aux altitudes maximales à respecter ou encore, des zones à éviter complètement dû au contrôle qui y est requis.
À la lumière de toutes ces explications, nous nous sommes rendus compte de la chance inouïe que nous avons de pouvoir compter sur la présence, la compétence et la disponibilité d’un gars comme Alain parmi nous. Il a pu nous expliquer en termes clairs les subtilités de tous ces documents afin de nous les rendre plus accessibles et plaisants à utiliser.De plus, il est une source intarissable de renseignements sur tous les volets de l’aviation qui puissent nous intéresser. Pour moi, c’est chaque fois un plaisir renouvelé quand me vient une question à éclaircir sur ce qui touche les avions et leur mise en œuvre. Alain se fait toujours une joie d’éclairer ma lanterne en apportant à ses explications quelques parenthèses biens senties. Bref une rencontre agréable entre amis, tous désireux d’en savoir un peu plus sur les règles qui nous régissent, le pourquoi de la chose et l’application de ces règles lors de nos vols de tous les jours.
Les remerciements d’usage seront dédiés à Alain bien sûr, lui qui a su capter l’attention de son auditoire grâce à ses qualités incontestables de formateur. Ils seront aussi et surtout dédiés à ces gars et filles pilotes de paramoteur qui se sont intéressés à cette présentation. Comme ils l’ont exprimé eux-même, c’est beaucoup de nouvelles connaissances acquises en ces quelques trois heures qu’a duré cette rencontre. Ils se feront désormais un devoir de mettre en pratique ces compétences nouvellement acquises pour le bien de notre sport.
Merci aussi à Lyne qui comme toujours a veillé à notre petit confort en nous offrant le café et les grignotines.Elle aime particulièrement ce sport c’est vrai mais surtout, elle aime bien ceux qui le pratiquent.
07 septembre 2008
Un week-end à Baie-du-Febvre
Ça y est, c’est déjà fini ce fabuleux week-end à Baie-du-Febvre. Non mais quand même faut le faire. Une famille toute entière qui se mobilise et qui s’engage dans une aventure comme l’est l’organisation d’un tel événement juste pour le plaisir de voir les amis pilotes profiter des joies de voler dans une région magnifique tout en permettant un à leurs concitoyens de faire partie de la fête en partageant leurs produits et services locaux avec nous. Des gens comme ça, pour une communauté quelle qu’elle soit, c’est du bon pain dont il faut prendre grand soin.
En fait les Lemire nous attendaient avec tout le faste de leur ambitieux projet. À l’arrivée, déjà, c’est maman Francine elle-même, qui nous accueillait en nous remettant notre chandail aux couleurs de l’événement. Ce T-shirt servira aussi au personnel affecté au souper du samedi soir à reconnaître les pilotes inscrits. La plupart d’entre nous l’avons d’ailleurs porté fièrement toute la fin de semaine nous permettant de se reconnaître entre nous. Une autre excellente initiative fut celle d’un membre de paramoteur.ca, dont malheureusement je ne connais pas l’identité. Il nous invitait à porter une étiquette autocollante mentionnant notre surnom sur ce forum. Une autre façon de se reconnaître et d’engager la conversation.
Comme j’avais le train d’atterrissage gauche un peu amoché, j’ai dû limiter le nombre de vol ce qui m’a laissé plein de temps pour bourlinguer. À plusieurs occasions j’ai sauté sur mon vélo et suis parti à la rencontre de nouveaux amis.
Une de ces rencontres particulièrement appréciée fut celle avec « Bofort »que je connaissais déjà mais dont j’ignorais le nom. Notre première rencontre datait du temps ou je débutais. C’étais ma première visite à Rimouski et lui y était comme spectateur rêvant de voler. On s’est revus avec plaisir, on a jasé de choses toutes plus intéressantes les unes que les autres. J’ai aussi rencontré plein de monde de partout, Rimouski, Gaspésie, Abitibi et Saguenay-Lac-St-Jean lâ-lâ.
Parlant du Saguenay, c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai revu Éric Dufour en grande conversation avec Yves et Denise Lagacé sous leur auvent. Il était de passage au Québec pour des affaires familiales et profitait de l’occasion pour dire un petit bonjour à ses chums paramotoristes canadiens. Salutations encore une fois Éric et à cet hiver mais cete fois dans ton coin de pays à la chaleur…
Autre plaisir toujours renouvelé à ces méga-rencontres c’est de revoir nos amis les fournisseurs. Cette fois ils y étaient tous présents avec chacun leur façon de faire. Air Voile Moteur et leur kiosque toujours aussi soigné. AirPro Paramoteur et leur légendaire service. Je le sais, j’ai eu affaire à eux à pas moins de quatre reprises pour l’achat de pièces et d’outillage pour moi et d’autres. À chaque fois j’ai pu me procurer ce dont j’avais besoin. Éric Sigier s’est comme d’habitude fendu en quatre pour remettre en vol dans les plus brefs délais possibles les pilotes qui éprouvaient des problèmes avec leur équipement. Danielle elle voyait au service après vente assurant ainsi la satisfaction de leur clientèle. On parle aussi de la présence de Voile 4 Saisons, Paravoile, et de quelques autres qui s’étaient donné la peine de venir nous rencontrer. Merci tout spécial à ces gens qui nous offraient les prix de présence.
Fait remarquable et à ma grande surprise, c’est quasiment toute la gang du Club des Z’Ailés qui se sont retrouvés là eux aussi à un moment ou à un autre. Nos premiers membres arrivés sur place le vendredi matin nous avaient réservé un endroit de choix à proximité du terrain de décollage côté sud, ce qui a facilité l’organisation des nombreux vols voyages qui ont eu cours tout le week-end sans oublier les feux de camps orchestrés cette fois par Ben Boucher, incendiaire de réputation mondal.
Parlant de beaux vols, pour ma part j’ai fait un bon bout de chemin vers Drummondville le vendredi en PM avec Martin Bergeron. Comme il vole toujours en apportant une radio aviation, j’en ai profité pour faire des tests avec lui et Lyne qui profitait de la générosité d’Alain Rocheleau qui lui avait confié sa propre radio. On a donc fait des essais de portée et de qualité sonore concluants. Ces conclusions me convainquent encore un peu plus de passer à ce type de radio dans le futur mais ça, ça fera l’objet d’une autre chronique.
Un autre vol très plaisant fut celui de lundi matin. Un des jumeaux Bergeron, porté par un désir incontrôlable de s’envoyer en l’air et en groupe SVP, s’est amusé à faire le tour des VR nous réveillant dès 6 :00h. Comme méthode de persuasion il a choisit de nous faire entendre son imitation du chant d’un volatile non identifié. À entendre ces jérémiades il s’agit très certainement d’un hybride de coq et de corneille et là je ne veux pas parler du chanteur rwandais.
Bien oui, le temps était superbe et le vent calme, trop calme peut-être du moins pour moi. Comme ma patte gauche était en bonne voie de guérison grâce aux bons soins et à l’amabilité de Geneviève, physiothérapeute sportif de son métier et conjointe de Benoît Bergeron dans ses temps libres, y fallait quand même pas pousser la machine trop fort. Je devais donc attendre des conditions de vent minimales pour m’aider à décoller sans trop forcer la blessure. En plus les jumeaux espéraient me voir utiliser ma plus grande voile pour que nos vitesses correspondent.Mais voilà, les conditions sont à chier. Le vent inexistant et le terrain extra humide ne feront rien pour m’aider. À la fin c’est le travail d’équipe qui fera la différence. Ils décident que l’un d’eux me donnera gentiment un « pull » pour m’aider à lever cette voile qui rencontrera même un léger vent arrière rendu au dessus de la tête et m’obligera à donner tout ce qui me reste de mobilité dans les jambes pour terminer ce décollage aux limites de mes capacités du moment. Tout de suite après les deux frères s’élanceront pour me suivre sur un cap à l’ouest.
On s’est tous trois dirigés tranquillement vers Sorel à quelques 40 Km au l’ouest pour les photos traditionnelles du quai du traversier et de ses cheminées sinistres.Mais vues d’en haut toutes les villes sont belles et valent le détour. Tellement qu’une fois encore je me laisse gagner par la contemplation et la douceur du moment en oubliant complètement que ça prend un minimum de fuel pour le retour à la maison. On survole la route qui longe le Chenal-du-Moine quand je me décide enfin à jeter un oeil là dessus. Bien vite je me rend compte que ça va être juste pour le retour. Je call les gars par radio pour les avertir que je prend le cap pour BDF et que même si ça me force à passer au dessus d’un immense marais de plus de 25 km carré sans route d’accès aucune, le plus tôt je serai de retour au champ le mieux ce sera. Bien qu’anticipant que la ressource viendra à manquer bientôt, je m’efforce quand même de conserver le pétrole en cherchant la meilleure altitude pour la meilleure vitesse sol possible et c’est à 250 pieds que je trouve le compromis idéal.Même si le moteur cale j’ai encore assez de hauteur pour faire un atterrissage sécuritaire dans un champ et à cette altitude j’ai un bon 50 km/h d’avancé. Je rallie finalement le terrain et manque de fuel en virant en finale 2 :20h après notre décollage, vraiment il était moins une.
Pas encore satisfait j’en remets un peu et repars pour quelques minutes encore. Plusieurs pilotes ont déjà quitté nous laissant tout le ciel à nous tous seuls la gang de
Z’Ailés. On s’amusera encore un peu Martin, Pierre et Suzanne Ben et moi portés par un superbe vent confortable à faire des touch and go. On se paye même une passe basse en formation Ben et moi, manœuvre qu’on devra cependant pratiquer encore un peu avant qu’elle ne soit au point.
Franchement un week-end réussi sur toute la ligne pour tout le monde. Je me joins à tous pour remercier la famille Lemire et tout particulièrement Tommy qui s’est donné corps et âme pour faire de cette rencontre un franc succès et un événement auquel il fallait absolument avoir participé. Merci également à leur commanditaire, supporteurs et bénévoles. Sans vous une telle organisation est impossible et on vous doit une fin de semaine inoubliable. Merci et à l’année prochaine j’espère.
18 juillet 2008
Prenezbien soin d’ « aile »…
Comme nous passions dans les environs de Christmas en Floride l’hiver dernier quelques copains, Lyneet moi-même avons rendu visite à Élisabeth Guérin et Éric Dufour. Leurs opérations sont maintenant basées en cette ville situéeentre Titusville et Orlando. Ils s’y sont installés il y a plus d’un an maintenant et continuent à y faire ce qu’ils font de mieux soit la formation, la vente et la réparation de paramoteurs.
Mais parmi ces opérations, ce qui a le plus retenu notre attention c’est leur atelier d’entretien de parapente. Depuis plusieurs années, ils offrent à tous les paramotoristes le service complet d’inspection, entretien et réparation de voiles de toutes marques. Pour avoir assisté à l’inspection de l’Everglades d’un copain,je puis vous affirmer que leur expertise et conscience professionnelle m’ont franchement impressionné. En fait c’était la deuxième fois que j’avais le privilège d’assister à l’inspection complète d’une aile de parapente. La première fois c’était en 2004. Lyne et moi étions de passage à Albuquerque, Nouveau-Mexique où les Guérin, Dufour résidaient depuis quelques années. Afin d’offrir la gamme de services la plus complète possible à leurs clients, Élisabeth décidait de suivre une formation poussée sur la maintenance des voiles auprès de la maison Sting, basée en Allemagne. Elle y passa plusieurs semaines à parfaire ses connaissances en inspection et réparation de voilure ainsi que dans l’aménagement adéquat d’un atelier propice à ces tâches. Forte de ces compétences nouvellement acquises,elle s’est sans cesse mesurée à des défis de plus en plus challengeant en réparent des voiles que bien des gens auraient considérées comme bonnes pour les rebuts.
Maintenant, quand on a l’occasion de voir Élisabeth à l’œuvre dans sa nouvelle vocation, croyez-moi c’est un privilège. Il faut dire qu’elle fait toujours preuve d’une générosité impressionnante en nous enseignant volontiers ses connaissances. Voici donc comment ça se passe.
L’inspection d’une aile commence par une visite visuelle de la voilure. Pour ce faire deux personne s’installent l’une au bord de fuite et l’autre au bord d’attaque. On tend bien la toile et on en inspecte l’extrados. Puis la personne placée à l’avant vérifie l’intérieur des caissons en apportant une attention particulière aux coutures car c’est généralement là où la voile souffre le plus quand on la laisse tomber sur le nez. Par la suite on bascule la voile pour se retrouver avec l’intrados sur le dessus, et la recherche d’éventuelles déchirures ou trous causés par certains insectes reprend. Pour ce qui est des coutures, cette fois on s’attardera tout particulièrement aux petites quilles auxquelles s’attachent les suspentes.
Chaque anomalie découverte est marquée d’un rubangommé de couleur contrastante facilitant le repérage pour réparation éventuelle. Puis sur un schéma, on localise et on fait la description du bobo. Ce schéma sera greffé au rapport final remis au propriétaire de l’aile.
Ce rapport inclura aussi la position où le test de résistance du tissu a été effectué. Comme c’est le bord d’attaque près du centre de la voile qui est la partie la plus exposée au soleil, on choisit cet endroit pour effectuer ce test.On le fait en insérant la minuscule pointe d’un outil spécial au travers du tissu de l’extrados. Cette pointe est reliée à un ressort calibré placé à l’intérieur d’un petit tube gradué. Par une traction sur l’instrument, on obtiendra une indication précise de l’effort nécessaire au déchirement du tissu. Encore une fois le résultat du test sera indiqué sur le rapport et la minuscule perforation provoquée par l’instrument sera réparée en appliquant une petite pièce ronde de couleur identique à la voile de chaque côté tissu.
La porosité maintenant.L’instrument spécialement conçu à cette fin est composé d’un cylindre refermant un piston qui lui est relié à un ressort calibré. Le test consiste à armer le piston en le déplaçant vers le point haut du cylindre, là où une partie de la voile sera maintenue par un système de fixation imperméable à l’air. Quand on libère le piston, il est tiré vers le bas par le ressort mais doit nécessairement prendre de l’air au travers du tissu pour pouvoir rejoindre le fond du cylindre. L’instrument calcule le nombre de secondes que dure la descente du piston d’où le résultat du test. Cette opération est répétée à plusieurs endroits sur la voile en commençant toujours par le bord d’attaque pour les même raisons que pour le test de déchirure.
Pour qu’une inspection soit complète il est impératif de vérifier toutes les composantes de l’aile. C’estce qui nous assurera que notre voile demeure sécuritaire et fiable en toutes circonstances. Alors Élisabeth ne se contente surtout pas de vérifier la voilure. Elle s’attarde également au facteur important de l'inspection qu’est le contrôle du calage. Le calage c’est le rapport entre la longueur de chaque groupe de suspentes par rapport aux dimensions originales prévues par le fabricant.
Avec le temps, les cycles de vol, l’exposition à l’humidité et au UV du soleil etc., les suspentes de nos ailes ont tendance à se contracter. On sait qu’en vol, les élévateurs « A » portent souvent plus de 60% du poids total de l’ensemble moteur pilote. Alors comme chaque groupe de suspentes travaille de façon différente cette diminution de longueurs s’opère inégalement et de ce fait, affecte la forme générale de la voilure en modifiant sa courbure.Sans oublier que dû à l’effet de couple du moteur, ces déformations s’opèrent souvent de façon asymétrique à gauche et à droite de l’aile.
Même quelques centimètres peuvent faire une énorme différence dans le comportement d’une voile la rendant plus vulnérable aux différents incidents de vol. Un test rigoureux du calage nous assure que le profil testé par le fabriquant lors de l’homologation de l’aile est intacte. Si la forme de l’aile est trop éloignée de ses spécifications originales il est permis de penser que l’aile devient instable et même dans certains cas dangereuse.
Élisabeth nous mentionne qu’il est donc très important de procéder annuellement à un contrôle serré du calage. Pour ce faire, elle procède tout d’abord à une inspection de l’ensemble des élévateurs en s’assurant que les sangles ne sont pas détériorées. Elle s’attarde aussi aux boucles métalliques des « trims » et s’assure qu’elles ne glissent pas. Puis vient l’inspection tactile et visuelle de chacune des suspentes hautes et basses afin d’y déceler d’éventuels défauts. Que ce soit la rupture partielle des fibres de kevlar internes ou l’abrasion de leur gaine protectrice en nylon, rien ne lui échappe. Ensuite, elle effectue des tests de rupture de quelques suspentes choisies judicieusement. Comme je le mentionnais plus haut, les « A » sont beaucoup sollicités en vol et se « fatiguent » d’autant plus. Pour s’assurer que le cordage est résistant comme il se doit, elles seront habituellement les premiers cobayes de ce test de rupture.La suspente à tester est tout d’abord mesurée et comparée à sa jumelle du côté opposé de la voile. Puis elle est installée sur un système de traction comportant une gauge équivalente à une balance qui indiquera la traction exacte en kg qui était appliquée à la suspente au moment de sa rupture. Si ces quelques suspentes sacrifiées affichent des résultats satisfaisants, on peut passer à l’étape suivante soit le mesurage.
Cette opération délicate se fait par comparaison des suspentes de la droite et la gauche de l’aile. Ces suspentes sont mises sous traction en les accrochant à un poids recommandé par le manufacturier de la voile. Puis après quelques secondes de cette traction, les suspentes sont mesurées et comparées entre elles. Le résultat est reporté sur un diagramme que servira à dresser un portrait de calage qui lui sera comparé aux spécifications du manufacturier. Le défi c’est de bien analyser le résultat de ce mesurage car il serait trop facile de recommander le remplacement de toutes suspentes ne respectant pas la longueur prescrite. Mais là entre en jeu l’expérience et l’expertise d’Élisabeth. Ne l’oublions pas, l’important est de conserver une symétrie de la gauche à la droite de l’aile et une dimension proportionnelle des suspentes de l’avant vers l’arrière. L’équilibre s’obtient en remplaçant les suspentes trop déformées certes mais aussi en procédant au nouage judicieux de certaines suspentes qui serait légèrement trop longues par rapport à leur antagoniste. En la matière, tout est une question de doigté et d’analyse.
Et voilà le travail terminé. Si des réparations importantes ont eu lieu sur la voilure ou si des ajustements conséquents se sont avérés nécessaires au suspentage, rassurez-vous, vous ne ferez pas office de pilote d’essai. Dans les faits c’est Éric Dufour lui-même qui s’en chargera.Et s’il est trop léger pour la dimension de votre voile, il lestera un paramoteur pour atteindre un poids équivalent au vôtre et s’assurera que dans ces conditions d’utilisation normale votre voile réagira de façon adéquate.
Élisabeth nous a permit d’assister à toutes les étapes de l’inspection de l’Everglades et je l’en remercie. Ce faisant, elle nous encourageait à procéder nous-même à quelques-unes de ces vérifications sur une base régulière, conseil que je compte bien mettre en pratique.
En conclusion je souhaite mentionner que de toutes façons, un moment passé avec le duo Guérin, Dufour, c’est une expérience enrichissante à coup sûr. Ce sont des passionnés de notre discipline qui adorent partager leur savoir. Pour ma part, j’ai eu l’occasion de les visiter à plusieurs reprises et chaque fois j’ai été reçu avec chaleur et en suis revenu avec le sentiment d’avoir encore appris. Merci Élisabeth et merci Éric pour ces quelques jours passés en votre compagnie et à une prochaine fois que je souhaite la plus hâtive possible.
Pour plus d’information, leur site Internet est le www.paratour.com
Gilbert
18 juin 2008
400 ième de Québec
Dans le cadre du 400 ième anniversaire de la ville de Québec se tenait un fabuleux spectacle aérien auquel plusieurs membres de notre groupe participaient. Bien évidemment, c’est en tant que spectateurs et non pas comme performeurs que nous y assistions. Bien que la présence des Z’ailés ne fut pas souhaitée par les organisateurs pour le moment, quelques autres grands noms de la scène des démonstrations aériennes étaient présents.Les Snow Birds, Canadiens, ainsi que les Américains Thunder Birds et leurs F16 ou encore les Blue Angels sur F18 sans oublier les Anglais, en déléguant leurs Red Arrows, ont tenté de faire oublier notre absence mais en vain.
Heureusement que, contrairement à ceux de Québec, les organisateurs n’ont pas tous les pieds dans la même bottine. Pour nous l’organisation de la rencontre c’est Danny Carrière qui s’en est chargé. Quand il prend les choses en main celui là, c’est pas à moitié. Quelques semaines auparavant, Danny avait pris soin de repérer trois terrains qu’il nous présentait ensuite de façon détaillée sur notre site internet. À la majorité il fût finalement décidé de nous rendre sur celui de M. Hamel, terrain situé à un kilomètre au nord de la piste de l’aéroport Jean-Lesage, là où le spectacle se tenait.
Et croyez-moi cette proposition d’emplacement de la part de Danny c’était un coup de maître. Dès l’installation des VR sur le site, le show a débuté. On pouvait très bien entendre les avions prendre leur envol de l’aéroport bien que nous soyons séparés de la piste par une rangée d’arbres. Mais dès qu’ils prenaient l’air, ces merveilleuses machines nous offraient déjà une vue imprenable sur leurs performances époustouflantes. Et c’est sans compter le fait qu’entre leurs passes au dessus de la piste, les appareils devaient généralement passer juste au dessus de nos têtes, souvent à très basse altitude, pour se regrouper. Déjà en ce vendredi soir du tonnerre,nos attentes étaient comblées.
C’est vers 8:30 h samedi matin que la plupart d’entre nous avons sauté sur nos vélos pour nous rendre sur le site d’exposition constater de visu l’ampleur de l’événement. Une trentaine d’appareils militaires et civils en exposition et quelques-uns d’entre eux à visiter. Du monde, du monde et encore du monde à ne plus savoir qu’en faire. J’ai même entendu des gens raconter qu’ils avaient mis plus de trois heures pour accéder au site. Encore une bonne raison pour nous d’apprécier l’emplacement de notre campement exceptionnellement bien situé.
Après une journée bien remplie par ces démonstrations à couper le souffle de ces pilotes d’exception, on était de retour aux VR pour un brin de jasette. Certains de nous se sont mesurés tantôt au volley-ball, tantôt au jeu de fers version Pierrafeu. Cette version du jeu est en fait une variante que Denise et Yves ont concoctée en utilisant d’énormes washers que l’on doit lancer dans l’une des deux petites boîtes en bois reliées entre elles par une corde d’une vingtaine de pieds de longueur. Rustique d’accord mais efficace pour animer une soirée entre amis.
Une forte pluie a bercé notre nuit mais nous réservait cependant un réveil mêlé de surprise et d’incrédulité. Un petit fossé où coulait un filet d’eau à l’air inoffensif la veille, s’était, sous l’effet des ondées, transformé en véritable torrent menaçant plusieurs VR riverains. Forcés de constater que dès le premier VR déplacé, on a dû se rendre à l’évidence, le terrain était dangereusement mou et le risque d’y rester enlisé, réel. L’évacuation s’est alors déroulée dans le calme forçant malheureusement la fin prématurée de ce week-end entre copains.
Bien que j’aie apporté ma machine avec moi, au cas où il m’eut été possible de voler en route, l’opportunité ne s’est présentée ni à l’aller, ni au retour alors… Mais tout de même un week-end mémorable.
Comme toujours c’est avec empressement que je remercie le planificateur de cette rencontre mais cette fois, j’en profiterai pour souligner l’implication de Danny dans l’organisation et la mise en valeur de notre sport. Danny est associé au paramoteur depuis plusieurs années et c’est depuis le tout début qu’il s’est donné comme mission de promouvoir l’association et l’entraide entre les pilotes de la région de Montréal.Danny est en fait le maître d’œuvre qui proposa la fondation du Club les Z’ailés et qui sut convaincre les pilotes d’alors de se regrouper et ainsi partager que ce soit leur terrain, leurs expériences de vol ou tout simplement des activités sociales comme ce week-end fabuleux à Québec. Danny, qui aime les choses bien faites, ne ménage aucun effort pour s’assurer que les gens qui souscrivent à ses vues ne pourrons que se féliciter de lui avoir fait confiance et d’avoir croisé sa route.
Alors pour tout ce que tu fais pour nous et notre sport Danny je tiens à te remercier en mon nom et au nom de tous ceux et celles qui apprécient tes qualités de rassembleur, sans oublier la franche amitié que tu ne manques jamais de nous témoigner à chacune de nos rencontres. Continue, notre sport a besoin de gens comme toi.
Gilbert
22 mai 2008
Premier fly-in printanier mouvementé
Quelques membres du Club se sont rendus à Marieville en cette fin de semaine de fête de la Rei… de Dolla…des Patri… en cette fin de semaine de trois jours.Christiane et Guy nous y attendaient pour un mini fly-in sur leur magnifique et immense terrain gazonné à l’ombre du mont St-Grégoire au sud de Montréal.
On aime tellement la place Lyne et moi qu’on y était déjà, avant même le retour du travail de nos hôtes vendredi après-midi. J’ai à peine pris le temps d’installer le motorisé que je mettais déjà mes pénates sur l’aire de décollage et me faisais un petit vol de reconnaissance, profitant d’un ciel partiellement voilé. À ce même moment, Yves et Denise faisaient leur entrée eux aussi. J’ai donc fait un vol court qui confirmait quand même la promesse d’une soirée de vols aux conditions exceptionnellement bonnes.Plusieurs pilotes nous ont suivi et suite aux accolades d’usage, les vols ont repris vers 17 :00 h.
Pour Yves et moi, c’en fût un franchement mémorable. Un vol magique nous entraînant entre deux mongolfières avec en arrière scène le mont St-Grégoire pour plus tard nous retrouver parmi des parachutistes en approche finale vers l’aéroport de Farnham. Le tout dans une masse d’air tiède et douillet, quel plaisir.
Sur notre retour, on croise même le tandem. À l’occasion de chaque fly-in où nous rejoignent Pierre et Suzanne, je ne peux faire autrement que de songer à elle qui a pris part à tant et tant de ces événements et qu’enfin est venu son tour de contempler ces magnifiques vues aériennes dont les pilotes profitent avec tant de joies. Virgil Luca et Jean-François Joanette et Danièle Deschênes étaient eux aussi présents pour une première fois à Marieville.
À l’atterro, je retrouve quelques pilotes dont Jean-François et sa charmante épouse Yveta qui nous offre généreusement une bière originaire de son pays la Tchécoslovaquie. Lui nous raconte s’être mis à l’écriture d’un bouquin qui traite de houblon et de malt en passant par les micro brasseries exceptionnelles qui pratiquent leur art au Québec. Pendant que Jean-François nous fait profiter de ses vastes connaissances en la matière arrive Yvon et sa Maudite. N’allez surtout pas croire que je parle ici de qui que se soit de son entourage. Je parle plutôt de ma bière favorite qu’il m’offre gentiment pour entamer les négociations en vue d’acquérir mon Everglades qu’il vient tout juste d’essayer.
Franchement y doit vouloir négocier serré ce Yvon et puis comment peut-il savoir que « c’est ma sorte » la Maudite si Lyne ne lui a pas dit. « J’me promène toujours ben pas une bière à main toute la journée pendant les fly-in. » Mais non, il semble qu’il ait le sens de l’observation et c’est « sa sorte » à lui aussi y paraît. Toujours est-il que les négos sont conclues rapidement. Selon ses dires, il a adoré le comportement en vol de l’Everglades.La vitesse aussi a été un facteur déterminant dans sa décision malgré que de ce fait, l’approche soit plus rapide et l’attérro plus difficile à juger. Mais avec son expérience il sera certainement en mesure de gérer le tout, il se voit donc devenir nouveau propriétaire d’une excellente voile dont il profitera pleinement j’en suis sûr.
Fidèle à mes habitudes, samedi matin, je décolle tôt. Les vents sont forts et pas moyen de s’éloigner alors le vol sera de courte durée. Deux heures plus tard les vents ayant diminué un peu, quelques pilotes y retourneront eux aussi. Tous sont bientôt de retour au sol mais Yvon qui s’est levé un peu plus tard que les autres, veut y retourner lui aussi. Les conditions turbulentes qui prévalent maintenant sont propices à un nouveau vol sous plus petite voilure. Il choisit donc sa nouvelle 27 mètres carrés sur laquelle il a pris une option la veille. Car disons-le, hier, on n'en est venu qu’à un gentleman agreement, après tout les « bidoux » sont pas encore dans mon compte de banque. Il arrive donc sur le terrain d’envol comme une rock star portant lunettes de soleil flanqué de son Back-Bone tout neuf et ayant en main ses deux voiles. Pour évaluer les conditions il ramasse alors cette aile qui fut mienne et la « kite » adroitement. Comme tous les badeaux présents, je l’observe attentivement maîtriser cette voile moribonde qui se dandine allègrement dans les turbuls. Mais du coin de l’œil tout à coup que vois-je? « TABARNAC » EST DÉCHIRÉE!
Ces paroles sont sorties de ma bouche avec tant de consternation que tous se retournent vers moi. Yvon lui, ramène adroitement la voile au sol pour mieux voir et constate à son tour « Mais qu’est-ce que c’est que ça? » me demande-t-il. «Mais je sais pas pantoute, qu’est-ce qui s’est passé??? » Déjà les commentaires circulent dans l’assistance, « ben oui gar donc ça est déchirée » « Ouianye Gilbert y vend ses vieilles affaires » « Me semblait aussi qu’à montait pas ben c’te voile là »
Dans ma tête ça roule à toute allure. « « Comment c’est arrivé… si c’est à l’Île Perrot quand j’ai passé le câble à gaz dans l’hélice que je l’ai endommagée, il va y avoir un morceau de bois dans la cellule mais pourtant j’ai inspecté la voile 2 fois depuis cet incident. Un fermoir de coffre du motorisé où je la transporte l’a peut-être coincé mais pourtant c’est en plein milieu de l’intrados qu’elle est déchirée, ça se peut pas, elle est toujours dans son sac…non-non c’est pas ça. C’est quand donc la dernière fois que je l’ai volée, y s’est-tu passé quèque chose de pas normal??? C’était-tu un dos ou un face, je l’aurais vu???? » »
Yvon reprend, « C’est pu pareil là, ça vaut pas la même chose une voile réparée et pis c’est vrai que si j’te donne $1000 de moins que convenu, ça pourrait peut-être se faire pareil » « Non non Yvon, j’te comprends mais franchement j’comprend pas c’qui c’est passé !!!» Encore des commentaires dans la foule « Y disent tous ça ouais-ouais! », « En tous cas, MOI, je l’achèterais pas c’te voile là »
Je reste là à regarder et à digérer le coup d’adrénaline que je viens d’encaisser quand Yvon crache enfin le morceau. « J’te niaise Gilbert c’est moi qui l’ai magané hier, j’ai manqué mon décollage pis est tombée sur l’hélice »
Voilà, ça y est, c’est la rigolade généralisée. Ça se bidonne ça se congratule d’être tous au courant de la chose sauf moi bien sûr et les commentaires fusent de plus belle. Bon disons qu’ils m’ont eu en jouant sur une corde particulièrement sensible m’enfin… C’était franchement rigolo.
Pour oublier tout ça j’ai imité plusieurs convives en sautant sur mon vélo pour me rendre à Chambly en touriste siroter une consommation sur une terrasse au bord du bassin.Au retour la fièvre du vol nous rassemble encore une fois au fond du terrain malgré de gros nuages menaçants. Tellement menaçants que la plupart des pilotes n’ont même pas transporté leur équipement jusque là. Mais la nature humaine étant ce qu’elle est, trois pilotes ont quand même pris l’air nonobstant la menace latente. Les conditions étaient bonnes au début oui, mais tout pilote expérimenté connaît bien le risque d’un changement subit des conditions pouvant mettre en péril son vol. Tellement que l’un d’entre eux, Martin pour ne pas le nommer, nous livrait solennellement le testament humoristique suivant « Les gars, si c’est mon dernier vol je veux que vous sachiez que oui, je sais, ce vol est périlleux. Mais comme je n’ai pas volé depuis longtemps je suis en manque et tant pis si ça tourne mal ». Alors bien évidemment, « si ça tourne mal », Pierre s’offre pour récupérer le moteur de Martintandis que moi, plus calculateur, prendrai la voile qui risque beaucoup moins d’être abîmée après le désastre. Philippe se réserve lui, la tâche de consoler la veuve éplorée et, à ce qui paraîtrait, un brin fortunée. Mais bon c’est de bon cœur et surtout, quant on connaît Guylaine, de bon goût de la part ne notre copain de se sacrifier ainsi.
Ben Boucher quant à lui, est déjà en l’air depuis une dizaine de minutes et Guy vient tout juste d’atterrir sagement quand Martin s’envole à son tour par un vent léger.En quelques minutes cependant ce vent se transformera en une menace réelle engendrant une dégradation marquée des conditions de vol. Au loin une colonne de poussière s’élève dans les labours sonnant l’alarme au sol. Ricky, qui est attaché à la 30 mètres de Philippe, s’extirpe de la sellette en vitesse pour éviter le pire tandis que tous les regards se tournent vers les pilotes en balade au sud. Les vents au sol dépassent rapidement les 40 km/h en rafales ce qui ne laisse présager rien de bon pour la suite des choses. Les voiles à moins d’un demi-kilomètre de nous sont bien visibles et immédiatement ont constate que les pilotes sont en difficulté. Martin c’est positionné en crabe face au vent et tente visiblement de rallier le terrain. Ben lui est ballotté dans tous les sens en tentant de repositionner sa voile face au vent. Bientôt, les deux pilotes perdent de l’altitude. On comprend qu’ils sont commis à un atterrissage de précaution là où ils se trouvent soit à quelques milliers de pieds l’un de l’autre au-dessus d’immenses champs voisins.
Au sol c’est le branle-bas de combat, on s’organise, on saute dans les véhicules et on accourt vers les pilotes en perdition, espérant qu’ils aient pu se poser sans encombre. On a tôt fait de repérer Martin qui a réussi l’atterro sur un terrain propice. Dès notre arrivée à ses côtés, il nous signale avoir vu Benoît être traîné au sol sur une bonne distance après son posé. Après quelques minutes Yves et ses complices le récupèreront enfin lui aussi.
C’est une foule en liesse qui acueillera finalement nos amis au terrain, Martin feignant la douleur et Ben saluant la foule de son seul bras encore valide. Bientôt tout ce beau monde se rassemble pour entendre le récit de nos deux héros. Pour Martin, ça s’est relativement bien passé, oui il a tenté de revenir vers le terrain, mais peine perdue. Quand il a vu son ami Ben se faire trimbaler tel un pantin par ces vents déchaînés, il a pris conscience de la nécessité de bien contrôler sa voile après le posé des pieds, ce qu’il a réussi de belle façon.
Ben pour sa part était plus proche de l’épicentre du phénomène et n’a pu profiter d’une relative accalmie et s’est vu contraint à se poser à reculons, cauchemar de tout pilote. Dans une situation pareille pas grand chose à faire, on a beau essayer de trouver les « B » pour « casser » la voile, tout se déroule très très vite. Dès le contact des pieds avec le sol c’est la propulsion vers l’arrière. Dans son cas c’est à quatre reprises que la voile l’entraînera dans une embardée folle l’emportant à plus de 20 pieds dans les airs et le ramenant violemment au sol. Et à chaque fois, Ben élabore des plans pour tenter de reprendre le contrôle de sa voilure mais en vain, jusqu’au moment où il réussit enfin à se défaire de cette aile rendue folle le laissant à genoux, haletant, attaché à son moteur tordu.
Bien sûr ces récits nous font frémir mais comme le veut la formule consacrée, tout est bien qui finit bien. Ce soir tout le monde se retrouvera près du feu alimenté du bois préparé par Christiane à ressasser ces émotions tout en dégustant les fabuleux vins aromatisés de fruits et de chocolat concoctés par Denise, chantant des airs de notre jeunesse, bercés par la voie chaude de Guylaine.
Dimanche matin le temps est au bilan. L’équipement des rescapés est apporté sur la place pour évaluation des dommages et inspection. Les cordes sont mêlées certes mais les voiles sont en excellent état. Le Miniplane tout neuf de Ben a cependant souffert le martyre. L’hélice bien sûr mais aussi la cage sont en piteux état mais bof, qu’à cela ne tienne, l’important c’est la santé de nos amis, et de ce côté tout baigne.
Les prévisions météos nous promettaient un lundi sous une pluie soutenue toute la journée. C’est pourquoi les préparatifs du départ se sont entamés tôt en avant-midi. C’est durant cette corvée qu’on apprenait les malheurs d’un paramotoriste de la région de Laval. L’inquiétude gagne rapidement le groupe mais une série d’appels téléphoniques nous permettra d’apprendre que le pilote en cause n’est pas un membre de notre Club et mieux encore, qu’il n’a subi aucune blessure sérieuse.
C’est sur cette note positive que chacun a repris la route du bercail en se réjouissant du fait que plusieurs fly-in sont déjà au programme dans les semaines à venir. Souhaitons qu’ils soient aussi réussis, que celui-ci.
Gilbert
13 avril 2008
Hélice « made in Laval »
Pendant quelques années je me suis amusé à construire et faire voler des modèles réduits d’avions de toutes sortes. Cette activité m’a permis d’acquérir une certaine expérience dans la mise au point d’une hélice adaptée à ces différents appareils.
Comme vous le savez, le pas de l’hélice et son diamètre ont des conséquences notables sur le rendement du moteur. Ces caractéristiques déterminent la vitesse de rotation et la charge mécanique qu’on impose au moulin. Ces facteurs influencent grandement la consommation et la longévité du moteur. Autre facteur primordial qui détermine la qualité d’une hélice de modèle réduit est son équilibrage. On voit des moteurs montés sur coussinet virant son hélice à 10 000rpm, 20 000 rpm et parfois plus. En très peu de temps, une hélice le moindrement hors d’équilibre peut provoquer des dégâts considérables au moteur et à l’appareil lui-même.
Par nécessité, j’ai donc appris l’art de l’équilibrage à 360 degrés sur de minuscules hélices hypersensibles au moindre changement de masses. Pour ce faire, on utilise de tous petits appareils de mesure spécialement conçus pour ce travail. Ces balance-hélices sont prévues pour des modèles d’une douzaine de pouce maximum mais quand est venu le temps d’appliquer mes connaissances aux « gigantesques » hélices de paramoteur, je n’ai pas pu résister à l’envie de modifier mon outillage pour l’adapter à cette nouvelle réalité.Je me suis alors retrouvé avec un instrument hypersensible avec lequel je me suis amusé à vérifier les dimensions et l’équilibrage des hélices qui me passaient entre les mains.
En discutant de tout ça avec Yves Lagacé, une idée lui est venue.Lui et son inséparable ami Daniel Deschênes se proposaient déjà de dupliquer quelques hélices pour leur utilité personnelle. Comme selon eux ils ne jouissaient pas de toute l’expérience nécessaire pour la mise au point de leur première réplique, ils me proposaient d’en faire le mesurage et l’équilibrage selon mes propres critères. Ils désiraient aussi me confier les tests de cette hélice pour connaître mes impressions sur ses performances et ainsi avoir un avis indépendant sur leur travail.
C’est avec enthousiasme que j’ai accepté leur proposition et Yves me confiait le prototype il y a quelques semaines. Je dois dire que cette première version d’une hélice 125 cm avec un pas ajusté à 51 pouces par tour arrivait juste à point. Rappelez-vous ma mésaventure relatée dans une chronique précédente traitant de l’épisode « câble à gaz vs hélice ».
Après une prise de mesure initiale avant même son installation sur la machine, la nouvelle hélice ne donna pas les résultats escomptés. Ses dimensions inégales et de ce fait son équilibrage douteux ne permettaient pas le début des tests en vol.
À la défense de nos deux « héliciers en herbe » il faut dire que la mise au point d’une hélice à partir de zéro est une entreprise complexe. Le bois constituant doit être sélectionné avec soin, le laminage puis le taillage initial doivent être faits avec précision et expertise, puis vient l’étape délicate du ponçage. Pour avoir vu cette hélice juste après son taillage je puis vous assurer qu’à ce moment elle a une forme très grossière et beaucoup de matière reste à enlever pour atteindre la forme optimale désirée.Mais les gars sont consciencieux et remettront l’ouvrage sur le métier comme on dit.
Quelques jours plus tard ils me remettent une hélice esthétiquement impeccable agrémentée de peinture couleur cuivrée sur le bord d’attaque rappelant les hélices en bois renforcées de métal du milieu du siècle dernier. Bonne idée ça, de faire un cosmétique attrayant et distinctif sur une hélice. Nos machines étant toutes pareilles ou presque, ce serait une bonne façon de les reconnaître lors des fly-in.
Tout seul chez moi, j’aurai beau essayer de lui trouver des défauts à cette petite nouvelle, mais cette fois jen’y arriverai pas. La longueur, l’équilibrage, la finition et même le « tracking » sont irréprochables. Je monte donc le prototype sur ma machine et enfin le jour des essais arrive.
Je débute par un « run up » au sol pour tenter de détecter un éventuel déséquilibre aérodynamique qui est habituellement causé par des pales affichant un angle d’attaque différent l’un de l’autre. Là encore, aucune vibration n’est perceptible et ce sur toute la plage de puissance du moteur. En statique la poussée semble convaincante mais c’est en vol qu’on en aura le cœur net. Toujours au sol, à plein pot, le compte tours affiche 9 740 t/m ce qui indique que le moteur est à l’aise.C’est donc avec confiance que j’entreprends mon premier vol qui révélera toute la qualité du travail de Daniel et Yves. L’hélice pousse admirablement bien, sans vibrations ni bruit excessif. Le compte tours montrera que même en vol, malgré le vent relatif de 40 km/h qui alimente l’hélice, la vitesse de rotation moteur n’excédera jamais 9 800 t/m. Bonne nouvelle pour le petit 2 temps qui n’apprécie pas particulièrement les sur-régimes.
Après 5 beaux vols et plus de 4 heures en l’air le tout agrémenté de plusieurs touch and go, je me suis rendu compte qu’à la fin j’avais complètement oublié que je volais avec une 51 et non pas une T2.La poussée générée était à peu près comparable.Vraiment une grosse différence avec ma 51 précédente. Mais comme on le sait, la rigidité d’une hélice joue un rôle primordial dans ses performances. Comme Yves me le mentionnait ils ont choisi soigneusement les pièces de bois pour sa fabrication et vraiment les résultats sont probants.
Franchement du beau travail les gars, je suis certain que cette hélice vous donnera satisfaction longtemps. En passant, c’était vraiment cool de faire effectuer ses premiers tours à votre prototype. Si le cœur vous en dit, le jour où j’aurai besoin d’une hélice toute neuve et notre sport étant ce qu’il est ce jour viendra sûrement,j’aimerais bien vous en confier la réalisation.
Gilbert
28 mars 2008
The Powered Paragliding Show, vous connaissez?
Il y a quelques temps j’ai découvert cette ressource utile pour les pilotes désireux d’en savoir toujours plus sur notre sport. Il s’agit d’un site Internet diffusant une émission de radio fort intéressante spécialement axée sur le paramoteur.Et j’ai nommé « The Powered Paragliding Show ». Comme vous le devinez, il s’agit d’une émission diffusée en anglais. Elle estanimé par trois bons hommes très connus dans le domaine du paramoteur aux États Unis.
L’animateur principal est Michel Perdy, pilote de paramoteur et ancien propriétaire du site Internet, World Talk Radio.com . Il fut aussi propriétaire d’un petit hôtel et spa dans la province de Baja au Mexique. Malheureusement, il semble que la rentabilité n’y était pas et qu’il ait dû mettre fin aux opérations de l’entreprise.
Il est secondé par Jeff Goin, dont le curriculum vitæ est impressionnant. Il est pilote de paramoteur depuis nombre d’années et se mesure aux meilleurs lors des différentescompétitions états-uniennes. Il est également pilote de ligne chez Southwest Airlinesoù il fait office de commandant de bord sur Boeing 737. Il cumule les titres de président de la USPPA.org «The United States Powered Paragliding Association », en plus d’être auteur. C’est d’ailleurs à lui que l’on doit ce bouquin fort complet sur la pratique du paramoteur,«The Powered Paraglider Bible ». Le site Internet de Jeff est le : http://www.footflyer.com
Se joint à eux Bob Armond, propriétaire de l’entreprise californienne Paratoys.Bob, un instructeur chevronné, pratique sa profession depuis plus de 15 ans sur tous types d’ULM mais spécialisé sur paramoteur depuis une dizaine d’années. C’est un excellent pédagogue et très bon communicateur et ce même par le truchement de la Toile. Son site Internet: http://www.paratoys.com/
Le Powered Paragliding Show est diffusé depuis avril 2003 et ce à raison d’une heure par semaine. Comme les heures de mise en ligne sont basées sur le fuseau horaire californien, les heures d’écoute ne nous conviennent pas particulièrement bien ici dans l’est du pays. Le beau côté c’est que pratiquement toutes les émissions diffusées depuis juin 2006 sont disponibles en fichiers MP3 sur quelques sites Internets et sont offerts gratuitement pour téléchargement. Les émissions précédentes peuvent aussi être écoutées mais vous devrez demeurer en ligne, la version MP3 de ces fichiers n’étant pas disponible.
Pour les avoir pratiquement toutes écoutées et ré-écoutées, je puis vous assurer que les sujets traités sont pour la plupart des plus intéressants et pertinents.Que ce soit les derniers développements en matière de matériel disponible, moteurs, voiles, vidéos, accessoires, en passant par les activités paramoteur organisées dans divers états américains ou ailleurs dans le monde. Ils y traitent aussi abondamment de sécurité, techniques de pilotage, analyses des différents incidents à se produire dans le domaine et bien plus encore. Et tout ça souvent en s’adjoignant la participation de gens bien branchés du milieu. Lors de mes écoutes j’ai pu faire la connaissance virtuelle de Wayne Mitchler, Phil Russman et Chris Bowles, instructeurs réputés. J’ai aussi pu écouter des interviews passionnantes avec David Sigier, Michelle Daniele sans oublier ceux d’Élisabeth et Éric Dufour.
Par contre, il semble que depuis peu, soit le mois de janvier 2008, aucune autre émission n’a été enregistrée. Malgré ça, il m’apparaît que The Powered Paragliding Show est vraiment une source appréciable de renseignements que je vous invite à consulter régulièrement aux adresses suivantes :
Pour ceux que ça peut intéresser, j’ai déjà plusieurs de ces émissions enregistrées sur CD audio alors si vous le désirez, je pourrais vous les prêter pour effectuer vos propres copies.
Sur ce bonne écoute,
Gilbert
19 mars 2008
La neige, pu capable!
Non mais quand est-ce que ça va finir. Les conditions météo et de terrains qui prévalaient ces dernières semaines ont même empêché la tenue du fly-in prévu chez Denise et Yves Lagacé à St-Anicet. Ça fait ch… non?
Quand même vendredi dernier le temps était propice pour un vol, miracle y neigeait pas.Le problème maintenant c’est de trouver le terrain pour décoller. Avec un vent nord-est j’ai décidé d’essayer la rivière chez Grégoire Bergeron.
Rendu là, à peine dispose-t-on de la place pour stationner l’auto sur le bord de la rue et sortir le matériel. Puis avec le moteur sur le dos et la voile dans les mains, on enjambe le banc de neige qui doit bien faire 6 pieds de haut et on marche péniblement jusqu’à la rivière en suivant la piste de motoneige. Croyez-moi, faut surtout pas mettre le pied à côté car là, c’est l’enfoncement jusqu’aux genoux garanti.
Heureusement qu’un vent de direction plutôt régulier soufflait un bon 10 à 15 km/h car pour placer la voile, j’ai dû faire appel à la participation d’Éole, la neige ne soutenant absolument pas mon poids. Encore chanceux d’avoir apporté l’Everglades 27 m.c. car pas question de courir là-dedans. Cette voile étant ma plus grande elle me permet des décollages à très faible vitesse. Après la levée initiale,j’attendrai encore une bonne minute, la voile se balançant doucement au-dessus de la tête. Par une bonne bourrasque, une fois encore le bon vouloir du vent me permettra de décoller à la plus basse vitesse sol possible.Deux pas suffiront et me voilà enfin dans les airs.
Ma première constatation est que c’est définitivement la dernière fois que je m’envole à partir d’un cours d’eau gelé cette année. La banquise vue d’en haut est peu rassurante. La neige y est épaisse mais un peu partout des trous se sont formés laissant entrevoir l’eau vive sous-jacente. Même le long des berges à plusieurs endroits la couleur de la glace est peut invitante pour prendre une marche en cas de panne moteur.
Je ne m’éloigne pas trop car en altitude le vent est fort et la turbulence de printemps est déjà bien amorcée. Je survole quand même plusieurs édifices dont la toiture est en cours de déneigement. Vu du ciel, pour ces petites équipes d’hommes, la tâche semble titanesque.
Le printemps sera là bientôt mais mes mains gelées me disent qu’on n'y est pas encore. La turbulence m’oblige à garder les mains sur les freins et 35 minutes de vol suffiront à me geler le bout des doigts.Je retourne donc atterrir à mon point de départ en prenant soin de le faire le plus près possible de la rive. Je dois cependant poser les pieds exactement sur la piste de motoneige transversale à ma ligne de vol sinon ça sera l’effet « sable mouvant » et comme je dois faire la manœuvre au moteur, le risque d’y laisser une hélice est éminent.
Mission accomplie, je pose les 2 pieds juste à la bonne place puis demi-tour contrôle.
Le vent est maintenant pas mal plus fort qu’à mon premier décollage, il a aussi tourné au nord-nord-est. Je pousse ma luck un peu plus encore et re-décolle pour un autre circuit. Mais mes mains me font souffrir alors gentiment je reviendrai me poser et cette fois pour de bon.Ce qui met un terme à ce vol plutôt inconfortable mais en ce début de fin de semaine,psychothérapeutique à souhaits.
Ça y est, on entre maintenant dans cette période de l’année où les vols nous sont comptés. Ce mois et quelque où les cours d’eau ne peuvent plus nous supporter et durant lesquels les champs ne sont plus praticables tant qu’ils ne se seront pas asséchés. On peut ce douter que cette année, la période d’attente risque d’être particulièrement longue étant donné la quantité de neige à fondre.
Finalement j’ai pas à me plaindre. J’ai volé quand même assez régulièrement durant la saison froide. Faut dire aussi que j’ai profité d’une « escapade paramoteur » d’un mois au chaud soleil du sud en janvier en plus d’avoir fait plusieurs sorties sur glace en février et en mars. Je sais que d’autres pilotes ont volé le dimanche suivant devant chez Grégoire sur de la neige aplatie par des motoneigistes compréhensifs. Mais pour ma part vendredi dernier, je crois bien avoir fait mon dernier vol d’hiver pour cette année. J’oserais même dire que je l’espère parce que franchement la neige, la glace et le froid, vraiment pu capable!
Gilbert
22 février 2008
Les nouvelles dans le merveilleux monde des fly-in,
J’ai rencontré Tommy Lemire à Grandes-Piles, comme vous le savez maintenant, il est à préparer son fly-in de septembre prochain à Baie-du-Febvre. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est qu’il s’est allié différentes personnes ressources pour divers aspects du projet. Entre autres, il sera secondé par Pafi Production pour l’organisation des spectacles et de la foire pour les enfants, il aura aussi l’aide de personnes bien branchées de notre sport, pour l’élaboration des procédures de sécurité et de l’application de ces procédures durant l’événement.
Il y a plusieurs mois, j’ai également été recruté afin d’assister Tommy à la rédaction des différentes demandes nécessaires auprès des organismes officiels concernés. En effet, le plan de Tommy était de tenir le fly-in conformément aux exigences de Transport Canada en la matière. J’ai immédiatement accepté, entre autres parce que c’était probablement la meilleure façon de tester la faisabilité d’un événement d’envergure, comme celui que nous nous proposions detenir dans la région de Terrebonne. Le « défi Baie-du-Febvre » était quand même moins grand, considérant que le village est plus isolé, étant loin de toute installation aéroportuaire et qu’aucune zone de contrôle aérien n’est à proximité.
Alors nous voilà à se réunir plusieurs fois pour peaufiner le projet et discuter avec les personnes clés de différentes juridictions impliquées comme la municipalité de Baie-du-Febvre, la commission des territoires agricoles et Transport Canada, en passant par la Défense Nationale qui, comme vous le savez peut-être, contrôle un immense terrain au bord du lac St-Pierre. Bien sûr qui dit organismes publics, dit formulaires de demande à n’en plus finir, délais d’analyse des dossiers et bien sûr les frais exigibles. Mais ces détails ne sont certainement pas pour refroidir l’enthousiasme de Tommy, à proposer une rencontre spectaculaire à ses copains pilotes de partout au Québec et d’ailleurs.
Mais malheureusement, ça ne s’arrête pas là. Avec les gens de Transport Canada, malgré leurs réticences à permettre la présentation d’un événement qu’ils considèrent comme un « spectacle aérien » et qui compterait plus d’une centaine d’appareils, nous en étions quand même venus à une formule faisable qui aurait certainement su plaire aux participants. Cependant, ces messieurs de Transport exigent des autorisations de tous les organismes publics concernés ainsi que des propriétaires des terrains utilisés. Alors voici que les choses semblent se dérouler rondement. Pour terminer notre proposition écrite à Transport, il ne nous manquait que l’assentiment de la commission de protection des territoires agricoles et enfin, la réponse parvenait à Tommy, le 18 janvier dernier.
Mais les nouvelles sont mauvaises. Malgré le fait que la municipalité, la protection civile et le propriétaire des terres soient d’accord, la Commission refuse notre demande. Dans leur réponse, ils expliquent que même si, à cette époque de l’année, les récoltes sont terminées sur les terrains visés par la demande, le fait de réunir un grand nombre de véhicules sur ces terres provoquerait des problèmes de compaction des sols nuisibles à leur performance agricole future. Un pavé dans la mare qui ne nous laisse pas beaucoup de latitude car selon ce qu’apprenait Tommy en conversant avec le responsable du dossier au ministère, peut importe où le projet aurait lieu, les véhicules devraient rester à l’écart de terres agricoles.
Vous comprendrez que nous voyons mal comment il serait possible d’inviter des pilotes et le public à un assister à un événement en milieu rural sans qu’il leur soit possible de s’y rendre en voiture ou avec des véhicules récréatifs.
Il devient donc évident que malgré toute la bonne volonté du monde, il nous sera très difficile de satisfaire à toutes les exigences requises par les différents intervenants et par conséquent les plans de Tommy doivent prendre une nouvelle direction.
Tommy nous proposera donc une formule revue qui comprendra quand même tout le faste d’un festival digne de ce nom mais il le fera probablement en deux volets. Il a obtenu, des pouvoirs municipaux, l’autorisation d’utiliser les terrains des loisirs, terrains sur lesquelles ils ont entière juridiction, pour la tenue des spectacles et la venue du public. Par contre, de par leurs dimensions et leur localisation, ces terrains ne sont pas acceptables aux yeux de Transport Canada pour la tenue d’un spectacle aérien. Cependant, ces terrains sont situés au village même et sont à quelques trois kilomètres du site de vol que nous utilisions il y a deux ans à Baie-Du-Febvre. Il semble qu’il soit aussi possible d’atterrir à proximité des dits terrains de loisir, pour les pilotes qui désireraient assister aux différentes activités du festival en s’y rendant sur paramoteur. Tommy a également prévu un système de transport pour rapatrier les appareils au champ où la « rencontre de paramotoristes » aurait lieu.
Bien sûr il reste des détails à peaufiner mais parions que Tommy saura nous en mettre plein la vue car ne l’oublions pas, il a travaillé très fort il y a deux ans pour seconder son paternel dans l'élaboration de la première rencontre de Baie-du-Febvre et ce fut sans conteste un franc succès.
Pour ce qui est de notre projet de fly-in à Terrebonne, je crois qu’il faille se rendre à l’évidence. Après cette expérience avec Tommy, je réalise que les renseignements que m’avaient donnés les organisateurs de plusieurs rencontres de paramoteurs s’avèrent exactes. Il nous serait extrêmement difficile d’organiser un tel festival à proximité de Montréal, collé sur la zone de contrôle aérien la plus achalandée au Québec, en utilisant des terres zonées vertes. C’est pourquoi le projet d’un méga fly-in à Terrebonne doit être mis sur la glace pour le moment. Il semble évident qu’on devra attendre que notre sport prenne encore plus d’importance pour qu’enfin il soit suffisamment représenté et qu’il devienne possible d’organiser un tel événement sur le terrain même d’un aéroport. Ce qui, selon Transport Canada, est impensable à proximité de Montréal (du moins pour le moment).
Soyons patients, notre tour viendra sûrement un jour.
Gilbert
18 février 2008
« Club des poignées pétées »
Voilà, j’ai rejoint un club sélect, celui de des Daniel Deschênes, Roger Grensheeld et de sûrement quelques autres, laissez-moi vous raconter...
On était en groupe à l’île Perrot pour un avant midi de vol au-dessus de cabanes de pêche blanche.J’avais déjà plusieurs vols autour de l’île à mon actif et pour ma dernière balade de la journée, je m’aventurais pour la première fois, de l’autre côté du fleuve gelé, vers Beauharnois. Les conditions de vol étaient exceptionnelles avec des vents de 15 km/h s’engouffrant dans le large chenal, nous permettant plusieurs atterrissages, j’en ai profité pour me mêler aux pêcheurs enthousiastes de notre présence.Encore un petit arrêt pour jaser avec 2 gentilshommes qui ne réussissaient pas à se rendre plus loin vu les conditions de glace et ce malgré leur 4 roues motrices. On parle de vols, on parle de pêche et puis il est temps de repartir alors hop, un petit face à la voile facile et me revoici dans les airs. Mais voilà qu’après quelques secondes, brusquement, un ravage se déroule derrière moi. À ce moment, je réalise instantanément ce qui se passe. Ça y est, moi aussi je viens de réussir l’exploit de foutre mon câble à gaz dans l’hélice du Miniplane.À ce que je sache, ça arrive toujours au moment de lâcher les freins et de baisser les mains pour aller s’asseoir. Comme de raison, à ce moment là, on est pas très haut ce qui nous laisse peu de temps de réaction. Heureusement, je suis à une quarantaine de pieds au-dessus d’une immense baie gelée alors pas de problème. J’ai suffisamment d’altitude pour saisir les freins et compléter l’arrondi d’atterrissage, sans heurt.
Autre luck, même s’il n’est absolument pas possible de repartir, y a pas eu trop de casse. Le câble externe déchiqueté est au sol 50 pieds derrière moi, il ne me reste que la poignée dans la main. L’hélice bien sûr est en morceaux et autour du moyeu, elle est décorée du câble d’acier interne qui, en s’enroulant, a fouetté le filet de protection à 2 endroits l’abîmant somme toutes légèrement. En passant bravo à Diego qui fabrique maintenant des poignées en plastique qui se brisent dans ces conditions, évitant des blessures éventuelles. Demandez-moi pas comment mais ce câble s’est séparé du carbu sans y faire le moindre dommage et le moteur est instantanément tombé au ralenti.
Dans le cas de Daniel Deschênes lui, c’était beaucoup plus problématique. Au moment de l’incident, son moteur s’était emballé et l’hélice endommagée causait des vibrations inquiétantes, sans compter la réduction de poussée assez importante pour ne plus permettre de maintenir l’appareil en vol. Sans kill switch vu les dégâts au câble, il a dû faire son atterrissage moteur à fond, sans contrôle sur sa vitesse de descente, dans un champ de choux voisin du terrain de Laval centre. Vu la raideur de l’atterro, il s’est retrouvé assis sur le sol, craignant une fuite de gaz. Ne pouvant se relever avec cette bête en furie derrière lui, il n’a eu d’autre choix que de se coucher sur le moteur avec tous les dégâts qu cela suppose. Fort de l’expérience de Daniel, expérience à laquelle j’avais moi-même assisté au terrain, j’avais alors installé, sur ma machine, une petite corde de nylon attachée au levier de choke et facilement accessible même avec le moteur sur le dos.
Alors, au moment de ma mésaventure, même s’il ne semblait pas y avoir d’urgence, dès que j’ai été en mesure de le faire, j’ai tiré sur la cordelette pour étouffer le moteur. Le temps de remballer la voile dans son petit sac de secours puis, je me penche pour démonter l’appareil et l’installer dans le véhicule de mes nouveaux amis qui m’offrent un lift jusqu’à chez eux. Mais quelle est donc cette odeur d’essence, mais oui, garde donc, il y a une fuite. En fait, c’est le tube entre le réservoir et le filtre qui a été arraché dans l’avarie. Le moteur se serait donc éteint de lui-même mais je suis quand-même content d’avoir eu à ma disposition, un dispositif d’arrêt d’urgence. Les fuites de gaz au-dessus d’un moteur en marche, bien que le muffler brûlant soit déjà bien assez menaçant, c’est pas nécessairement conseillé… Enfin, le feu a pas pris et tout c’est bien terminé.
Ma fidèle épouse s’est fait un devoir de se taper l’heure de route qui sépare l’île Perrot de Beauharnois en passant par Valleyfield, pour me récupérer alors que je savourais une bière offerte par mes 2 sauveurs.
De retour à la maison, je me suis mis au travail pour réparer les dégâts et tenter de trouver une solution au problème que représente cette possibilité qu’un élément aussi important, soit le contrôle des gaz donc de l’altitude, nous échappe. En parlant du contrôle d’altitude, c’est drôle en écrivant, je réalise que ce jour là, nous étions à l’île Perrot, juste dans l’axe des pistes de Montréal-Trudeau, là où il nous est interdit de voler plus haut que 1300 pieds. Pas vraiment la place pour ne pas bien maîtriser son altitude…
Enfin, tout ça pour dire que maintenant, j’ai l’intention de porter une attention toute particulière à ce problème lors de mes prochains vols. Je cherche également une solution qui pourrait être de modifier légèrement le filet de protection du Miniplane afin d’assurer qu’il serait impossible que le câble se fraye un chemin jusqu’à l’hélice. De plus, s’il arrivait que pour une raison quelle qu’elle soit la poignée des gaz ou le kill switch ne fonctionnait pas correctement, la petite ficelle de choke me permettra toujours de remédier au problème.
Sur ce, les membres du « Club des poignées pétées » et moi-même serons heureux si ces quelques informations vous sont utiles. Volons donc prudemment et n’hésitons surtout pas à faire connaître aussi nos expériences négatives pour qu’on puisse tous ensemble rendre notre sport encore plus sécuritaire.
Gilbert
01 février 2008
Lefesti-volant en paramoteur à Grande-piles
Bon, à la demande générale, et pour votre plus grand plaisir, public en délire, je me remets à l’écriture de cette chronique qui saura, je l’espère, vous combler et vous divertir encore cette année.
Voilà, que c’est reparti. Une nouvelle année de rencontres du Club Les Z’Ailés s’est ouverte par la tenue d’un évènement à Grande-Piles en Mauricie le week-end dernier. Je dis « rencontre du Club Les Z’Ailés » mais en fait, c’est juste parce que Sylvie et Daniel Patry en étaient les organisateurs et que la grande majorité de nos membres s’y sont retrouvés. En réalité, beaucoup d’autres convives s’y sont donnés rendez-vous également. C’est vrai que quand nos 2 G.O. de Gentilly se donnent la peine d’organiser une rencontre, tout le monde s’y précipite.
Encore cette année Sylvie avait réservé un chalet et devinez où, à Hérouxville, ça vous dit quelque chose Hérouxville? Et oui, Hérouxville. De ce fait, comptons-nous chanceux que l’excision ne fasse pas partie de nos rites d’admission pour nos nouveaux membres et que pour cette fois, la lapidation par balles de neige n’était pas au programme pour les pilotes qui manquaient leur décollage. Déjà, qu’on le sait, l’endroit est peu recommandé pour les « femmes voilées » et que le groupe compte plusieurs femme pilotes. Mais qu’à cela ne tienne, que ce soit sous voiles Everglades, Réaction ou tandem, nos consœurs y ont tout de même été accueillies avec enthousiasme.
À Hérouxville, les accommodements, oups c’est à dire les accommodations sont de très bonne qualité. Grâce aux bons soins de nos G.O., pas moins de 35 personnes étaient confortablement logées dans un vaste chalet. Nousétions répartis dans 10 chambres entourant une grande salle à manger, une cuisine toute équipée et 2 grands blocs sanitaires équipés de 8 cabines de douche et d’autant de cabinets de toilette, et tout ce beau monde venait de partout. Soulignons tout d’abord la présence des gens de chez Airpro Paramoteur de St-Apollinaire qui comptait 4 membres de la famille Sigier, soit Danielle et Éric accompagnés de David et de Christophe. Notons également la présence de Jacques et Suzanne de l’école de parapente Voiles 4 Saisons rejoints par quelques-uns de leurs amis. Ils profitaient de cette rencontre pour nous présenter une nouvelle ligne de voiles pour paramoteur.
Bon, qui d’autre du Club était au chalet à part Lyne et Moi? Alain Rocheleau, Ricky et ses filles, Suzanne et Pierre Bédard,Danny etJosée, Chantal et Germain, Daniel Deschênes et Yvon Loyer. On y a aussi jasé avec Tommy Lemire qui est à préparer le méga fly-in de septembre prochain à Baie-du-Febvre. François Leroux, Pierre Lemire, Sylvain Turcot, et Peter Colins étaient là eux aussi, sans oublier la fan incontestée de notre sport Christiane Harvey.
Nos G.O. avaient, comme l’an passé, réservé un camion cube pour le transport des équipements entre le chalet et le site de vol à Grandes-Piles. Le véhicule nous servait aussi d’abri chauffé par une fournaise au propane entre les vols. Dès notre arrivée sur la glace de la rivière St-Maurice samedi matin, on retrouvait avec plaisir Jocelyn Labrecque et son ami Gérald de Laurier Station, qui s’étaient donnés la peine de préparer notre spot de décollage. En fait, une épaisse couche de neige molle recouvrait la glace, mais ces 2 débrouillards avaient prévu le coup, en apportant avec eux rien de moins qu’un 4 roues monté sur chenillettes tractant une bonne grosse bille de bois, le tout faisant office de skidozer.Des gens deQuébec comme Denis Castonguay et son ami Benoît y étaient également, sans oublier Paul et Martine Imbeau venus faire leur petit tour. René et Manon qui eux sont du coin ont aussi fait acte de présence. Plusieurs membres de l’école Air Voiles Moteurs de St-Henri de Lévy, dont bien sûr les propriétaires Raynald Tremblay et Cyril Sancey nous ont également fait honneur de leur présence. Je ne l’ai malheureusement pas rencontré mais il semble que David Reault, qui est à démarrer une nouvelle école y était également. Philippe Rouleau, Jean Pierre Perreault et sa petite famille, Daniel Derry de St-Tite, sans oublier Geneviève et Ben Boucher, flanqués de leur nouveau compagnon Mika, un superbe berger australien je crois, complétaient la délégation. Bon j’oublie certainement quelqu'un et je m’en excuse mais maintenant, place à l’action.
Juste le temps de débarquer notre matériel, on se prépare déjà à prendre l’air tous plus excités les uns que les autres. C’est vrai que depuis le début de l’hiver, on n’a pas été gâté par la météo et qu’enfin on pourra jouir de conditions de vol à faire rêver. Oui le froid est au rendez-vous mais pour des vols de courte durée, ça fera très bien l’affaire. Le vent du nord à quelques km/h sur une neige plutôt molle, rend les décollages ardus mais les balades entre villages et montages des plus plaisantes.
À un certain moment, la radio Fm crépite en annonçant l’arrivée prochaine d’Yves Auclair sur sa toute nouvelle Robinson R22. Yves, un inconditionnel du paramoteur, a pour le moment mis son sport en veilleuse et s’est offert le luxe d’un trip sur hélicoptère. Il est maintenant propriétaire de cette rutilante machine qu’il nous présentait pour la première fois. Toute fois, ça ne l’a pas empêché de profiter d’une balade sous voile sur sa propre machine, un Back Bone 125 qu’il avait confié à Yvon Loyer pour son transport à Grandes-Piles. Faut dire que ce dernier se retrouve orphelin de paramoteur depuis qu’il a vendu son Miniplane et qu’il est en attente de sa nouvelle monture plus puissante, qui devrait lui permettre le vol en tandem avec sa douce Claudia.
La journée s’est continuée dans la bonne humeur, sous l’œil intéressé des festivaliers curieux d’en savoir plus sur notre passion. Plusieurs en ont d’ailleurs profité pour faire leur premier vol en tandem et ainsi connaître les joies du vol à sa plus simple expression.
Le soir venu, presque tout ce beau monde se retrouvait au camp d’Hérouxville. Sachez que quand on met ensemble une belle gang qui vient de passer la journée à profiter des joies du plein-air, à voler à qui mieux mieux, par un temps hivernal idéal, c’est pas trop long que le party prend. Dan et Sylvie avaient prévu un souper à la pizza arrosé de bonnes bouteilles de rouge. Il y avait aussi le succulent gâteau pour souligner l’anniversaire de naissance de Chantal et la musique enlevante qui nous a fait danser et s’amuser.Danny lui, nous proposait quelques jeux rigolos dont celui des « senteux » qui c’est avéré très populaire. En fait, tout y était pour assurer le succès de ce week-end mémorable. Ça a veillé ça s’est amusé et ça finalement été se coucher, car demain nous promettait encore une journée flyée.
Dimanche, le temps couvert et plus humide contribue à rendre, festivaliers et pilotes, plus frileux. Par contre, le matin, un vent de 15 Km/h souffle du nord ce qui minimise la course et rend les décollages beaucoup plus faciles. Plusieurs en profiteront pour faire une multitude de vols dont notre champion national David Sigier. Il se permettra même quelques manœuvres acrobatiques sous la voile empruntée à Germain St-Pierre, une Plasma de Dudek qu’il semble particulièrement apprécier. Yvon Loyer lui réalisera son premier vol en tandem comme pilote sur l’équipement emprunté à sa sœur Suzanne et au beau-frère Pierre. Tout expérimenté qu’il est en la matière, ce dernier fera même office de passager pour le test.
Puis, tranquillement chacun s’est mis aux préparatifs pour le retour à la maison mettant ainsi fin à ces retrouvailles d’amis partageant la même passion.
Alors ça y est, l’année 2008 est déjà bien lancée, nous promettant encore des activités toutes plus invitantes les unes que les autres. Que ce soit le projet de Danny d’une escapade à Québec dans le cadre des fêtes de 400 ième anniversaire et son spectacle aérien ou encore le fly-in de Baie-du-Febvre, en passant par ces invitations qui ne manqueront pas d’arriver au fur et à mesure que les projets se préciseront. Alors profitons-en bien et surtout, volons prudemment
Sur ce, bonne fin d’hiver et au plaisir anticipé de nos prochaines rencontres.
Gilbert
14 octobre 2007
Le festival de la galette de sarrazin.
La dernière rencontre officielle du Club les Z’ailés en cette année 2007, s’est tenue à Louiseville le week-end de l’Action de Grâce, dans le cadre du festival de la galette de sarrazin.
Ça me fait toujours drôle de me retrouver là avec ces pilotes qui sont maintenant mes amis, mais que je ne connaissais pas il y a quatre ans à peine. À cette époque, ces passionnés du vol, je les voyais pour la première fois, paradant sur leur paramoteur, bibitte dont j’ignorais totalement l’existence jusqu’alors, mais qui allait devenir notre trais d’union un an plus tard.
C’est donc là, au festival de la galette que j’ai vu la patente pour la première fois et j’ai été conquis. Étant au courant de mes intentions de pratiquer le sport, une amie m’avait alors mis en contact avec Pierre Bédard, qui justement demeure à 1 Km à peine de mon bureau. C’est rigolo de savoir que c’est lui et sa bande que j’avais vue à la rencontre de Louiseville et, qui plus est, en était l’organisateur.
À notre arrivée sur l’aéroport vendredi, les pilotes d’avions téléguidés était déjà installés à l’autre bout de la piste avec leurs splendides jets à turbine au kérosène, véritables bijoux de réalisme et de vitesse. Louiseville est en fait leur base permanente d’opérations. Ayant moi-même pratiqué cette discipline durant quelques années, j’ai enfourché ma machine volante, pour me rendre à l’autre bout et discuter avec ces vieux amis des procédures de sécurité qui prévaudraient durant la fin de semaine, et qui permettraient la cohabitation de nos activités respectives.
Les arrivées d’équipages se sont succédées à bon rythme jusqu’à tard le soir. Cependant, tous ceux qui avaient la chance d’être là avant le coucher du soleil pouvaient profiter des conditions de vent faible, pour une balade au village, plein à craquer de visiteurs de V.R. et de concessionnaires tous acabits.
Tôt samedi matin, j’ai fait un vol de quelques minutes pour me rendre compte et convaincre tout le monde, que les conditions étaient assez chiantes pour nous garder au sol. Le vent plutôt laminaire au sol, atteignait facilement 45 Km/h à moins de 250 pieds d’altitude. J’avoue avoir été un peu déçu sachant bien que Raynald et Lisette étaient arrivés la veille avec une machine Nomad toute neuve équipée d’un moteur Ross 100 c.c., qu’ils avaient l’intention de mettre à disposition des pilotes qui voudraient bien en faire l’essai.
Pendant justement que nous examinions ses appareils, le proprio de la place, Pierre Ricard, débarquait accompagné de ses meuniers opérateurs d’un kiosque mobile destiné à la préparation de la traditionnelle galette de sarrazin. Ils nous ont gracieusement offert la dégustation, qui fût suivie du partage d’un petit Caribou pas piqué des vers, pour les quelques courageux prêts à trinquer à cette heure encore matinale. En guise de remerciements, un pilote s’est offert pour exécuter des levées de voile et permettre à tout ce beau monde, la prise de photos, initiative qui fût appréciée grandement.
Heureusement que juste avant le départ hâtif de Raynald, les conditions se sont suffisamment améliorées pour permettre la reprise des vols. Benoît Boucher s’est aussitôt offertpour la première prise en main de l’appareil. Après les conseils d’usages, Raynald, flanqué de nous tous, a assisté à son envolée. Quinze bonnes minutes plus tard, il était de retour pour un compte rendu de ses impressions plutôt favorables.
Sur invitation du fabriquant, c’était maintenant à mon tour de prendre place sur l’engin accroché à ma voile Everglades 24 m.c. Je dois dire que c’était la première fois que je pilotais une machine différente de la mienne, l’expérience en fut d’autant plus enrichissante. Malheureusement les essais ont dû prendre fin hâtivement, la pluie commençant sérieusement à mouiller nos voiles, j’ai donc été le dernier à profiter de la générosité des gens de chez Air Voile Moteur.
Les faibles précipitations sporadiques se sont succédées ne nous empêchant heureusement pas de profiter d’une soirée plutôt douce pour cette l’époque de l’année.
Louiseville est une rencontre très courue par nos membres et leurs invités, c’est traditionnellement la dernière de l’année. Elle se veut donc le moment ou tous se revoient avec plaisir, et pour certains, elle est l’occasion de faire des plans pour les prochaines vacances hivernales. De petites caravanes de flyers s’y forment pour prendre la direction du sud. D’autres se donneront rendez-vous dans un chalet en bord de lac gelé des Laurentides, pour un week-end de vol entre amis.Les vents soutenus du début de journée le dimanche, se prêtaient particulièrement bien à cet exercice. Quelques alliances se sont formées pour l’hiver à venir, mais pour la journée en cours également.
Le festival même est lui aussi très populaire auprès du public en général et la foule y est toujours nombreuse. L’aéroport où nous nous rencontrons, est à moins de 2 Km du village, ce qui nous permet de nous y rendre sans même emprunter les véhicules, évitant ainsi les embouteillages. Nous en avons profité à plein.
Un petit sentier découvert l’an dernier lors d’un vol de Guy Benoît à proximité du fleuve, a fait également l’objet d’une excursion terrestre. Elle était conduite par Benoît Boucher et plusieurs participants s’y sont joints.
Malgré ce vent vif et un plafond bas, l’un d’entre nous demeuré sur place, a quand-même put profiter des joies d’être en l’air. Grâce à la générosité d’un pilote local de pendulaire, Guy, qui s’intéresse tout particulièrement à cette activité, ne s’est pas fait prier pour une balade en tandem. La randonnée fût courte mais enivrante à souhait selon ses dires, et ça ne semble pas être l’envie qui manque pour…
Pour l’après-midi, Lyne nous avait organisé un petit jeu. Il s’agissait de faire l'association entre des toutous en peluche qu’elle s’était procurés, et les pilotes du Club, dont la plupart était présents. En se basant sur, soit le caractère, soit les habitudes ou encore le comportement, les gens devaient inscrire sur papier leurs choix d’associations entre les pilotes et pas moins de 25 mascottes. Ces figurinespourraient ensuite être fixées à leur sac de voile respectif pour les distinguer les uns des autres. L’exercice a donné lieu à toute une rigolade, surtout quand on sait qu’Yvon Loyer a cru se reconnaître lui-même en la figurine de « Super Man », alors qu’en fait dans l’esprit de Lyne, il était représenté par une peluche caniche noir, jumeau de celui de Suzanne. Richy en E.T., les amis Yves et Daniel en Fred Caillou et Arthur Laroche, Pierre en Astérix et j’en passe. Chantal y retrouva même cette identité de Tweetie Bird, que je lui avais soutiré sans le savoir.
On en était définitivement à faire des tests de nouveau matériel ce week-end. En fin d’après midi, les vols ont repris mais cette fois sans moi, ma machine ayant été affligée d’un bris de silencieux. Pour Germain St-Pierre cependant, ce fût l’occasion de parfaire sa connaissance des 2 voiles que lui avait gracieusement confié les gens de chez AirPro Paramoteur. Il s’agit de la Kailash, nouvelle voile de chez Nervures, ainsi que de la Plasma de chez Dudek. Cette dernière est une voile à profil Réflexe, qui semble l’avoir envoûté.
En passant, toute notre gratitude à ces deux fournisseurs, AirPro Paramoteur et Air Voile Moteur, pour l'occasion qu’ils nous donnent de faire des essais sur les nouveautés disponibles dans le domaine. Merci de votre confiance.
En fin de journée, alors que tous les pilotes des paramoteurs valides étaient aux préparatifs de décollage, quatre appareils ultra léger trois axes ont pris leur envol à la queue leu leu devant nous.
Les activités se sont poursuivies et à un certain moment, c’est Virgil Luca, les tandems de Pierre et Suzanne, ainsi que celui de Martin et Guylaine, Yvon Loyer, Chantal Chénard et Germain St-Pierre, les compères Daniel Deschêne et Yves Lagacé, Ricky ,qui plaçaient simultanément leur voile en bord de piste pour des décollages en rafale, haut en couleurs.
Mais quelle ne fût pas notre surprise, nous autres, demeurés au sol, de voir les avions de retour avec à leur bord Pierre Lemire, pilote bien connu, organisateur de la superbe rencontre de paramoteurs de Baie-Dufebvre 2006. Les gars du coin le connaissent bien et quand ils ont constaté notre présence sur les lieux, ils se sont empressés d’aller le ramasser, chez lui, de l’autre côté du Lac St-Pierre, et de nous le ramener pour une soirée au feu.
Cette veillée a encore donné à Lyne, l’occasion de préparer une petite fête. Cette fois, on soulignait le 30 ième anniversaire de Geneviève la marmotte.
Lundi matin tristounet, Benoît Bergeron vole quand même tôt. Une bruine légère humecte l’air et les vents sont calmes.Plusieurs préparent déjà leur retour à la maison mais d’autres,comme nos équipages de tandem, prennent place sur la piste d’asphalte. Après deux tentatives manquées, Martin et Guylaine ont fait place à Pierre et Suzanne en s’accordant une petite pause. Guylaine en profitera pour observer attentivement la technique de Suzanne, qui compte maintenant plus de 40 vols dans la sellette avant.
L’exercice est concluant. À leur prochaine tentative, Guylaine et Martin s’envoleront enfin pour une balade de ¾ d’heure vers les nuages. Ils les atteindront aisément sous leur voile Alpamayo de Nervures, poussée par le puissant Back Bone Ross 125 tout neuf.
Suzanne et Pierre aussi se sont payés les nuages ce matin là. Mais eux, ce fut encore plus haut. Non satisfaits de grimper entre les cumulus bas et la couche de strato-cumulus débutant à 4000 pieds, ils continueront à grimper et atteindront le sommet de cette dernière à plus de 5000 pieds d’altitude. Ils en ont d’ailleurs rapporté des images splendides.
L’aéroport s’est tranquillement vidé de ses visiteurs qui se promettaient bien d’autres rencontres amicales. Ceci mettait alors fin à une année fort chargée de voyages et de fly-in appréciés de tous. Merci aux pilotes et à leurs accompagnateurs de votre présence.
Je veux également remercier tous les gens qui ont pris part à l’organisation d’événement comme celui-ci, en passant par les soirées de danse, les rencontres aux resto sympa et les veillées à la cabane à sucre. Un gros merci à vous également les amis, qui vous êtes intéressés à cette chronique. J’ai eu beaucoup de plaisir à l’écrire et m’y remettrai sûrement l’an prochain.
Sur ce bon hiver, bon vent et bons vols.
Gilbert
06 septembre 2007
Le Lac St-Jean et ses Bleuets Volants nous accueillent.
La fin de semaine de la fête du Travail était le moment tout désigné pour une virée au pays des Bleuets Volants. En fait, c’était une rencontre amicale, mise en branle par nos Geneviève « au carré », à la dernière minute faut-il le dire. C’est certainement ce qui les empêcha de faire des invitations plus larges mais au Lac, le mot s’est passé très très vite et plusieurs pilotes du coin nous ont honoré de leur présence.
De notre côté, c’est à tâtons qu’après 5 heures de route, vers 21 heures, nous trouvions le champ glaiseux que la pluie du vendredi avait laissé à l’état de savonnette. Je m’y suis tout de même imprudemment aventuré. Ce qui devait arriver arriva, le motorisé s’y est enlisé. Pour ne pas aggraver les choses, c’est à quelques dizaines de pieds de la route où nous nous apprêtions à passer la nuit Lyne et moi.
Sur l’entrefaite, Ben et Ben, accompagnés de leur Geneviève respective, arrivaient d’une sortie en ville à la brasserie de Mario Tremblay. Il faisait déjà nuit noire mais je n’ai eu aucune difficulté à imaginer la face rieuse de Ben Boucher quand je lui ai fait part de nos intentions. N’écoutant que son sens de l’entraide, il nous a tout simplement souhaité bonne nuit et s’en est allé vers le fond du terrain avec son pick up 4 roues motrices, traînant derrière lui son rire espiègle, n’en pouvant plus de se retenir.
Les irréductibles voyageurs Germain et Chantal sont arrivés dans la nuit mais n’ont eu, eux, aucune difficulté à trouver l’endroit ayant un motorisé tout blanc comme point de repère. Heureusement que nous n’entravions pas complètement l’accès au champ, ils ont pu rejoindre le groupe au milieu du terrain, endroit pas mal plus tranquille pour passer la nuit.
Fidèle à son habitude, Benoît Bergeron a ouvert le bal des vols samedi matin, sous l’œil attentif d’un Rémy à l’affût de ses moindres fais et gestes. Le vent vif n’empêchait absolument pas le vol et j’ai tôt fait d’imiter Ben vers les 7 :30 h pour une balade le long du Lac St-Jean. À cette heure, la plage était déserte bien entendu. Ben y a donc fait escale pour se réchauffer les mains.Durant ce temps j’étais en contact radio avec les autres pilotes encore au champ, leur conseillant le port de vêtements chauds pour qu’ils profitent au maximum des conditions confortables mais fraîches du moment.
Au retour au terrain,Ben Boucher avait déjà pris l’air tandis que Chantal et Germain terminaient leur mise en place pour un vol de reconnaissance des environs de St-Gédéon.
La journée s’est poursuivie sous le signe des retrouvailles. Nous avions déjà rencontré Louise et Rémy l’an passé ici même alors qu’ils débutaient leur formation avec Airpro Paramoteur et encore sur notre route, lors de notre périple cross country Richelieu-Rimouski. On a de nouveau pu apprécier leur implication et leur détermination à la pratique du paramoteur.
Tout comme eux, durant le week-end, plusieurs couples du Saguenay-Lac-St-Jean exprimaient leur souhait de s’équiper de véhicules récréatifs pour mieux profiter des occasions de rencontres organisées par nos confrères paramotoristes partout au Québec, bonne nouvelle…
Le milieu de journée venteux et ensoleillé du samedi a permis l’assèchement du terrain. Après une épluchette de blé d’Inde, gracieuseté de monsieur Gérald Truchon, propriétaire du terrain, les vols ont repris vers 17 :00h. Plusieurs pilotes se sont dirigés vers les plages où s’étaient rendues en voiture, Lyne et Geneviève pour la traditionnelle prise de photos et vidéos. Je n’ai pu me joindre au groupe ayant été victime d’une panne moteur quelques minutes auparavant. Après vérifications, sans avoir découvert la source du problème, je reprenais l’air pour un vol à proximité du terrain, sans encombre heureusement.
Les yeux pleins de belles images, chacun était de retour au camp, au moment même où le soleil disparaissait derrière l’horizon, pour la veillée au feu.
En ce dimanche matin, Benoît Bergeron accompagné de Rémy nous réveillent au son de leurs moteurs. Le temps est couvert et le vent léger, malgré les pronostics. Presque tous les imiteront et prendront l’air avant que le vent ne nous cloue définitivement au sol en milieu de matinée, et ce pour le reste du week-end. On a cependant eu le temps de faire des jeux de ballon et d’atterrissages de précision avant d’assister à l’arrivée de Richard, Roland et André, qui eux avaient pris leur envol à Jonquière le matin, direction St-Gédéon, escortés de leur équipe au sol.
Du vent, beaucoup de vent, aucune chance d’y retourner mais l’occasion de belles rencontres et discussions intéressantes. On se regroupe autour du motorisé de Rémy pour des tests de poussée sur un dynamomètre de sa conception. Il est plein de talent ce Rémy, il bricole toutes sortes de bidules tous plus ingénieux les uns que les autres. Il a même installé sur sa machine, un mini générateur de courant 12 volts, entraîné par le moteur Top 80. Ce système fournira le courant à ses gants chauffants cet hiver, avis aux intéressés…
Quand on consulte le carte aéronautique de la région, on se rend compte que les Bleuets Volants ont tout intérêt à s’équiper de radios aviation. Leurs terrains de jeux aériens sont entourés de zones de contrôles, dont une des plus importantes au Québec, Bagotville. Il s’agit bien sûr d’un aéroport militaire donc comportant une vaste zone contrôlée. Les pilotes paramotoristes peuvent y pénétrer à condition d’être en liaison radio avec les contrôleurs de la tour. Un des pilotes locaux, Michel Ricard, me racontait même l’anecdote suivante : Il était en vol dans la région de La Baie pour assister à une parade de bateaux. À en certain moment, un pilote d’hydravion s’annonce pour un vol local et est informé par le contrôleur de la présence d’un paramoteur dans la région. Le pilote demande alors à ce dernier, « Mais qu’est-ce qu’il fait là celui là? » Le contrôleur s’empresse alors de lui répondre « La même chose que vous monsieur, il regarde passer la parade ».
Tout ça pour dire que la présence de paramoteurs dans les zones de contrôle n’est absolument pas interdite, bien au contraire. Ce qui est important, c’est d’être en contact avec l’organisme de contrôle afin d’assurer notre propre sécurité et celle des aviateurs, donc profitons-en bien. Durant le week-end, une clinique de tests de radios aviation a d’ailleurs eu lieu pour les pilotes, lors de laquelle Benoît Bergeron nous mentionnait qu’il serait sûrement possible l’an prochain, d’assister à une visite de la tour de contrôle de Bagotville. On est très intéressé Ben, on attend l’invitation officielle…
Mario Fortin, pilote bien connu de la région est également venu faire son petit tour en journée, c’est d’ailleurs avec un plaisir renouvelé que je le salue ici.
De belles rencontres, des pilotes tous plus colorés et passionnés les uns que les autres, des paysages à couper le souffle, voilà ce qui vous attend le jour où vous partez pour une virée au pays des Bleuets Volants. Merci à vous, gens du pays, pour votre hospitalité et votre joie de vivre.
Gilbert
31 août 2007
Drôle d’histoire…
L’histoire que vous allez lire est vraie, seul les noms ont été changés pour protéger la réputation d’innocents.
Un de nos collègues pilote, dont je tairai le nom ici, a vécu une aventure plutôt inusitée ces derniers jours.
Lundi soir dernier, nous étions un groupe en vol vers St-Lin. C’était un de ces soirs merveilleux pour une balade mais à notre retour, nous avons entendu l’appel radio d’un des nôtres, nous indiquant qu’il était victime d’une panne moteur. Immédiatement la procédure habituelle s’est mise en branle pour assurer la récupération du pilote concerné. Des appels radios ont été relayés par des pilotes en vol jusqu’à « Mère l’oie », qui était demeurée au terrain de Laval Centre, et ainsi la guider vers le pilote en détresse, à bord de la « Barouette » de ce dernier.
De mon côté, lors de l’appel initial du naufragé, j’étais avec « Atomas » à la verticale du village de La Plaine. Nous étions donc sur la bonne route pour assister le malheureux, qui gisait sur l'un des champs des gazonnières «Hautstien ». C’est d’ailleurs sans difficulté que nous l’avons repéré.« Atomas » a continué sa route vers le bercail tandis que je décidais d’atterrir pour porter assistance.
À mon arrivée auprès de lui, tout de suite nous commençons à investiguer le problème et croyez-moi, les apparences sont étranges. Le filet de protection du Back Bone flambant neuf de notre ami, est endommagé mais en son milieu, et ce sans que les clips et attachements ne soient défaits ou brisés. De plus le rescapé me fait subtilement remarquer la présence d’une substance rougeâtre sur l’hélice, qui est elle-même aussi endommagée. Alors quoi, serait-ce le sang d’un oiseau qui aurait percuté le filet et qui l’aurait entraîné vers l’hélice? Mystère!
Toujours est-il qu’à la suite de cette analyse et de ce début d’explication, sans attendre, le pilote concerné me demande si j’ai l’intention d’écrire sur cet incident dans ma prochaine chronique.Voilà vous l’avouerez de quoi éveiller les soupçons. D’autant plus qu’après avoir été récupérés tous deux par « Mère l’oie », à notre retour au terrain et après analyse plus approfondie, voici que plusieurs pilotes présents réfutent l’idée qu’il s’agisse bien de sang, cette matière suspecte sur l’hélice.
Alors que s’est-il vraiment passé? Le pilote en question aurait-il provoqué lui-même cet incident uniquement pour attirer l’attention et ainsi profiter d’une soudaine notoriété? Où alors le filet s’est-il emberlificoté tout seul comme ça dans l’hélice?
On apprendra par la suite que ce même pilote a soit-disant « échappé » son GPS lors de son décollage le même soir et qu’il a percuté l’hélice. Mais pour corroborer ça, là au moins, on a des témoins. Les deux éléments seraient-ils reliés? Le GPS dans l’hélice serait-il une première tentative manquée d’un homme en manque de célébrité? Ou s’agit-il du coup du hasard s’acharnant sur un « pauvre bougre » à qui tous les malheurs arrivent?
Imaginez, chacun de ses vols avec cette nouvelle machine s’est terminé par un atterrissage forcé. Et avant ça? L’hélice complète avec tout son système de fixation, perdue en plein vol il y a quelques semaines, c’était ENCORE lui…
Non vraiment, après mûre réflexion, le pilote n’ayant pu fournir d’explications cohérentes de sa mésaventure, ne bénéficiera certainement pas de publicité sur ce site web. À moins bien sûr qu’il ne fournisse des éclaircissements sur la façon exacte dont les choses se sont réellement passées et que ses explications soient plausibles bien entendu.
Alors Monsieur, j’attends vos commentaires, et ce bientôt j’espère.
« Gilb-Air »
10 août 2007
X Country Richelieu-Rimouski 2007
Quelques amis et moi-même, nous sommes tapés un trip qu’on n’oubliera pas de sitôt. En fait l’idée originale nous est venue de Pascal Breth, un ami français de Chantal et Germain St-Pierre, qui communiquait avec eux l’hiver dernier, leur faisant part de son intention de venir au Québec au moment de la grande rencontre de paramoteur de Rimouski. Son projet était de faire le voyage de St-Apollinaire à Rimouski, en tandem avec tantôt une de ses filles tantôt son épouse, le reste de sa famille suivant en véhiculerécréatif au sol. Sans surprise, Germain et Chantal furent enthousiasmés par la perspective d’une telle randonnée. En jasant au téléphone un soir, Germain me fait part de leur projet et m’invite à me joindre à eux. L’idée est séduisante. Mais ne serait-il pas mieux encore de partir de notre terrain, et du même souffle réaliser le vol Laval, St-Apollinaire déjà tenté par quelques-uns de nos copains il y a 2 ans.
Oui bien sûr mais certains obstacles se dressaient déjà devant nous. Le plus délicat étant celui de confier nos VR à un(e) accompagnateur(trice) pour que tous puissions faire le trajet en vol. Après tout, Lyne n’a jamais conduit notre motorisé, surtout pas sur de telles distances. Chantal et Germain quant à eux, aimeraient bien tous deux faire le voyage portés par le vent. Alors qu’à cela ne tienne, Germain convaincra son père de nous rejoindre au point de départ pour y prendre en charge le pick-up et la fifth wheel, de son côté Lyne apprendra à conduire le bahut, pour les besoins de la cause.
L’idée fait son chemin, on en parle autour de nous lors de rencontres avec nos confrères pilotes. Plusieurs voudraient bien être du périple, mais les conditions fixées sont strictes. Ceux qui veulent participer devront être disponibles toute la semaine précédant Rimouski. Après tout, ce n’est pas un rallye que nous comptons faire, mais bien une vacance, assaisonnée de balades unidirectionnelles vers l’objectif final. Les intéressés seront aussi complètement autonomes avec leur propre équipe au sol. Ils devront être en mesure de voler à une vitesse propre de 40 km/h minimum et embarquer du fuel pour 2 :30 h à cette vitesse.Idéalement ils doivent disposer de 2 radios à notre fréquence FM pour la coordination des véhicules terrestres et aériens.
Un seul autre équipage sera finalement en mesure de satisfaire aux exigences, il s’agit de Christiane et Guy Benoît. Elle est déjà très à l’aise derrière le volant de son campeur et lui rêve de ce genre de trip depuis longtemps. Rappelons-nous qu’ils étaient de la première tentative Montréal St-Apo. C’est d’ailleurs le bris de son équipement qui força le groupe à s’arrêter ce qui mis fin à leur tentative.
Dimanche le 22 juillet, le jour « J » arrive enfin et déjà les plans sont quelque peu modifiés. Tout d’abord, la mésaventure de Chantal à Valleyfield a laissé des traces. Elle s’était foulé une cheville sur un attéro difficile. Elle ne se sent pas encore d’attaque pour entreprendre un voyage qui sera, elle le sait bien, exigeant sur le train d’atterrissage. D’autant plus qu’elle n’a pas encore repris ses activités de pilotage depuis l’accident. C’est donc elle qui aura la responsabilité de conduire le VR. Elle assumera également la fonction de chef de file pour la deuxième partie de l’itinéraire, connaissant bien le Bas St-Laurent, son coin d’origine.
Le lieu de départ aussi a été revu. Pour donner plus de panache au projet, on décollera du petit aéroport de Richelieu, on fera des escales sur des terrains non aménagés et pittoresques, on transitera par l’aéroport de St-Jean-Chrysostome afin de se ravitailler en « avgaz » pour ma machine, et le trajet prendra fin sur un aéroport contrôlé, celui de Rimouski. De cette façon nous espérons mettre en évidence toutes les possibilités qu’offre le paramoteur aux pilotes de toutes allégeances.
On se réveille le dimanche matin à 5 :30h au son de l’engin de René Léveillé. Il a décidé de faire un bout de chemin avec nous, mais au sol. Sa cousine Carole l’accompagne. Pour lui, il n’est cependant pas question d’entreprendre un si long voyage par les airs, de toutes façons le temps manquerait, ils ont d’autres engagements. Tous deux s’avéreront des compagnons de voyage forts agréables mais surtout, tout à fait utiles et ce commençant dans les minutes qui suivront. À 7 :00h, tous bien réveillés, de bonne humeur, on commence notre mise en place après une séance de photos. Sur la piste de fins gravillons, Guy installe sa voile pour éviter de la mouiller, de toute façon l’endroit est désert et le vent, dans l’axe de piste. Germain s’installe devant lui et moi encore plus en avant. En fait j’ai une bonne raison de me placer le plus loin possible de nos équipes au sol. J’ai une surprise pour mes copains pilotes et je ne veux surtout pas que quelqu’un le remarque.En théorie je serai le plus lent du groupe mais en pratique, sûrement pas. J’ai reçu ma nouvelle voile Everglades 24 mètres carrés aux couleurs identiques à ma 27, et il n’y a que Lyne qu’il le sache. Je me prépare à leur faire une petite surprise, soit une démonstration de vitesse au moment opportun…
Mon décollage fut facile malgré le vent léger et une course plus longue qu’à l’habitude. Je m’éloigne après un circuit à gauche obligatoire sur l’aéroport. Je mets déjà le cap à l’est en montée pour vérifier s’il n’y a pas moyen de trouver un vent favorable. Pendant ce temps, Germain manque son décollage, le moteur lui ayant refusé la poussée nécessaire. Guy, qui est prêt au départ, lui demande le passage par radio ce à quoi Germain consent bien entendu. Pour Guy aussi, la levée de voile est impeccable. Moi, je suis déjà à 1,200 pieds et la vitesse baisse proportionnellement à la prise d’altitude. Comme prévu, le vent aura une composante de l’est, le plus payant sera donc de voler le plus bas possible. Les conditions sont par compte impeccables et je sais que Germain n’aura pas trop à faire pour nous rejoindre s’il détrime son aile. Mais à sa deuxième tentative, la machine toussote de plus belle, c’est du moins le rapport qu’on reçoit par radio.
Déjà une décision s’impose avant que Guy et moi soyons trop loin pour commander le départ de nos Gazelles par radio. Oui les Gazelles, c’est le nom qu’elles se sont donné pendant la prises de photo de ce matin. C’est bien sûr un clin d’œil à ces femmes qui se tapentdes rallyes entre villes et déserts sur les vieux continents. Pour nous par contre, elles deviendront vite nos Gaz-Elles, car entre autres fonctions, elles charrient l’gaz elles…
Le topo était cependant décidé d’avance. Si l’un d’entre nous a des difficultés, on s’assure qu’il est en bonne santé, que sa Gaz-Elle est à ses côtés, et on continue le voyage. L’objectif après tout c’est qu’au moins un d’entre nous fasse le trajet complet par les airs.Les gens au sol nous donnent le OK et le cœur déchiré, on garde notre cap pour rejoindre St-Hyacinte.Lyne précédée de Christiane, la plus expérimentée, prennent la route à notre suite. C’est d’ailleurs cette dernière qui assumera les fonctions de chef de file pour toute la première phase.
À 300 pieds, ça avance bien, je retiens cependant ma voile en m’accrochant aux « D » pour ne pas que Guy remarque ma vitesse mais comme de raison, la question est posée. « Gilbert, t’es-tu détrimé? » « Oui heu de moitié environ ». Ça semble être logique car Guy ajuste son aile et nos vitesses s’égalisent. À l’est de la ville, on rejoint l’autoroute 20 mais on est encore beaucoup en avant de nos accompagnatrices. On vole jusqu’à 9 :15 h et juste après le contact visuel de nos Gaz-Elles, un petit problème de ressort d’embrayage me ramène au sol sur un terrain propice au stationnement des véhicules.
Au sol, les nouvelles téléphoniques sont bonnes, Germain a trouvé le problème et avec l’aide de René, ils sont encore à réparer. Il décollera finalement à 11 :00h. Nous on restera ici, les ascendances thermiques commencent à se faire sentir. Le vent ayant collaboré, à midi trente tout le monde est réuni ici, à 30 km à l’ouest de Drummondville et Germain raconte : « Après avoir trouvé des gouttelettes d’eau dans le carburateur, après avoir refait une tentative de décollage pas plus fructueuse, René m’a tout bonnement demandé « C’est quoi ça Hermain la ligne de séparation dans le fond d’ ta tank » J’avais 1 pouce et demi d’eau dans le fond du réservoir, 1 pouce ½, et c’est du gaz que j’avais acheté dans une belle grosse station d’essence flambant neuve, du 94 d’octane en plus ». Après avoir purgé tout ça, il a finalement fait son vol dans des conditions plutôt fortes, nous convainquant facilement de rester au sol jusqu’en fin d’après midi.
À 17 :00h, avec 140 km à parcourir avant St-Apollinaire, on reprend le vol par vent léger et turbulences modérées. Mon vol est court car je dois faire un atterrissage de précaution, un des mousquetons est de travers et l’élévateur est accroché par la boucle de fermeture. Rien de bien méchant mais surtout pas de chances à prendre, les autres continuent, je les rejoindrai bien en temps voulu.
La traversée de Drummondville nous a secoués à souhait, il est 17 :40h mais la ville laisse encore échapper des ascendances agressives qui nous ballottent violemment malgré nos 1200 pieds d’altitude. Je connais encore très peu ma voile mais je découvre vite qu’elle s’avère facile à garder au-dessus de la tête. Oui, une voile sous-dimensionnée c’est plus sec en turbulences mais réagit très promptement aux commandes.
À l’est, ce sont les bassins de décantation et la rivière qui nous attendent. Les conditions s’améliorent grandement et surtout, en prenant de l’altitude, la vitesse augmente. Enfin les vents du sud-ouest prévus commencent timidement à se faire sentir. Pour Germain, ce sera pourtant un peu tard pour rallier St-Apo sur un seul plein de 9 litres. On arrêtera alors la caravane sur la route 165 au sud-est de la 20 pour un splash and go qui, je l’espère, nous permettra d’être à St-Apollinaire avant le coucher du soleil.
Vingt minutes pour gazer trois machines en passant pardessus les fossés avec les bidons. Sauter dans nos VR respectifs pour les tourner de bord afin de faciliter la manœuvre de re-départ des Gaz-Elles, faire nos mises en place, décoller et reprendre notre cap nord-est. Pas besoin de dire qu’on a chaud. Dès notre altitude de croisière atteinte, je refais une navigation au GPS qui m’apprend qu’à notre vitesse sol actuelle de 50 à 54 Km/h,l’heure d’arrivée estimée est de 20 :34h, je vérifie également que le coucher du soleil aura lieu à 20 :33h. Me voilà rassuré car je n’ai pas l’intention d’atterrir par luminosité réduite, mes facultés oculaires ne me le permettant pas, surtout avec une voile qui rentre à 42 Km/h par vent nul.
Sous nous, du bois parsemé de quelques possibilités d’attéro, la petite rivière Becancourt qui longe l’autoroute en serpentant et puis, encore du bois. On est bercé par les conversations radio de nos « escortes » qui échangent des infos sur leur position relative à la nôtre. Le paysage est dull mais c’est la ligne la plus rapide. Les Gaz-Elles guidées par Christiane, sont toujours derrière nous. Enfin se profile Laurier Station pendant qu’une communication radio s’établit entre René et Germain. René avait décidé de prendre de l’avance, confiant de nous voir arriver au champ de Sigier le soir même. Il était en vol à ce moment et dès son attéro complétée, il a informé les gens sur place de notre arrivée imminente.
À cet instant, qui n’entendons-nous pas prendre la parole sur notre fréquence, Pascal Breth qui salue Germain en nous indiquant qu’ils nous ont maintenant en visuel. Il nous informe aussi que Carole est en tandem avec Luc, un instructeur français. Trois jours plus tôt, cette courageuse fille n’avait seulement jamais vu une de ces machines, la voilà maintenant qui assiste à ce cross au premières loges. Elle va jusqu’à saluer l’atteinte de notre premier objectif vu des airs. Vraiment une expérience qu’elle dit ne pas être prête d’oublier. Je suis le premier à me présenter au-dessus du terrain en rentrant le ¼ de trim que j’ai utilisé pour le dernier droit, la consommation n’étant plus le facteur du moment. C’est l’heure d’arrivée que je devais absolument respecter. L’atterrissage s’est, comme de fait, déroulé par mouvement nul d’une masse d’air humide et chaude mais sans heurtheureusement.
Un comité d’accueil chaleureux attendait tout le monde, équipages terrestres et aériens. C’est ce moment que je choisirai pour tirer la pipe aux copains, en constatant la consommation importante de Germain dans le dernier droit. Après le dernier ravitaillement, j’ai décollé le deuxième. J’ai relâché¼ des trims et pris mon cap immédiatement derrière Guy. En me voyant aller, il a aussitôt détrimé complètement pour ajuster sa vitesse à la mienne. Germain a pris son envol deux minutes plus tard avec en tête, la consigne de garder la voile trimée quand on a le vent de dos. Il a cependant tôt fait de constater que s’il voulait suivre, il n’avait pas le choix, il devait ouvrir la machine, ce qu’il fit. Il en a couru un bonne shot le Germain. Au sol plus tard il nous dira « J’me demandais aussi!!! Veux-tu bien me dire ce qui se passe avec ces deux voiles là » Imagine Germain si j’avais détrimé ça à fond…
Après une soirée de placotage et un dodo bien mérité, Les activités on repris le lendemain matin mais plus tard que prévu, Pascal nous ayant appris qu’il ne disposait plus de sa propre équipe au sol. Il a tenté d’en constituer une de dernière minute mais en vain. Après discussions, il fut convenu qu’il tenterait un départ le mercredi suivant et que nous reprendrions l’air dès aujourd’hui.
En ce lundi matin le temps beau et chaud, le vent calme, tout était au rendez-vous. Notre seule interrogation, la stabilité qui risquait de faire défaut vu l’heure avancée soit 10 :40h. Les signes étaient par compte encourageants, cumulus larges et plats, brume sèche apparente et direction du vent au sol relativement stable. L’étape suivante étant de faire escale à l’aéroport de St-Jean Chrysostome pour ravitailler en avgaz, il fut alors convenu que je décolle le premier. Je devais faire gaffe de ne pas pénétrer dans la zone d’approche de l’aéroport de Québec, et ne pas dépasser le plafond de 1,300 pieds réglementaire dans la région avoisinante. Le moment venu, je devais effectuer un changement de radio pour être en mesure d’annoncer nos intentions au trafic de l’aéroport de transit, mes copains sur les talons, exécutant exactement le même trajet que moi. Le vol fut agréable, les conditions géniales dans les circonstances et l’approche directement en base gauche, nous a amené à nous poser sur la cible des parachutistes entourée de curieux. Pour ces gens, la surprise fut totale quand 15 minutes plus tard, nos Gaz-Elles se présentaient à la queue leu leu avec leurs mastodontes, en les manœuvrant adroitement pour les replacer sur cette route étroite en direction de la sortie. L’avion le plus léger qui soit, escorté du véhicule privé pratiquement le plus lourd dont on puisse disposer, quel contraste.
Encore une fois, consultation des trois pilotes car pour prendre la décision de décoller, tous doivent être d’accord. Les Gaz-Elles aussi ont leur mot à dire quant à leur disposition au départ et nous donnent le feu vert. Le consensus est atteint, il est décidé de reprendre le vol vers le fleuve malgré des conditions éminemment changées quant à la turbulence. Un rapport météo du pilote de monomoteur largeur de parachutistes, nous informe que les vents sont du sud-ouest à 8 nœuds,soit environ 15 Km/h jusqu’à 10,000 pieds. Il n’y aura donc que les thermiques à gérer, après tout il est maintenant 13 :15h, la pire heure de la journée pour voler.Guy, moi, puis Germain prenons l’air malgré le scepticisme des instructeurs parachutistes qui connaissent mal la capacité de nos voiles dans de bons vents de thermiques au sol.À 300 pieds du sol, on tourne dos au vent, direction fleuve le plus vite possible car ça secoue drôlement. L’altitude à ne pas dépasser est toujours de 1,300 pieds, jusqu’au moment où on atteindra le village de Beaumont sur la rive du fleuve. Là, on espère des conditions de brise de mer stables et accueillantes.
Alléluia, la pratique rejoint la théorie, au moment où le fleuve s’élargit en aval de l’Île-d’Orléans, les conditions se modifient. On peut même observer des vagues naissantes sur le fleuve, qui nous indiquent un vent parallèle à notre route. On prend lentement de l’altitude et atteignons la vitesse sol de 80 km/h, à 2,200 pieds, dans cette masse d’air d’huile. Le pilotage se résume maintenant à maintenir notre hauteur, tout en profitant du paysage indescriptible de beauté et de grandeur. Les champs de secours sont innombrables, encore une chose de moins à gérer. Les courants d’air vifs directement dans l’hélice nous permettent de réaliser une étape de 113 Km en 2 heures 5 minutes.
Germain, étant celui comptant le moins d’autonomie, avec ses 9 litres embarqués en comparaison avec nos réservoirs de 11 litres, nous propose une escale à St-Rock-des-Aunaies. Il lui reste encore une quinzaine de minutes de vol mais ne veut surtout pas compromettre son approche au moteur. Il voit tout comme nous, que les conditions au sol sont plus erratiques qu’ici à 2,000 pieds et qu’il sera nécessaire d’avoir de la puissance jusqu’au posé des pieds. Guy s’exécute quand même le premier et nous rapporte une situation délicate en approche sur une petite langue de terre avançant dans le fleuve, à l’est de l’église. Il y sera possible de virer les VR de bord, et manger un morceau avant de reprendre l’air. M’étant positionné en attente de nos accompagnatrices, à 1,200 pieds, face au vent avec une vitesse sol à peu près nulle, je suis aux premières loges pour assister à l’atterrissage de Germain. Il tourne en finale avec encore une centaine de pieds à parcourirmais l’approche est longue, la voile brasse et la vitesse sol quasi inexistante. Il met enfin les godasses dans le foin, la voile semble sous contrôle pendant que se pointe à l’horizon la caravane qui serpente le long de la 132. Je ne veux surtout pas que nos Gaz-Ellespassent tout droit. Je les accueille donc par radio en les guidant vers notre point de rencontre improvisé. Quand finalement elles s’engagent sur la petite route de terre battue les menant à la mer, je finalise mon approche vers les copains en attente. Prenant bien soin de ne pas me laisser déporter au dessus de l’eau, je finalise ce vol merveilleux sous l’œil critique de Chantal qui sait sûrement apprécier le travail de pilotage que cela demande.
Nous trois pilotes sommes prêts pour la suite de choses et même rallier Rimouski le soir même, mais maintenant ce sont les Gaz-Elles qui s’interrogent. Le temps ne presse pas, Christiane souffre de son genou récemmentopéré et toutes sont fatiguées. L’endroit est propice et accueillant alors pourquoi ne pas y passer la nuit.Après tout, on est en vacances alors pourquoi pas en profiter. On bouffe, d’autres amis, soit Martine et Paul, nous rejoignent et des parents de Chantal viendront même nous visiter pour une livraison spéciale de sucre à la crème, gracieuseté de Julienne Chénard pour Christiane. Ce soir, nous assisterons à un coucher de soleil à la hauteur de la réputation du coin, splendide!
Le lendemain, les conditions exceptionnelles de la veille font place à des bourrasques imprévisibles qui rendraient un décollage hasardeux. On passe donc la journée à marcher et se dorer la couenne. Mais plus la journée avance, plus les pieds commencent à chauffer. Vers 17 :00h, on se retrouve à faire les 100 pas en espérant voir le vent tourner du sud à l’ouest mais peine perdue. Ce n’est finalement qu’à 19 :00 haprès plusieurs tergiversations, qu’on prendra enfin notre envol pour un saut de puce de 40 Km vers Kamouraska. Bien sûr, on aurait pu faire beaucoup plus loin, mais des nuages sombres se profilant à l’est, des montagnes peu accueillantes en cas de vents fort sont aussi visibles. Le champ de Kamouraska étant un territoire connu pour nous l’ayant volé 2 ans auparavant, la décision logique était de s’y arrêter sagement et finaliser ce périple le jour suivant. Au coucher, on s’entend tous pour être prêts le lendemain à 7 :30h.
À mon réveil, au alentours de 6 :00h, le vent souffle déjà bon train. Malgré ça, Guy se prépare et nous sommes lui et moi prêts pour l’action à 7 :00 h. Coup de malchance, c’est maintenant un brouillard soudain qui nous gardera au sol. Bon et bien faisons de mauvaise fortune bon cœur et profitons-en pour faire du tourisme dans ce village si pittoresque. Au passage on ira voir oncle Réal, ce vieux pêcheur qui pourra très certainement nous donner l’heure juste quant à nos chances de voler aujourd’hui. Il fallait entendre Germain lui proposer des scénarios tous les plus optimistes les uns que les autres. « La marée baisse mon oncle, le vent aussi devrait baisser, pas vrai? » « Et laphase de la lune, elle est de notre bord pas vrai? » et quoi encore mais bon, on verra bien.
Une bonne pizza au resto du coin et retour au champ pour une sieste qui nous réservera des surprises. Lyne, qui était restée au village faire du magasinage est de retour et nous annonce l’arrivée de Pascal et de son élève Rémi, accompagnés de Louise leur chauffeur. Bonne surprise, de plus, ils nous racontent avoir volé ce matin en partance de St-Apo et ce sont rendus à St-Rock-des-Aunaies, tout comme nous deux jours plus tôt. Le conditions de vol étaient bonnes mais l’attéro a donné lieu à la perte d’une hélice dûe à un posé à reculons. Sagement, on attendra donc encore un peu. Le vent fait encore siffler les branches des arbres et même si les rapports météos obtenus par l’entremise du FSS de Québec laissent entrevoir des conditions plus que favorables en l’air, faut-il encore décoller… Pour l’atterrissage, la prévision pour l’aéroport de Rimouski est que les vents seront du 250 à 8 nœuds, de ce côté c’est faisable.
À Kamouraska, timidement le vent descend, à 16 :00h on observe 16 Km/h bourrasques à 21. Avec ce vent, on devrait pouvoir rallier Rimouski sur un seul plein. La stratégie adoptée est simple, Germain volera au centre, Guy prendra le côté de la mer et moi les terres. Pour sauver le carburant, celui qui aura la meilleure vitesse sol invitera ses copains à le rejoindre. Toujours par souci d’économie, on montera face au vent le moins longtemps possible avant de se mettre vent de dos et ainsi profiter du vent de 21 nœuds prévu à 3,000 pieds.
Comme sa voile est la plus grande, Guy décollera le premier, il doit évidemment attendre une accalmie pour le gonflage. On est quasi certains que le vent en altitude sera laminaire ce que Guy nous le confirme au moment même ou Germain s’envole. Étant le dernier à prendre l’air, c’est moi qui donnerai le signal pour la mise en cap. Vu du sol, il semble que ce fut un spectacle impressionnant que de voir, à mon signal, ces trois voiles pratiquement stationnaires, virer de bord et prendre leur vitesse vers le nord-est, vers Rimouski. À ce moment je suis à 200 pieds à peine et ma vitesse sol passe de 10 à 70 Km/h et toujours en montée. En deux minutes à peine on disparaîtra de la vue des parents et amis venus assister au départ. Par radio, on entend nos Gaz-Elles s’organiser pour sortir du champ avec l’aide de l’oncle Réal qui arrête même le trafic sur la route 32 leur permettant la manœuvre délicate.
Déjà, les montagnes de St-André se profilent devant nous et notre altitude est encore insuffisante pour les franchir confortablement. L’ascension est faible dû au gradient de vent qui, plus on monte plus nous pousse. Un petit croche vers la mer me permettra de trouver une ascendance dynamique et une vitesse optimale à 1,800 pieds. Chemin faisant, on atteindra les 96 Km/h, confortablement assis dans nos petites sellettes, portés par un vent encore laminaire, nous laissant ainsi profiter du panorama extraordinaire de ce fleuve et de ses villages et villes défilant sous nos pieds. Guy, plus au large, observera même des baleines pendant que Germain fera une série de photos époustouflantes.
Vingt-cinq minutes, c’est tout ce qu’il nous faut pour atteindre Rivière-du-Loup. On entend encore nos Gaz-Elles mais par la route, elles ne peuvent absolument pas suivre le train d’enfer qu’on leur impose. Cette vitesse commencera cependant à diminuer au moment même où l’on dépassera la ville et que le relief viendra progressivement à notre rencontre. Les montages commenceront évidemment à brasser l’air autour de nous.
Le moment venu, j’entreprends d’aller voir plus haut si la vitesse n’y serait pas meilleure et grimpe jusqu’à 2,800 pieds. L’exercice n’est pas concluant et la visibilité y est de moins en moins bonne, j’avertis donc les copains que je redescends et stabilise mon altitude à 2,200 pieds. En passant le village de Trois-Pistoles le relief se modifie, les montagnes rejoignent la mer et la route 132 se faufile entre deux crêtes, bordée de champs cultivés.
Semblant si près mais quand même encore loin, on distingue déjà le parc du Bic, un de ses sommets cumulant à 1,200 pieds. Je dois dire qu’à ce moment, l’inquiétude me gagne. Il serait vraiment déplaisant d’avoir une panne-moteur dans un endroit pareil, qui nous entraînerait forcément dans une descente difficile par vent de 40 Km/h avec toutes ces montagnes génératrices de turbulences sur de grandes distances. Je m’informe donc de la consommation de Germain qui lui semble confiant « Le GPS me donne 54 minutes à faire et c’est à peu près ça qu’il me reste de gaz » « Oui mais Germain, on peut pas rentrer sur un aéroport contrôlé et risquer la panne dans le circuit. » D’un commun accord on continuera passé le Bic et on verra plus loin. Tout ce temps j’ai sagement maintenu mon altitude, Germain lui, fait le pari qu’en descendant plus bas, l’effet de venturi lui procurera une vitesse supérieure. Il sait aussi que la turbulence sera au rendez-vous et que les options d’atterrissage seront plus limitées mais il semble prêt à relever le défi. Après quelques minutes, je l’aperçois plus bas à ma gauche, entre les montagnes, enfin me semble-t-il et il roule à un train d’enfer. Guy a profité de l’exemple pour me rejoindre aussi mais au moment où Germain colle toujours plus sur le bord de la mer, Guy, sagement, revient vers moi en reprenant de l’altitude. La ride doit-être plutôt bumpy en-bas car même ici ça ondule joyeusement. Finalement Germain atteint la baie, un bon demi Km devant moi. Il serait maintenant temps de communiquer avec radio Mont-Joly qui s’occupe du contrôle aérien de Rimouski.
Je suis inquiet, encore. Germain est le plus en avant et il est le seul à ne pas avoir de radio aviation. Guy est entre nous deux et moi à la traîne. J’ai bien essayé de détrimer pour les rejoindre mais on est maintenant dans les rouleaux des montagnes derrière nous et je ne connais pas assez mon aile dans ces conditions pour lui faire totalement confiance. Que-faire??? « Guy, tu as ta radio aviation? Occupes-toi des communications avec la tour sur 122.1, moi je suivrai tes manœuvres en guidant Germain devant toi » Tous sommes d’accord, Germain semble avoir assez d’essence pour le dernier droit, on y va. « Ok Germain, Guy est en descente et vire légèrement à gauche » « Ok tout droit maintenant et arrête ta descente à 1,100 pieds »
Finalement arrivés juste au nord de l’aéroport, Guy effectue un virage vers le large. Je ne vois aucun avion dans le circuit du côté sud de l’aéroport et Germain doit voler sur les vapeurs maintenant. J’en conclus que Guy le laisse passer et l’invite à faire son approche. « Gilbert, j'suis pas assez certain de la position de la cible des parachutistes, vas-y toi. » J’obtempère et tourne en base droite pour l’aéroport. Avant de l’atteindre, heureusement je repère l’avion en finale pour la piste 25 et modifie ma trajectoire pour demeurer bien à l’écart en retournant vers Guy et en espérant que Germain soit encore en l’air. Je fais signe à Guy qui m’indique « Non, pas encore »avec les jambes.Je me mets sagement à sa suite et quelques secondes plus tard, il entamera sa descente en base puis tourne en finale, enfin il a l’autorisation du contrôleur. À ce moment Germain est plus loin que moi, je lui indique de revenir pour me suivre et atterrir immédiatement. Nous nous exécutons à la queue leu leu et malgré mon obligation à détrimer en finale pour avancer à bonne vitesse, la courte finale s’effectue par vent léger de 5 Km/h dans l’euphorie qui nous gagne tous les trois.
Au sol, on se congratule, on se fait des photos et on se tape dans les mains. Mais vraiment le plus drôle, c’est de nous voir les trois marlots, traverser l’aérogare avec nos paramoteurs sur le dos, nos voiles dans les mains, en répondant aux éternelles questions si souvent entendues. Ça n’est qu’une fois sur le parking que j’apprendrai à Guy le triste sort réservé à Christiane. Elle est restée en rade à l’ouest de la ville, le moteur surchauffé du campeur l’ayant forcée à s’arrêter. Nos deux Gaz-Elles encore valides n’arriveront finalement sur place que vingt bonnes minutes après nous, nous permettant d’aller dépanner leur consœur penaude.
Ainsi prenait fin cette odyssée qui fut une expérience magnifique. Je dois mentionner que j’ai eu le privilège de voler avec des gars sans qui je n’aurais vraisemblablement jamais réalisé un tel voyage. Non seulement ça, mais je ne l’aurais certainement pas entrepris avec n’importe qui. Malgré leur expérience plus vaste que la mienne, ils ont su respecter ma tolérance et mes capacités, comportement dont je veux les remercier sincèrement.
Je suis certain qu’ils se joindront à moi pour remercier du fond du cœur nos Gaz-Elles, nos épouses, elles qui nous ont supportés tout au long du chemin afin de nous permettre de vivre cette expérience fabuleuse. Elle se sont pour certaines un peu oubliées pour d’autres certainement dépassées, mais toutes nous ont profondément impressionnées.
Merci nos chéries.
Gilbert
31 juillet 2007
7 canadiens se préparent pour la Chine
La composition de l’équipe canadienne est maintenant connue.
Une conversation avec les organisateurs de l’équipe canadienne nous a permis de connaître la composition finale de l’équipe qui représentera le Canada aux compétitions internationales de paramoteur qui aura lieu cet été en banlieue de Pékin en Chine. Comme je le mentionnais dans une chronique précédente, les trois premières places seront tenues par Mamie-Dany*, David Sigier etLaurent Salinas, tous instructeurs de paramoteur. Ils seront flanqués de Claude Pommerleau, qui est également instructeur et qui travail actuellement à l’établissement d’une école de pilotage paramoteur dans la région de Calgary. Régis Castongay, pilote bien connupour son implication dans l’organisation de la rencontre de Rimouski, sera aussi du nombre. Régis a lui aussi joint depuis peut l’équipe d’instructeur québécois.Éric Sigier fera aussi parti de l’équipe en sa qualité de mécano. Et enfin, comme nous le pressentions, un des nôtre y sera également,c’est notre Benoît Limoges qui fera le voyage.
Malgré le fait que Benoît soit le seul du groupe à ne pas travailler dans le domaine du paramoteur, il à très bien fait lors des qualifications. Il s’est même avéré être le plus performant de tout les participant à l’épreuve d’économie d’essence qui consiste à voler le plus longtemps possible avec 2 litres de carburant. Ben avait déjà une expérience de parapentiste avant de voler sur paramoteur, ce qui l’a évidemment bien servit pour l’utilisation maximale des thermiques. Avec sa ITV Proximotor de 26 mètres équipée d’une speed bar, il a même put maintenir sa machine en vol pour une durée de 42 minutes lors d’une de ses tentatives alors que le meilleur suivant n’a tenu que 39 minutes. Bravo Ben!
La jeune conjointe de Laurent, Maïté,complèterala délégation canadienne. Elle agira en tant qu’entraîneur et agente de liaison avec l’organisme internationale.
La compétition, qui se tiendra du 28 août au 9 septembre prochain, réunira 20 pays qui enverront chacun un maximum de 7 pilotes dont au moins une femme en plus de leur équipe de soutien. Nos représentants canadiens auront évidemment à se mesurer à des organisations rompues à ce genre d’événement, ça ne sera sûrement pas facile mais parions qu’ils sauront bien faire.Le règlement stipule que les femmes pilotes seront notées individuellement. Elles seront de ce fait médaillées sans tenir compte de la performance des hommes.Notre représentante Mamie-Dany s’est donc mise à l’ouvrage pour parfaire ses techniques d’atterrissages de précision sans moteur et sa performance à l’économie de carburant. Elle se dit cependant prête, même confiante pour les épreuves du « trèfle à 4 feuilles » et le parcoure à obstacles. Comme Benoît, Mamie-Danypilotera un Miniplane Top80. Pour elle cependant la machine sera suspendu à une aile RéactionDudek de 25 mètres. Il faut savoir que chaque pilote doit choisir sa combinaison moteur, voile au début de la semaine de compétitions et ne doit rien y changer en cours de route.
C’est bien sûr avec beaucoup d’intérêt que nous suivrons le déroulement de l’entraînement de notre équipe nationale. Le moment de s’envoler pour la Chine venu, (en avion bien sûr) ils seront assurément fin prêt à nous en mettre plein la vue. En attendant, nous leurs souhaitons de bien travailler et bonne chance là-bas.
Pour ceux que cela intéresse, vous pourrez suivre nos héros quotidiennement. Les résultats de la compétition seront disponibles au fur et à mesure sur le site web : www.wpc07.org
·Mamie-Dany : Nom propre maintenant porté par une gentille dame n’ayant même-pas atteint le cap de la cinquantaine et qui a reçu récemment une excellente nouvelle de son fils aîné comme quoi elle serait grand-mère d’ici peut. Elle était au paravent connue sous le nom de Danielle Pokanam Sigier
Gilbert
11 juillet 2007
On s’éclate aux régates.
Le week-end dernier, on est allé joindre le son de nos Top80, Ros et Solo au bruit infernal des V8 turbocompressés équipant ces bolides aquatiques que sont les régates, en partageant le ciel avec des avions tracteurs de banderoles et un F18 passant à basse altitude virant sur l’aile. Après nos vols du vendredi soir et du samedi matin, quand on s’est rendu chez Bruce sur le bord de la baie de Valleyfield pour assister au spectacle,parmi toutes ces démonstrations on a pu constater que les paramoteurs ne sont certainement pas passés inaperçus. En voyant nos chandails et casquettes arborant les logos du Club des Z’ailés et de certains de nos fournisseurs, les gens présents se sont mis à poser les questions si souvent entendues mais combien appréciées par les pilotes qui en ont profité pour raconter leurs faits d’armes et leur passion pour le sport.
Alors oui ça volait le vendredi et presque tout le monde a fait son petit tour. Les conditions d’envol étaient optimales le vent ouest-nord-ouest permettant l’utilisation du terrain dans son sens le plus long. Après une accalmie apparente Martin, notre hôte, s’est porté volontaire pour le test. Par des wing overs bien dosés et quelques cris de joie bien sentis, il a réussi à nous faire comprendre que malgré la présence de cumulus encore bourgeonnants, la masse d’air à basse altitude nous conviait à une balade confortable. Comme de raison les pilotes ont soigneusement fait leur mise en place et puis go. D’abord ce fut Jacques Cyr avec son tricycle qu’il maîtrise de mieux en mieux puis le tandem Suzanne et Pierre suivi de près par Yvon et Danny et finalement Chantal et Germain. Puis encore plus tardivement Ben s’est pointé dans le champ, a pris ses pénates et à la limite de la légalité, a fait son petit survol pour en revenir le cœur joyeux.Mais moi! Tous les parapatients nous ont remarqué, Lyne et moi assis à côté du motorisé entrain de déguster une assiettée de délicieux fromages arrosés d’un petit vin rouge pas piqué des vers et se sont inquiétés… Hé Gilbert, tu voles pas? Non merci chéri, pas ce-soir, j’ai mal à la tête… En fait, on était tous les deux brûlés Lyne et moi et le cœur n’y était pas alors dans ces conditions, vaut toujours mieux s’abstenir. Ça ne nous a pas empêchés d’apprécier le spectacle en discutant avec Yves et Denise tout spécialement venus de Ste-Anicet, village voisin où ils possèdent une résidence en bord de lac. Ils me confiaient d’ailleurs souhaiter nous faire découvrir l’endroit l’hiver prochain lors d’un fly-in alors restez à l’écoute c’est à suivre.
Samedi matin le ciel a été bon pour tous vous autres petits garnements qui avez veillé très tard au bord du feu la veille. À 6 :00h j’étais réveillé moi! En forme, je me préparais à un de ces petits vols matinaux que j’affectionne tout particulièrement. J’avais même commencé à sortir le gréement quand vos prières ont été exaucées et que des petites gouttes se sont fait sentir refroidissant du coup mes ardeurs. C’est Jacques qui a finalement pris le premier son envol mais malheureusement beaucoup plus tard. Ça été plus fastidieux que la veille cependant. C’est vrai que le vent avait désormais rejoint le sud ouest et que le terrain disponible s’en trouvait réduit considérablement. Danny et moi sommes sortis pour assister à la scène et vu l’échec de la première tentative, on est allé lui porter assistance pour tout remettre en place . Puis encore un fois, la voile n’a pas collaboré, le manège a donc dû reprendre. La troisième tentative n’était pas encore la bonnemais elle fut l’occasion d’une bonne photo. Voyez la scène, Jacques est assis sur son trick, il se prépare mentalement les avants bien en main, le regard fixe l’adrénaline au corps et puis go, les gaz à fond. Cette fois la voile lève bien, une légère correction à droite est cependant nécessaire et puis soudainement le vent tourne enfin à ce qui paraît mais nous, ce qu’on voit, c’est le trick qui tourne. Il se dirige maintenant tout droit vers l’emplacement où on était réunis la veille autour du feu mais Jacques tient bon. Soudainement dans sa tête le déclic se fait, même si ça passe, et rien n’est moins sûr, au-delà de ce petit théâtre de chaises et de bûches roussis, il y a encore quelques obstacles. Oh presque rien, le motorisé de Daniel et Sylvie Patry, la roulotte de Geneviève et en prime à l’envol, une série de fils électriques, d’arbres, une route, une clôture et quoi encore. Finalement bon, probablement que ça aurait passé mais comme il le dira lui-même « Quand j’ai vu ça, j’ai crissé é brakes ». Le problème est que sur un trick quand on « crisse les brakes » c’est sur la voile qu’on les « crisse », pas sur les roues alors même avec les brakes « crissés » la machine à continue sur son air Ti-Jacques allant valser avec la série de chaises éparses. La voile qui a continué tout droit est allée draper la roulotte de Geneviève et Ben ce qui m’a fait revoir je l’avoue les images de la semaine passée. Bien sûr quelqu’un était là avec une caméra et le tout a été immortalisé au plus grand bénéfice de notre sport.
Je me suis par la suite setupé pour un vol avec Danny vers la baie et là ça failli être de mes exploits dont on vous parle dans cette chronique. J’avais pris soin de me placer le plus loin possible le long du fossé pour profiter d’un maximum de terrain disponible. À l’impulsion la voile, bien que montant régulièrement, ne s’est pas ouverte complètement à gauche. J’ai remarqué la chose alors en réduisant les gaz pour éviter de prendre l’air dans cette configuration j’ai pompé 2 ou 3 coups secs et puis « pop », ça ouvert. Quelques pas de course supplémentaires pour unpetit coup d’œil à droite et être certain que là aussi tout est ok et puis gaz à fond en regardant en avant. Mais ça bouffe du terrain ça les petites pompettes et les petites vérifications et la clôture n’est plus très loin mais je sens bien que la voile est toute là, la pression dans les freins est suffisante alors un petit coup de brakes, on rentre le train, on remonte doucement les mains dans les poulies pour une bonne prise de vitesse et puis hop sur les freins pour passer l’obstacle. Le problème c’est qu’au-delà de la clôture il y a la route et sur la route, deux camions à la queue leu leu qui vont passer juste en dessous de moi. Ça c’est bien sûr si le petit moteur tient son bout etfranchement, une situation comme ça je déteste. D’autant plus qu’après avoir passé la clôture un vilain petit rabattant me prive du taux de montée auquel je m’attendais alors le premier camion est arrivé sous moi suffisamment proche pour que ma fidèle Estive 26 me le fasse sentir.Non vraiment pas ma tasse de thé de confier ainsi ma vie à un petit moulin 2 temps surexploité qui peut vous laisser en plan à tout moment. Sur ce genre de terrain exigu quand même propice au vol, il faut rester obstinément critique et ne surtout pas hésiter à avorter un décollage ou un attéro au moindre signe de problème, ce que j’aurais certainement dû faire dans les circonstances. Heureusement que tout c’est bien passé mais après 45 minutes de vol, j’ai bien senti que les conditions se cochonnaient, j’ai donc remis le cap sur le campement juste à temps pour assister au décollage de Germain.
Les retours de promenade qui ont suivi le mien ont été un peu plus délicats pour les pilotes. Le vent s’est franchement levé et les bourrasques se sont mises de la partie décourageant ainsi les quelques pilotes encore au sol s’apprêtant à s’envoler. Ils étaient donc à mes côtés pour assister au retour de Chantal. À l’approche disons qu’elle s’est fait ramasser par 2 bonnes bourrasques mais en l’air c’est pas vraiment grave. Elle même reconnaît cependant avoir fait une erreur en éteignant son moteur prématurément et s’est fait surprendre par une rafale à 5 pieds du sol, juste avant le posé des pieds. Sans puissance pour arrêter la décente, malgré un freinage agressif, ça touché fort et elle n’a pu faire autrement que de plier les genoux pour amortir le choc. C’est probablement quand le moteur a versé sur le côté que son pied a pris le coup, elle s’est tapé une entorse ou quelque chose du genre mais heureusement sans trop de gravité du moins espérons-le. Le beau côté de l’histoire c’est que tout le reste de la journée elle a été vraiment dorlotée par tous ses copains qui venaient à tour de rôle aux nouvelles. Suzanne avec de la glace, Lyne et son Deep-Cold en crème, Guylaine et son bandage élastique et les gars eux c’était le becquée bobo, elle aurait pas pu tomber sur les fesses comme tout le monde?Je ne veux pas passer sous silence l’attéro de Germain dans des conditions qui s’étaient encore dégradées. Superbe approche le long des fils voisins du terrain, évitement de la manche à air, excellent contrôle de la puissance et de la voile pour un posé des pieds tout en douceur qui a suscité les applaudissements spontanés des spectateurs, vraiment du beau pilotage.
Les activités se sont finalement déplacées chez Bruce notre hôte Valleyfieldois à bouffer des hot dogs et apprécier le spectacle des régates. Sa propriété est foutument bien placée, juste vis-à-vis la courbe est du circuit. Pour la modique somme de 25$ par jour par personne, on peut voir de près les machine de courses changer de cap pour se diriger directement vers vous en tanguant dangereusement et reprendre la direction ouest suivies d’une trombe d’eau s’élevant à plusieurs dizaines de pieds tout ça dans un vrombissement assourdissant. On y fini la journée assis sur le quai en regardant le feu d’artifice qui se déroule juste au-dessus de nos têtes.
Dimanche matin pluvieux, certain partiront tôt dont Lyne et moi qui faisons toujours l’accompagnement de sa mère dans la maladie. J’ai cependant appris que de nos amis restés sur place ont pu profiter d’une autre fenêtre de vol en fin d’avant-midi, bravo. En terminant, je tiens à vous dire merci Guylaine et Martin pour l’organisation de cet évènement peu banal qui devient maintenant un incontournable de la saison estivale des fly-in paramoteurs pour les membres du Club Les Z’ailés. De plus nous vous souhaitons bonnes vacances et on se donne rendez-vous à Rimouski.
Gilbert
04 juillet 2007
Berthier-sur-Mer est un petit village pittoresque situé à 50 Km à l’est de Québec le long de la rive sud du fleuve. C’est un arrêt obligatoire pour les voyageurs de passage vers le Bas-St-Laurent. C’est sans doute pourquoi on y retrouve plusieurs auberges et B&B ainsi qu’une belle petite boulangerie avec terrasse, et surtout une marina d’où partent des croisières vers la Grosse-Ile. Il fût un temps où pour plusieurs de nos ancêtres l’île était le premier contact avec la terre ferme à leur arrivée en Amérique. C’était déjà à l’époque de la colonisation un arrêt obligatoire, mais cette fois pour les nouveaux arrivants qui immigraient au Québec. C’est là qu’ils étaient invités à débarquer pour une quarantaine afin de s’assurer que des maladies venues d’ailleurs ne s’installent sur le nouveau continent. C’est donc à Berthier-sur-Mer que quelques paramotoristes se sont donné rendez-vous pour un mini fly-in sur les terres de M. Maurice Mercier, en plein cœur du village. M. Mercier, son épouse et sa fille Nathalie ont été d’une courtoisie sans borne en nous permettant de stationner nos véhicules récréatifs sur le terrain même de sa maison, à l’arrière de la grange, sur une dalle de ciment adjacente au champ fraîchement coupé.
Tous les flyers sont arrivés vendredi, on peut même dire samedi matin si on pense à Ben Boucher et Geneviève qui sont arrivés vers minuit. Le temps était à la pluie en soirée mais samedi matin nous a permis notre premier contact avec la beauté du paysage vu des airs. Un décollage vers le l’ouest nous permettaitdéjà une vue imprenable du mont Ste-Anne sur l’autre rive du St-Laurent avec en prime l’Ile d’Orléans s’étendant à nos pieds à 9 Km de nous mais semblant pourtant si proche. Durant la journée, une belle surprise nous attendait. Monsieur et Madame Chenard, les parents de Chantal, que j’avais eu le plaisir de rencontrer chez eux à St-Pascal de Kamouraska sont venu nous retrouver et faire un brin de jasette. Puis quelques heures plus tard, c’était M. et Mme St-Pierre suivis de Gilles le frère aîné de la famille de Germain, accompagné de son épouse Brigitte qui ont fait une visite au campement. Des discussions toutes plus intéressantes les unes que les autres ont eu cours mais c’est sans contredit l’exposé que René nous a fait sur ses « préférences » qui a retenu le plus l’attention. M. et Mme Chenard étaient « quand même » encore des nôtres le soir quand Lyne a tenu à souligner le 400 ième vol de Chantal par le traditionnel gâteau surmonté de 3 bougies qui rappelaient, elles ses 300 heures de vol. Le hasard a voulu que j’en sois moi aussi à 300 heures bien comptées, c’est pourquoi j’ai eu droit à une photo en compagnie de Chantal et du délicieux Reine-Élizabeth.
Comme la veille c’est Benoît le jumeau Bergeron qui, le dimanche matin, a décollé discrètementaux petites heures. Il a pris le bord deSt-Vallier, premier village à l’ouest mais les conditions qui prévalaient la veille au soir et qui nous avaient cloués au sol étaient encore au rendez-vous. Le vent ne m’a cependant pas empêché de faire une petite démonstration pour nos hôtes qui s’étaient tout spécialement levés pour assister à nos cabrioles. En fait tout le monde ou presque a volé mais pour de petites randonnées sans trop s’éloigner. Un peux plus tard, Martin, l’autre jumeau, est venu faire son tour accompagné d’un couple d’amis et de Sara-Maude sa petite poupoune. La journée s’est poursuivie par des promenades au village et à la marina, visite de l’église et conversations arrosées de bonnes averses qui nous faisaient craindre le pire pour le soir. Mais comme on dit souvent, il faut être dans le champ, la machine gazée les yeux au ciel et souvent on pourra profiter de la petite fenêtre de vol qui se présentera. Et bien en fait c’est deux fenêtres dont on a pu profiter car vers 18 :00h j’ai fait un vol de reconnaissance et bientôt c’est tous les pilotes qui m’accompagnaient dans un ciel bleu entouré de cellules orageuses qu’on a tous pris grand soin de surveiller du coin de l’œil. Cette envolée a permis à Ben et Germain de faire le plein de photos du panorama exquis qui s’est offert à nous. La prudence nous a cependant ramené au sol et après une attente d’un peu plus d’une heure, on a repris les vols jusqu’au coucher du soleil, au grand plaisir de villageois et touristes sur place.
Lundi matin les conditions étaient meilleures que les jours précédents et j’ai ouvert le bal dès 6 :00h, au cas où mais finalement les conditions se sont améliorées avec le temps. Ben se préparait à décoller à mon retour mais le vol fut de courte durée, des gouttes de pluie lui rappelant la présence d’un gros nuage en approche. La pluie c’est pas bon pour les voiles! Ben a donc décidé d’accrocher sa voile pour un séchage avant pliage. Alors, dans cette innommable maîtrise qu’on lui connaît, il a tout simplement atterrit à côté de la grange, tout près tout près et a adroitement accroché une suspente de bout d’aile au toit Et voilà le travail, la voile se balance maintenant doucement bercée par la brise. Avec un peu de patience il aura l’aide de ses copains hilares pour la décrocher et s’assurer que tout est en bon état avant que tous reprennent les vols vraiment plaisants qui suivront.
Trois pilotes présents n’auront malheureusement pas pu profiter de ce panorama superbe. René Léveillé ayant malheureusement quitté avant les conditions propices, Martin Bergeron que sa machine a laissé en rade à Gentilly et dont il attend toujours les pièces de rechange sans oublier Suzanne qui a jugé que les conditions n’étaient pas favorables pour le tandem, opinion que franchement je partage. Somme toute une belle fin de semaine qui s’est achevée avec promesse d’y retourner. Merci à tous les gens qui ont fait le voyage et qui ont contribué à faire de cette première édition du fly-in de Berthier-sur-Mer un franc succès.
Quel endroit merveilleux pour un fly-in, avec son festival du fromage très bien organisé et ses vallons qui nous conduisent d’un village à l’autre.Malheureusement je n’ai pu l’ouvrir à tous cette année car c’était notre première visite chez M. Gilles Laroche et on voulait lui donner l’occasion de mieux connaître notre sport sans donner l’impression d’êtretrop envahissants. Sylvie et Daniel Patry sont arrivés le mercredi soir pour soigner leur écœurantite aigue et profiter des premiers spectacles à l’affiche pour le festival. Car en effet les activités ne se limitent pas qu’à l’appréciation d’excellents fromages du terroir québécois mais les organisateurs prévoient également des performances d’artistes plus appréciés les uns que les autres. C’était d’ailleurs la raison pour laquelle Ben Boucher a été séduit par l’opportunité de venir faire son tour, d’autant plus qu’ils étaient, Geneviève et lui, de retour de Québec pour prendre livraison de leur toute nouvelle roulotte. Suzanne et Pierre étaient eux aussi de passage dans le coin au retour de chez Airpro pour prendre livraison de leur Back bone retapé après la mésaventure de la semaine dernière. René Léveillé de Lac à la Tortue et moi nous sommes pointés dans le champ vendredi après midi, comme deux vieux garçons et nous sommes racontés nos misères et attendant que les cumulus s’aplatissent un peu. Lui en solo moi seul pour le moment, Lyne étant restée en ville pour s’occuper de sa maman dont la santé est de plus en plus fragile. Vers 17h le vent était calme et les thermiques complètement ramollis, on a décidé d’aller faire une petite reconnaissance des lieux. Notre décollage a coïncidé avec l’arrivée de Chantal et Germain qui se sont immédiatement préparés pour l’envol. Mon premier vol fût d’à peine 40 minutes, balade amplement suffisante pour avoir un aperçu de ce qui nous attendait pour la suite. Tout ce beau monde est revenu au sol pour refaire le plein et prendre une bouchée puis les décollages se sont succédés à bon rythme puis les pilotes sont repartis tous azimuts. Les conditions étaient on ne peut mieux, j’ai décidé de prendre la direction de Kingsey-Falls à l’ouest. Ce village est le berceau de la compagnie Cascade dont les nombreux bâtiments occupent près du tiers de toute sa superficie. Traversé en son centre par la rivière Nicolet où l’onpeut voir des pêcheurs à la mouche pratiquer leur sport, le village affiche bien sa prospérité. Quelques magnifiques résidences trônent sur une petite île entourée de cascades qui sont elles-mêmes difficiles à voir de la route, mais impressionnantes vues des airs. Le retour vers Warwick m’a conduit au sud du village et là on peut apprécier un survol du Mont Gleason, centre de ski local. La soirée étant encore jeune et le réservoir à moitié plein, j’ai donc mis le cap sur Victoriaville 15 Km plus à l’est. Ville de moyenne importance qui connaît déjà quelques adeptes du paramoteur, elle est traversée par une autre rivière qui serpente allègrement le long du Golf où étrangement je n’ai vu âme qui vive. Le soleil déclinant déjà j’ai repris la route du bercail. À mon arrivée de ce vol de 2 :10h, du haut des airs, j’ai assisté à l’atterrissage de Guy sous l’œil attentif de la caméra vidéo de Christiane qui sera encore cette semaine, notre vidéogirl officielle. René est rentré en même temps que moi après un vol de plus d’une heure qu’il a grandement apprécié. Finalement Lyne est arrivée juste à temps pour la classique discussion d’après vol mais tous comptes faits, les vols ou tentatives de vols n’étaient pas tout à fait terminés. Ben est arrivé tard, entre chien et loup comme dirait Chantal et pas question de ne pas faire une petite balade. Le problème c’est qu’à ce moment le vent très léger est du sud-est et le terrain est montant dans la même direction. Ben s’exécute tout de même et on assiste à une course, mais une course… Il a couru sur un minimum de 300 pieds pour réussir à décoller d’à peine quelques pieds sur un plateau avant que le terrain ne revienne de nouveau à sa rencontre. Comme il avait manqué son premier gonflage, Ben avait détrimé complètement pour faciliter la levée de voile mais pendant cette course folle il en a profité tout bonnement pour retrimer la voilure mais trop peu trop tard l’effort avait fait son œuvre et le gaz a manqué, pas dans le réservoir mais dans les jambes. Ben a choisit humblement de mettre fin à la tentative et s’est résigné à avorter ce vol pourtant si mérité. Daniel ayant assisté à la scène s’est dit qu’il se devait de reprendre là où Ben avait laissé. Il s’est donc setupé et a exécuté un gonflage parfait mais à la mise des gaz, ça s’est gâché. Il doutait avoir quelques problèmes d’allumage, mais c’est toujours au pire moment que les petits problèmes se manifestent. On a entendu le moteur roter et roter encore pendant que la voile se dandinait dangereusement de part et d’autre mais in extremis, le moteur s’est emballé et Dan s’est élevé gracieusement dans une obscurité naissante qui rendait l’envol encore plus envoûtant j’en suis sûr pour un Ben qui rapportait son équipement à bras alors que c’est si facile de le faire en vol. Deux cents livres de Ben sous une 26 mètres carrés qui cumule quelques centaines d’heures, en montant une côte par vent faible, c’est ça que ça faitmais il ne semblait pas trop déçu, après tout le week-end s’annonçait encore prometteur.
Guy s’est improvisé le wind dummy du samedi. C’est lui qui a pris son envol le premier, comme la semaine dernière à Gentilly, définitivement ça devient une habitude. Je l’ai regardé exécuter son face à la voile impeccable puis son passage à basse altitude m’a convaincu de sortir mon équipement. Je l’ai rejoint au-dessus du village de Warwick après plusieurs minutes de vol et 2 Km à peine. On devait se maintenir à bonne altitude pour retrouver un vent laminaire très plaisant pour la contemplation des lieux mais pas question d’aller bien loin. Après 20 minutes passées accroché en bougeant à peine j’ai remis le cap sur le campement pour assister au décollage de La Puce. Hop la voile, bon contrôle puis elle se retourne et vroum vroum tout en douceur. Le vent est capricieux et la voile s’incline franchement à gauche mais instinctivement Chantal se déplace à gauche et applique le frein droit approprié. Le décollage semble facile mais comme nous le commente philosophiquement Benoît, « c’est pas parce qu’est bonne c’est parce qu’est pas pesante… » vraiment un connaisseur ce Ben… Elle a du cran la Chantal, avec des vents de 30 Km/h à 500 pieds sol, elle met tout de même le cap sur Kingsey-Falls. Elle mettra 50 minutes pour s’y rendre alors que la veille j’y était en à peine 20. Du cran oui mais aussi une tête sur les épaules. Quand elle a sentit qu’il était temps de revenir sur ses pas sans avoir eu le temps d’explorer l’endroit à son goût vu les conditions changeantes, elle a fait la distance en 10 minutes bien comptées. Ben aussi a finalement décollé et il faut le dire, très proprement mais c’est la montée qui a causé problème. Il est resté trappé entre les bouquets d’arbres à quelques dizaines de pieds d’altitude et n’a pu s’en extirper qu’après plusieurs minutes de vol, moteur à fond et petite prière aux anges pour que ça tienne. Germain lui nous a fait un vol de relations publiques. Le dernier à décoller,son face à la voile assaisonné de rouleaux vicieux venant d’une ligne d’arbre toute proche est tout en maîtrise. Il prend bien son temps, re-dépose la voile moribonde, la remet en vol et au moment opportun, « twist and go ». Il vient de partir en mission ayant pour but la prise de photos qu’on remettraà nos hôtes du week-end en après-midi, accompagné d’un petit panier de gâteries pour la famille.
Après un après midi passé au festival au village, le soir nous a encore permis de voler dans ses conditions A1. Mais même à ça, le décollage de Ben a été fastidieux, encore une fois. Entre temps, Philippe s’était joint à nous avec beaucoup d’ajustements à faire sur son équipement. Ce détail l’a privé de plusieurs minutes de bon vol mais tout ça réglé, il a tout de même pu apprécier le spectaclesplendide qui s’offre à nous vu de très haut, comme il aime bien le faire. Un sacrée chance qu’il soit venu notre Obélix car en début de soirée, à la demande générale, enfin c’est ce qu’on m’a dit, j’ai dû sortir la guitare et Phil m’a vraiment rendu la vie plus facile en restant très tard et chanter ces mautadites paroles que j’oublie tout le temps. Ben qui est pourtant un fan inconditionnel de mon talent n’était pas du nombre des spectateurs??? J’ai appris le lendemain qu’il avait une bonne raison. Il a fait l’aller-retour en soirée à Québec pour faire rebâtir son moteur paresseux par un Éric exaspéré mais toujours aussi consciencieux. Ah voilà, maintenant tous ses déboires de la fin de semaine s’expliquent, finalement c’est pas parce qu’ yé pas bon, c’est parce qu’yé trop pésant …
Dimanche pluvieux, paramotoristes tout de même heureux de cette belle rencontre à laquelle Danny et Josée aussi ont assisté mais sans machine,pour jaser un brin et voir le spot…Je crois bien que l’an prochain, il sera possible d’augmenter le nombre de pilotes invités même s’il ne sera pas possible de recevoir tout le monde le terrain ne le permettant pas. Mme et M. Laroche nous y ont convié alors si le cœur vous en dit, faite-moi signe et ont vous réservera une place. Sur ce bonne semaine et merci encore à tous les participants. Ah et si l’un d’entre vous a assisté à la rencontre chez Marco Robidoux, laissez-nous savoir ce qui s’y est passé, Martin ou Danny se feront un plaisir de le publier…
La fin de semaine passée, le père Noël et sa fée des étoiles invitaient les enfants à s’envoler dans son village. Pour la préparation du terrain ils avaient demandé à leurs lutins qui fabriquent toutes sortes de jouets qui volent. Quand les enfants sont arrivés les lutins avaient pris grand soin de tout nettoyer pour que les invités puissent mettre leur maison roulante etles autos tout près d’une grande cour d’où ils pouvaient partir dans l’air quand bon leur semblait. Cette fête était ouverte à tous les enfants qui aiment bien se balader dans les airs en espérant rencontrer le petit rêne au nez rouge. Ils étaient donc nombreux et tous ont bien apprécié l’hospitalité du père Noël et de toute sa bande. Vendredi soir les enfants étaient d’ailleurs presque tous arrivés et contrairement à ce qu’on peut penser, il faisait très chaud et très beau au village, alors sans perdre un instant, les enfants se sont rués sur leur jouet préféré et sont partis à la recherche de Rudolf. Il y a même Pierre et Suzon qui sont partis ensemble pour avoir plus de chances de le retrouver.
Le lendemain matin c’est le grand Guy qui s’est réveillé le premier. Pourtant pantouflard de nature il avait peine à dormir car il avait dans son coffre àjouets une voile toute neuve. Toute de bleu, de blanc et de rouge décorée, il avait bien hâte de la montrer à tous ses amis. Il a donc réveillé Christiane, tu sais celle qui joue toujours au pirate avec sa jambe de bois. Ils sont sortis tôt dehors pour permettre à Guy de s’envoler discrètementdans le petit matin venteux. Mais les amis encore tout excités de leur soirée précédente sont sortis de leur maison roulante pour voir la nouvelle attraction.
Pendant la journée, le vent soufflait fort par moment, les deux copains Daniel et Yves en ont profité pour se taquiner et se sont poussaillés accrochés à une voile et finir dans le fossé.Ti-Jacques lui est un peu paresseux, il a choisit les roulettes pour s’envoler. Les roulettes c’est bien chouette mais quand on fait une pirouette et qu’on se retrouve presque les fesses dans la bouette c’est plus dur de s’en remettre. Par la suite les amis ont continué leurs farandoles aériennes tout l’après-midi et c’est là que Pierre est tombé… Tous ont eu bien peur mais comme il ne s’était pas cassé le nez, il n’a même pas pleuré. Quand ils ont réalisé que son jouet tout neuf était cassé ses amis sont accourus pour le consoler. C’est là que Suzon et lui ont décidé de partir dès le lendemain matin voir Popeye qui a abandonné son ancien métier de « vrai marin » pour devenir de lutin spécialisé dans la réparation de jouets volants endommagés. Heureusement que Martin était là avec son Back bone démodé, il a quand même offert à Pierre et Suzon de les amener sur sa monture nouvellement carburée.
Finalement tous c’est bien terminé et il était déjà temps d’aller souper. Là une autre surprise attendait nos amis, c’est l’autre Pierre qui avait apporté sa belle balançoire jaune et verte avec un petitchevreuil dessiné dessus. Il a même permis à tous les intéressés de l’essayer et croyez-moi, ils étaient nombreux. Mais c’est Martin le soldat de plomb qui a fais le plus de tours. Il en a fait 44 imaginez et ça sans même renvoyer. Un cousin de Rudolf avait préparé le repas. C’est le cousin de Rudolf on le sait car il a lui aussi toujours le nez rouge.Tout le monde s’est bien régalé mais le temps étant parfait, les enfants se sont donc donné rendez-vous autour des nuages et certains sont même partis à la conquête de la rivière. Ils étaient trois en fait, le petit Ricci s’en est donné à cœur joie en marchant sur la ligne jaune de la route pendant que le tannant Marcopilait sur sa voile en riant et Danny toujours un peu plus sage en a fait des dessins surprenants. Philippe aussi a fait plusieurs dessins de ses copains, il a aussi joué avec sa voile mais a dû partir tôt et n’a pas pu s’envoler avec les autres. Mais ça n’est que partie remise et lui aussi le fera bien un de ces quatre matins.D’autres comme Germain et Chantal ont accompagné Guy et Gilbert vers une plage paradisiaque et c’est en revenant que Guy est tombé sur les fesses en glissant. Vous auriez dû entendre Chantal quand elle a entendu sa voile tomber sur le moteur tournant, c’était des choses que je ne peux vous répéter pour l’instant. Une chance que ça n’était pas sa maman qui était à l’écoute à ce moment, elle aurait sûrement eu droit à une fessée sacrement.
Le soir venu Paul, qui n’avait probablement pas pris son Ritalin, a décidé de jouer avec des allumettes. Sa complice de toujours Martine s’est empressée de lui trouver toutes sortes d’objets de bois à brûler. Une chance que la jambe de bois de Christiane est en métal si non, elle y aurait sûrement passé. Mais avec la bénédiction du Père Noël les enfants ont pu profiter de cette attisée pour échanger sur les aventures de leur journée et prendre un petit coup bien mérité. Mais prendre un petit coup ça donne de drôles d’idées, il y a même un gamin qui a décidé de peinturer avec du sucre à glacer, une ligne blanche sur le dos de Charlotte le petit chien pour tenter de la faire passer pour une moufette égarée. Rénald a bien ri en la voyant et en a profité pour nous présenter le petit dernier Elmo qui arbore fièrement ses culottes en léopard et ses bas blancs.
Le lendemain les enfants se sont moins excités et se sont reposés sauf quelques-uns qui sont retournés en l’air pour s’amuser avec le vent et se promener.Yvon aussi était du nombre mais comme toujours il a été très sage. Il faut dire que Claudia était là également et qu’ils sont très éveillés ces deux là. On ne les a pas beaucoup vu cependant, c’est peut-être parce qu’ils ont passé leur temps cachés à faire comme les grands.
Après le dîner, les amis se sont fait leurs au-revoirs sauf quelques-uns qui sont restés pour profiter des derniers instants de la journée et s’envoler de nouveau avant de rentrer.
Tous les enfants se souviendront longtemps de ces journées merveilleuses passées ensemble et se redonnent rendez-vous l’an prochain pour des aventures excitantes au village fantastique du père Noël là où les habitants sont si Gentilly.
Un petit mot pour vous informer qu’il y a un gros projet dans l’air en ce moment et j’aimerais bien connaître votre intérêt et avoir vos commentaires sur le sujet. J’ai dernièrement été approché par les autorités municipales de Terrebonne pour l’organisation d’un événement paramoteur de grande envergure. En fait, il s’agirait d’un fly-in que la ville de Terrebonne et l’organisme Tourisme des Moulins « TDM » utiliseraient comme objet de promotion pour le tourisme dans la région. Ils cherchent un évènementoriginal qui se produirait chaque année à date fixe, un peu comme le festival de mongolfières de Gatineau. La première édition de ce festival serait pour juillet ou août 2008 soit dans un an environ ce qui nous donne amplement de temps pour préparer tout ça. Ils veulent maintenant que je rencontre les gens de TDM et le Maire de Terrebonne pour discuter du projet et les informer de notre capacité et volonté à organiser un tel party.
Si certains d’entre vous sont d’accord avec moi, je souhaiterais les informer que des membres de notre groupe pourraient s’impliquer dans l’organisation de tout ce qui regarde l’aspect aérien d’un tel événement. Du même souffle je pourrais les informer de nos besoins en telle matière et je compte sur vous pour me faire vos suggestions. Je crois cependant que les gens de TDM devraient eux se concentrer sur les autres aspects soit les volets monétaire, sécurité du public,publicité et commandites.
De notre côté il m’apparaît évident qu’il nous faudrait composer avec Transport Canada pour l’organisation de tout ça car le terrain visé pour la rencontre est à proximité de l’aéroport de Mascouche du côté Lachenaie de l’autoroute 640 (qui fait maintenant partie de Terrebonne) donc des NOTAM seraient essentiels pour notre sécurité.
Pour la première année j’espère qu’il serait possible de recevoir au moins 75 pilotes incluant nos membres. Le hic c’est bien sûr que les pilotes invités devraient être pré-inscrits et être, comme nous tous, en règle avec Transport Canada. Si l’idée fait son chemin, on pourraitsonder le terrain auprès d’eux à la prochaine rencontre de Rimouski.
Je pense qu’un tel événement serait bénéfique pour notre sport. Il augmenterait sa visibilité « grand public » dans la région de Montréal. Pour ceux d’entre vous qui suivez déjà les fly-in, imaginez également l’intérêt que ça susciterait chez nos copains pilotes d’un peu partout au Québec. Cette opportunité de venir voler dans un environnement comme le nôtre, dans le cadre sécuritaire d’un événement bien organisé les séduirait sûrement. Le terrain choisit permettrait même des traversées vers Varennes, Repentigny et Laval, destinations incomparables à voir absolument.
J’attends donc vos commentaires et suggestions sur le forum « Projet » au www.leszailes.com/ alors au plaisir de vous y lire. Si des pilotes ne faisant pas partie du Club lisent la présente, ne vous gênez surtout pas pour nous faire vos commentaires à la même adresse.
Des pilotes des Z’ailés aux qualifications pour la Chine.
Il y a quelque temps, Lyne et moi avons assisté à la deuxième ronde de qualifications pour la compétition internationale de paramoteur qui aura lieu l’automne prochain en banlieue de Péquin en Chine.L’événement se déroulait au champ de la famille Sigier et était mené par David et Laurent,dont j’ignore le nom de famille mais c’est Lolo pour les intimes.Ce dernier est un pilote français maintenant immigré dans la région de Rimouski, il est un spécialiste des compétitions paramoteur.Il nous l’a d’ailleurs prouvé en nous en mettant plein la vue lors de l’exécution du parcours à obstacles parfaitement contrôlé et sa précision diabolique aux atterrissages sur cible.Quelques pilotes des Zailés s’y retrouvaient en compétition entre eux et se mesuraient à d’autres pilotes venus d’un peu partout au Québec.Ce type d’épreuves était pour eux une première expérience, ils semblent d’ailleurs s’y être amusés follement.Malheureusement Lyne et moi sommesarrivés un peu tard pour assister à leur départ du matin qui était destiné à parfaire leurs connaissances en navigation et avoir leur premier contact avec le parcours à obstacles.Dès notre arrivée sur les lieux j’ai embarqué mon équipement à l’arrière du camion 4 x 4 de Jocelyn Labrèque qui m’a gentiment proposé un lift au fond du champ.J’ai accepté volontiers vu l’état boueux de la trail et le risque certain d’y rester enlisé.Les pilotes en compétition venaient juste de quitter pour le dîner, j’en ai donc profité pour faire un vol de reconnaissance et tester les conditions de la masse d’air.Le ciel était couvert et le vent a changé à 180 degrés juste le temps que je m’installe.Comme c’était prévisible, les conditions étaient plutôt instables.D’ailleurs, à la fin de mon vol de 30 minutes le soleil était réapparu, ce qui a rendu le vent modéré, assez inégal.Ces conditions devaient rendre l’épreuve d’atterrissage de précision quelque-peu ardue pour la plupart des compétiteurs.
Le premier « défenseur de notre réputation » qu’on a pu voir s'élancer, c’est Martin Caouette.Après un décollage bien exécuté, dans un cri de satisfaction, il prit de l’altitude pour bien trouver ses marques puis s’est mesuré au parcours à obstacles.Je l’avoue, j’ai été impressionné par son cran dans la réalisation de sa routine.Il exécutait ses virages à basse altitude et à bonne inclinaison avec assurance ce qui l’amenait assez précisément d’une balise à l’autre.Il a également fait preuve d’un jugement sûr lors d’une de ses manœuvres et n’a pas hésité à quitter le parcours pour éviter d’être hors contrôle à son approche du lieu où s’étaient réunis les badauds et photographes.Là où ça s’est quelque peu gâté c’est à l’exécution de son atterrissage sur cible.Comme les autres avant lui, il a coupé son moteur à 300 pieds au-dessus de nous pour commencer la gestion de son approche.Malheureusement une étape vent arrière un peu trop longue l’a forcé à retarder son freinage le plus longtemps possible et il est arrivé avec trop de vitesse horizontale et encore trop court.Le terrain vraiment boueux et glissant a fait le reste.La manœuvre c’est terminée face contre terre avec un J barre pliée.
Pour sa part, Benoît Limoge a fait preuve d’un très beau pilotage entre les bornes.Il manœuvre en douceur et à faible vitesse.Il devait combattre un vent traversier mais son vol en crabe était précis et franchement élégant.Ses virages serrés n’étaient pas trop agressifs mais entrepris à vitesse réduite, ils étaient suffisamment efficaces pour lui donner des précieux points.La cible d’atterrissage était définitivement à la mauvaise place pour nos pilotes car pour lui aussi le pausé des pieds a eu lieu plusieurs dizaines de pieds trop courts mais tout en douceur.
À Ricky maintenant.Très bon décollage en « foot dragant SVP», un peu de neige dans mon ancienne hélice mais bon, c’est pas moi qui paye et c’est spectaculaire.En fait tout son vol est spectaculaire.Il adopte un pilotage agressif en bougeant beaucoup les mains et variant la puissance à qui mieux-mieux.L’aile n’est pas grande donc rapide et la machine pousse bien, ça le place un peu de travers sous la voile mais quand il la met en virage à gauche à la fin du parcours, « ça d’affaire à passer par-là ».Ric utilise bien le transfert de poids dans sa sellette donc ralentit peu et incline bien l’aile en virage.Spectaculaire jusqu’à la fin, il vise la même cible que les 2 autres mais atterrit court lui aussi, court mais vraiment court, en fait dans le champ précédent le champ d’entraînement. Après lui, quelques autres pilotes se sont exécutés à leur tour.Pour les spectateurs présents, ce fut tout un spectacle et disons qu’il fallait avoir des yeux tout le tour de la tête pour ne rien manquer et surtout pour ne pas recevoir un paramoteur derrière la tête.
La tâche des organisateurs ne sera pas facile pour eux non plus.Il semble en effet que selon les règles de la compétition internationale, les organisateurs doivent présenter 6 participants dont une femme pour chaque pays représenté.Ils auront donc à choisir trois recrues étant donné que, et on le comprendra, Lolo, David et Danielle se prévaudront des premières places disponibles.Il faut également dire que la semaine précédente se tenait une qualification similaire avec cette fois d’autres pilotes aspirants et il semble que quelques-uns d’entre eux aient très bien fait.Le choix s’avérera donc difficile mais il est à parier qu’un des nôtres sera du voyage, enfin souhaitons-le.Alors bonne chance à vous les gars et entraînez-vous sérieusement car comme vous le savez déjà, la partie est loin d’être gagnée.
Samedi 31 mars dernier, Pierre et Suzanne s’envolaient pour leur premier vol en amoureux accrochés à leur voile tandem Métis de 40 mètres.Les gens présents sur place ont pu assister à la montée gracieuse de cette énorme aile orange signée d’un grand S noir suivi d’un décollage parfaitement contrôlé.Il faut dire que cette envolée était tout saufune balade improvisée.Lors d’un souper chez lui, Pierre lui-même me racontait, « Ça fait 5 ans que j’ai visualisé ce moment pour la première fois.Je m’étais dis que je volerais en solo pendant plusieurs années pour prendre de l’expérience et que quand Suzanne et moi serions mûrs on s’envolerait ensemble » et maintenant, ils l’ont réalisé ce rêve et c’est tout à leur honneur.Leur préparation a d’ailleurs duré plusieurs mois. D’abord Suzanne et Pierre avaient pris soin de faire toute sorte de tests d’accrochage et d’équilibrage de la machine au sol.Beaucoup d’entre-nous les ont vus cet hiver pratiquer la levée de voile avant même de faire l’acquisition de leur aile tandem.Ils empruntaient les parapentes les plus gros possibles et munis de leur harnais et écarteurs, ils s’exécutaient et toujours avec cette maîtrise qui les caractérise tous les deux.Qui n’a pas déjà vu Pierre s’élancer pour des vols solos dans les conditions les plus difficiles ?On a tous vu Suzanne pratiquer le contrôle de voile et ce beaucoup mieux que certains pilotes ayant à leur actif plusieurs centaines de vols.Dans les semaines précédentes, ils avaient même fait quelques tentatives de décollage sur un lac gelé des Laurentides mais sans succès vu les conditions d’enneigement.Mais ce matin de mars, sur le terrain de Laval centre, tout était parfait pour faire une ultime tentative.Je dis ultime parce qu’il faut bien l’avouer, avec un paramoteur Miniplane muni d’un Top80, décoller une voile tandem chargée de ses 380 livres, ça demande beaucoup de doigté.Nos deux pilotes étaient bien conscients que s’ils ne réussissaient pas à s’envoler avec un léger vent d’ouest sur un terrain bien dégagé avec une légère pente descendante et une température optimale pour les performances de leur machine, ils en seraient quitte pour une réévaluation de leur projet.
D’ailleurs dès leur premier vol, Pierre et Suzanne ont dû composer avec plusieurs situations inconfortables.D’abord oui le manque de puissance, donc une course beaucoup plus importante.Puis dès l’envol on a pu voir que le stabilo droit était légèrementdéformé par une bonne brindille logée solidement parmi les B.Selon les dires de Pierre, la voile tournait assez agressivement vers la droite, soit du côté opposé au couple moteur alors prudence sur les corrections de trajectoire.Après plusieurs efforts de tiraillage sur les suspentes incriminées il a réussi en en brisant même une, à rétablir sa ligne de vol et ce dans un grand cri de joie qu’on a pu entendre jusqu’au sol.Puis Suzanne a dû faire beaucoup d’efforts pour s’asseoir en balançant la machine à qui mieux-mieux.« J’avais les jambes comme de la guenille et aucune force» nous confiera-t-elle par la suite.Finalement bien en selle, nos deux tourtereaux ontpu entreprendre leur route vers Terrebonne et les environs.Là, une autre surprise les attendait.Pierre, qui avait pris soin de monter à une altitude sécuritaire de 900 pieds a vu la voile s’engager dans une ascension involontaire supportée par un thermique suffisant pour les faire grimper deplusieurs centaines de pieds supplémentaires.Voulant garder le plein contrôle de leur vol en tout temps ils ont dû effectuer des spirales pour retrouver une altitude les éloignant du traffic d’avions légers si nombreux dans le coin.
Un vol de tout près de 45 minutes les a finalement ramenés au bercail après un atterrissage doux et une course d’apenne 3 pas exécuté en parfait synchronisme.Puis demi-tour contrôle, comme s’ils avaient fait ça toutes leur vie.À la suite de leur expérience, Suzanne nous confiait « J’étais très nerveuse avant le décollage et rendue dans les airs, ça m’a semblé durer seulement 15 minutes .J’ai beaucoup confiance avec Pierre il a de l’expérience et ça me rassure ».
Malgré leur succès Suzanne et Pierre ont quand-même décidé de revoir leur motorisation. Ils prévoient déjà faire l’acquisition d’un Back Bone tous neuf équipé d’un moteur Ros de 125 cc.Ainsi ils pourront profiter d’une plus grande souplesse et surtout plus de fiabilité.Car il faut dire, de voler avec n’importe quel moteur, à 80% de la puissance disponible tout au long de vols voyages comme ils comptent le faire, ce serait définitivement un compromis sur la sécurité et ça ne semble pas être une option pour eux. Ils se sont toutefois dit enchantés de la voile Métis de Sky Paraglider.Elle est très maniable et est équipée d’élévateurs A divisés permettant de faire les grandes oreilles, option que Pierre a bien l’intention d’utiliser pour le contrôle rigoureux de l’altitude.
Pour la postérité heureusement, ces beaux moments ont été captés sur vidéo et photos alors certainement qu’aux prochaines rencontres du Club nous aurons l’occasion de revoir tout ça et d’en jaser avec nos deux héros.Alors BRAVO à vous deux et au plaisir de vous accompagner lors d’une de vos escapades aériennes.
Si vous avez des commentaires à faire à Suzanne et Pierre, SVP faite-le sur le forum de discutions sous le topic « tandem Pierre B2 » . Pour voir le vidéo clickez ici
L’hiver s’achève enfin mais ce fut une saison plutôt occupée pour certains membres du Club Les Zaillés.Après un temps des fêtes assez calme, pour permettre à chacun de festoyer en famille, c’est encore une fois Sylvie et Daniel Patry qui ont ouvert le bal des rencontres annuelles en proposant une activité à Grandes-Piles en Mauricie.C’est donc dans le cadre du Festivolant les 26, 27 et 28 janvier dernier que plusieurs membres se sont retrouvés, flanqués d’autres paramotoristes québécois.Sylvie avait même loué un chalet pour accommoder les flyers qui venaient de loin.De son côté, Daniel avait prévu le transport de l’équipement par camion cube, rien de moins.Dès le vendredi soir, se sont donc réunis au gîte Suzanne et Pierre Bédard,Christiane et Guy Benoît, Chantal Chenard et Germain St-Pierre, Daniel Deschênes et Suzane, ainsi que Jacques Cyr et Suzane.Le lendemain, Manon et René Léveillé, suivis de Lyne et Gilbert Cooke ainsi que quelques autres paramotoristes ont fait le voyage pour partager leurs expériences de vol sur ce magnifique tronçon de la rivière St-Maurice.Le village est en effet blotti au creux de petites montagnes d’à peine 700 ou 800 pieds d’élévation et la rivière est orientée nord-sud, ce qui permettait par vents du nord relativement vifs, le dimanche, des vols confortables et sécuritaires tant et aussi longtemps que l’on demeurait à distance raisonnable du relief.Cependant, les vols du samedi n’on pas donné lieu à une analyse aérologique poussée, les conditions étant particulièrement calmes.Il y a eu beaucoup de visiteurs qui se sont intéressés à la discipline et pour lesquels tous les pilotes se sont plu à faire des démonstrations.Ilfaut également souligner que les organisateurs du festival n’avaient rien négligé pour nous rendre le séjour agréable.Les pilotes et accompagnateurs étaient reçus à manger gratuitement les dîners et soupers.Le souper du samedi soir dans un petit resto de la place a d’ailleurs donné lieu à toute une fête dont le village se souviendra longtemps.Ce fut donc un week-end mémorable dont tous les participants parlent encore.
Deux semaines plus tard soit les 16, 17 et 18 février, c’étaient Chantal et Germain qui reprenaient le flambeau et conviaient leurs amis à un happening sur glace à Pointe-du-Lac, sur le fleuve St-Laurent.Là encore tout fut prévu, le logement au Coconut-Bar-motel, les repas sur le site à prix d’ami commandités par Wax Design, organisateur de la course de paraski et plus encore.Le vendredi soir a même eu lieu une séance de visionnement de photos de voyage pour ceux que ça intéressait et en pyjama SVP. Samedi, le temps était plutôt venteux, ce qui a refroidi l’ardeur des participants mais en fin d’après-midi Guy Benoît a ouvert le bal avec un décollage par bon vent du sud, full détrimé sur le terrain adjacent à l’auberge, en survolant les paraskieurs étonnés de voir cette grande voile prendre son envol malgré un vent de 20 km/h.Bien sûr plusieurs pilotes ont suivi l’exemple et ont fait « leurs vols du week-end » car le dimanche, la partie n’était pas aussi facile.Le troisième jour, ce ne sont donc que trois pilotes qui on pu profiter des « plaisirs » du vol sur paramoteur.Le vent devait en effet tourner au nord, flanqué de bonnes chutes de neige ce qui rendit le vol périlleux.
Le groupe a profité de cette rencontre pour célébrer plusieurs anniversaires de naissance soit ceux de Pierre Bédard, Daniel Patry, Alain Rocheleau et Gilbert Cooke.Sylvie et Suzanne s’étaient donné la main et avaient prévu un gâteau illuminé de chandelles ainsi qu’un digestif en fin de soirée.
Étaient également présents à cette rencontre: René Léveillé et Manon, Jean-Pierre Perreault, Sylvie et les enfants, Benoit Boucher et Geneviève, Yves Lagacé et Denise sans oublier Paul Giguère et la charmante Martine.
Comme si ça n’était pas assez, le dimanche suivant tout ce beau monde se redonnait rendez-vous à Oka sur glace pour une simple rencontre amicale.À eux se sont ajoutés Ricky, Danny et Josée, Virgil Lucas, Benoît Limoge et Yves Auclair.Un groupe de Paramotion était également sur place et quelques pilotes dont je ne connais malheureusement pas les noms.Les conditions de vol étaient exceptionnelles et les activités ont eu cours toute la journée.On a même presque eu droit à un vol en tandem de Suzanne et Pierre, mais ce sera sûrement pour bientôt.
Vraiment un bel hiver pour tous mais bienvenu le printemps qui s’annonce.Franchement, on a tous le goût d’enlever nos gants et cagoules pour profiter de notre sport le plus légèrement vêtu possible.
Sur ce, bon vent et bons vols à tous.
G. C.
PS. Allez voir photo dans photo albumS sous photo Gilbert.